GEOLOGIE LOCALE
LE DOUBLE TOMBOLO DE GIENS


Préambule
Le double tombolo de Giens est quelque chose qui m'a toujours passionné et je me suis souvent demandé comment celui-ci avait bien pu se former.
N'ayant aucune compétence particulière en géologie, je me suis documenté au fil des années afin d'essayer d'avoir "une approche" à cette question.

Je rédige ci-après "ma réflexion personnelle" avec les documents collectés sur le sujet, sans aucune prétention, mais avec la simple ambition d'un peu vous "éclairer" sur le sujet. Vous pourrez à votre tour vous faire votre propre idée sur ce "fameux mystère" !

Mais qu'est-ce qu'un tombolo ?
La définition courante indique que « un tombolo est un cordon de sédiments reliant deux étendues terrestres. Le plus souvent, il s’agit d’un cordon littoral entre une île ou un îlot et la côte d'un continent ou d'une autre île. Le dépôt sédimentaire (généralement sableux) est le plus souvent causé par la réfraction du train de vagues due à l'île ».

Comment se forme un tombolo ?
La réfraction du train de vagues ? C’est le changement de direction imposé à la houle par un obstacle. Le train de vagues, ralenti et s’incurve en éventail en épousant la forme du rivage. L’élan de la houle est alors cassé, le vent ne pousse plus les vagues dans le même sens, l’énergie de la houle se perd dans le mouvement tournant, la mer lâche prise et tout ce qu’elle transporte tombe au fond. De coup de vent en coup de vent, les sédiments s’accumulent, forment un talus qui ralentit de plus en plus le flux… et finit par créer un rivage.
Pour qu'un tombolo se forme il faut que le rapport "d/L" soit inférieur à 1,5 ("d" est la distance de la côte du continent à l'île et "L" est la largeur de l'île dans la partie qui est parallèle à la côte. Pour notre tombolo nous avons 4km/6,5km= 0,6.
Si le rapport se situe entre 1,5 et 3,5 il y a formation d'un "saillant" à partir du rivage de la côte. Au delà de 3,5 il n'y a plus de dépôts significatifs.

Les doubles tombolos dans le monde
Le double tombolo de Giens est un phénomène géologique rarissime. Il n'en existe que cinq exemplaires dans le monde dont trois
dans la seule Méditerranée occidentale (Giens en France, Orbetello en Italie, et d'Ifach-Calpe en Espagne).

Hypothèse sur la constitution du double tombolo de Giens - (version avril 2013)
Les carottages effectués dans la glace dans la région de Vostok ont permis de reconstituer les variations du niveau des mers au fil des 420 000 dernières années.
Le dernier niveau "haut" des océans remonte à environ 120 000 ans et la dernière glaciation (niveau bas) à 18 000 ans.
Si le double tombolo existait déjà il y a 120 000 ans, il aurait forcement subit l'effet de l'érosion durant les 102 000 ans ou la mer a progressivement baissé son niveau pour atteindre -125 mètres.

En fonction des informations et réflexions détaillées sur cette page , je n'ai pas pu résister à la tentation de réaliser une "simulation" de ce qui "aurait pu se passer" depuis 100 000 ans.

Je vous rappelle que celle-ci n'est qu'une "hypothèse personnelle".

--- Documentation disponible
A partir de nouveaux documents (1) établis par BLANC Jean Joseph (géologue) dont j'ai pris connaissance en ce début d'année 2013, grace à Pierre LAVILLE (géologue), je revois mon hypothèse initiale de 2007 afin que celle-ci soit cohérente avec ces dernières informations.
Je vais utiliser pour cela :
-- Plan A - Une coupe de terrain réalisée à partir d'un sondage au milieu du tombolo ouest,
-- Plan B - Un plan illustrant la présence d'un cordon antique induré devant l'ancienne cité d'Olbia,
-- Plan C - Une coupe de terrain dessinée après la réalisation d'un forage au village de La Capte sur le tombolo Est.
-- Plan D - Une coupe en travers du lit du Gapeau au niveau du quartier du Moulin Premier.
-- Plan E - Un plan illustrant la présence de "paléo-chenaux" dans le prolongement du Gapeau et du Pansard.

--- Réflexions
Si nous nous positionnons dans le temps à -11 000 ans.
-- Pour le tombolo Ouest nous avons des grés indurés datant de 28 000 BP qui nous indiquent une arête rocheuse entre l'Almanarre et Giens sous 3 à 6 mètres d'eau environ. (plan A et B)
-- Pour le tombolo Est nous trouvons sur le plan C :
---- du grés permien à partir de -70 mètres (250 Ma BP),
---- des éboulis à lentilles argileuses rouges de 40 à 70 mètres (de 11 000 BP à 3 Ma BP).

--- Première conclusion
Les différents sondages nous apportent la preuve que le double tombolo dunaire s'est constitué durant la dernière remontée des océans. (- de 18 000 ans). Celui-ci est donc tout récent ..... par rapport aux périodes géologiques.

--- Apport des alluvions
Il est écrit dans certains documents que le Gapeau se jetait à une certaine époque dans le "Port de Toulon". Si nous observons la carte des fonds marins en ce lieu, (plan F), nous constatons que la ligne des -30 m se situe juste au niveau de la digue du port et à seulement 400 m du rivage au large du Cap Brun et du Bou Rouge alors qu'elle est à 3000 m du tombolo ouest. Si le Gapeau s'était jeté dans le port durant quelques milliers d'années, la grande rade aurait probablement était remplie comme du côté d'Hyères. Sauf informations contraires, il peut être considéré qu'il n'y a aucun cours d'eau important qui puisse apporter des alluvions en provenance du côté de Toulon. Je considère alors que tous les dépôts constituant les tombolos proviennent donc du côté Est d'Hyères d'autant que la composition de ceux ci sont constitués de minéraux issus "des Maures" (plan C).



Ce plan de 1814 figure bien le double tombolo. Curieusement le cordon ouest est relativement large par rapport au côté Est - (zoom)


Plan A - coupe sur sondage - (zoom)


Plan B - cordon antique induré - (zoom)


Plan C - coupe sur forage tombolo Est - (zoom)


Plan D - coupe sur fleuve Gapeau - (zoom)

RECONSTITUTION DE L'EVOLUTION EN PLAN

Afin d'essayer de reconstituer la chronologie de la formation du double tombolo, j'ai utilisé comme base de travail une carte de 1638 qui est la plus ancienne et la plus précise, à ce jour en ma possession ..... pour l'époque. Les proportions ne sont que très approximatives, mais c'est le principe que nous recherchons !

* Plan n°1
- Nous sommes en 11 000 BP, le niveau de la mer qui remonte progressivement, est environ à la côte -50 m. qui correspond globalement à la fin des dépôts des éboulis à lentilles argileuses sous le tombolo Est (plan C). Le terrain émergé à ce moment là, remonte progressivement jusqu'au grès induré du tombolo Ouest. Le Gapeau commence à remplir son sillon d'érosion en apportant des alluvions en abondance (plan D) et remplit également les paléo-chenaux (plan E).
Le Pansard et le Roubaud y contribuent également.
La coupe du lit du Gapeau (plan D), nous montre que le sous sol profond en rive droite est du grès permien, alors que la rive gauche est constitué de phyllades avec une faille à la jonction des deux.
--- la ligne bleu schématise les rivages au niveau -50 m. [hors alluvions -> rocher brut supposé] par rapport à aujourd'hui = BP --> before present. Le plan E ci-dessous met en évidence le volume des alluvions apporté par le Gapeau entre Giens et le Cap Bénat.

--- La zone" alluvions Gapeau 1", schématise les apports fait par le Gapeau à son stade primaire lorsqu'il arrivait par la dépression de Saint Jean, bien avant les dernières ères glaciaires. Ces dépôts constituent probablement la sous couche de tout ces apports.
--- La zone "alluvions Gapeau 2", schématise les apports fait par le Gapeau à son embouchure actuelle et qui se sont superposés aux précédents en comblant les paléo-chenaux.


* Plan n°2
--- Les alluvions constitués de sables laguno-marins et d'argiles verdâtres puis les vases noires sont progressivement poussés vers l'ouest en direction de l'arête rocheuse située entre l'Almanarre et Giens durant la période de 8 500 BP à 5 000 BP pour faire des dépôts jusqu'au niveau -25 mètres environ. Sous l'effet des vagues, ces alluvions ne se déposent pas à l'horizontale, mais légèrement en pente, comme le fond sableux actuel.


Plan E - Implantation des paléo-chenaux et du niveau marin à -50m
(zoom)

 


Plan F - Mise en évidence des fonds marins supérieurs à 30 m
(zoom --> clic sur carte) - (zoom détail port de Toulon)

 

 


Graphique G - Variation du niveau des océans depuis 19 000 BP
(zoom)



(H) Malgré l'ouverture fréquente d'une brèche par les services municipaux afin de vider l'eau de la lone de la Dollieule (entre l'Ayguade et les Salins), le ressac de la mer ramène en permanence des alluvions qui l'obstrue à nouveaux. Cet exemple peut éventuellement illustrer la façon dont a pu se réaliser le cordon dunaire ?? - (zoom)

Plan n° 1 - (zoom)

Plan n° 2 - (zoom)

* Plan n°3
--- De 5 000 BP à 3 000 BP les dépôts de sable issus des Maures commencent à se déposer :
----- sous le tombolo Est : sur une épaisseur de 25 mètres ( niveau -1 mètre) --> plan C
----- sous le tombolo Ouest : sur une épaisseur de 3 mètres (niveau zéro). --> plan A
Durant cette période, la vitesse de montée des océans a nettement ralenti. Le niveau va se stabiliser vers la côte -1m --> graphique G

----- les vagues amènent progressivement du sable sur l'ensemble de l'arête rocheuse du tombolo ouest. Les vents d'Est déplace ce sable par dessus la dune et créent ainsi la plage de "La Manarre" [Almanarre]. Durant cette période cela peut également permettre la constitution de la zone marécageuse de l'Estève (l'étang de l'Estagnets).
----- Comme vu précédemment, il n'y a pas de possibilités d'apports de matériaux par l'ouest pour constituer cette plage.



Plan n° 3 - (zoom)

Photo retouchée illustrant le plan n° 3 - (zoom)
* Plan n°4
--- Le niveau des océans étant stabilisé au niveau actuel (en mètres) vers 2000 BP, les alluvions sont "ballottés" alternativement par les vents d'Est et d'Ouest..
--- Avec la faible hauteur d'eau, les courants marins commencent à créer l'amorce du tombolo Est à partir de Giens (voir "comment se forme un tombolo" ci-avant).
--- Les alluvions ramenés par les vents d'Est peuvent créer une dune émergée de part et d'autre l'embouchure du Gapeau,
--- Au fur et à mesure que le cordon Est progresse vers le nord, il bloque progressivement, puis totalement, l'apport de nouveaux alluvions vers le tombolo Ouest.

Plan n° 4 - (zoom)

Photo retouchée illustrant le plan n° 4 - (zoom)
* Plan n°5
--- Les dépôts d'alluvions continuent à engraisser le cordon dunaire Est qui finit par faire la jonction avec celui du Gapeau.
--- Les crues du Gapeau commencent à remplir "le couloir" situé entre la côte et le cordon dunaire Est. A ce moment là, les eaux peuvent s'écouler vers l'Almanarre avec celles du Roubaud et se retrouvent emprisonnées entre les deux tombolos. Cela favorise le dépôt de vases d'étangs (plan A).
--- A partir de ce moment là, le tombolo Ouest est totalement privé d'apports de nouveaux matériaux et va commencer à régraisser. Chaque fois "qu'un grain de sable" sera emporté vers l'Est dans le nouveau marais, il ne reviendra plus et tous les prélèvements qui seront faits par l'homme ultérieurement ne feront qu'accélérer le phénomène.

* Plan n°6
--- Les
quantités d'alluvions apportés par les crues du Gapeau commencent à créer des zones de marécages.
--- Le cordon dunaire Est continue à s'engraisser,
--- Lors des orages, le Roubaud alimente "l'étang" qui vient de se former entre l'Almanarre et Giens.


Plan n° 5 - (zoom)


Plan n° 6 - (zoom)

* Plan n°7
--- Lors des crues du Gapeau, les marécages sont progressivement comblés et diminuent de surface.
--- A l'Est de l'embouchure du Gapeau les zones marécageuses sont progressivement aménagées pour collecter du sel à partir du début du millénaire par les grecs puis les romains.
--- A partir de 1480, le Roubaud draine les eaux de fuite du canal Jean Natte et il est canalisé jusqu'à l'étang du Pesquier.
--- Les prélèments de matériaux dans la baie de Giens et les tempêtes contribuent à la lente régression du tombolo Ouest.


* Plan n°8
--- Plans d'archives de 1634 réalisé par Christophe Tassin. Il correspond au plan n° 7 de l'évolution du double tombolo.


Plan n° 7 - (zoom)


Plan n° 8 - (zoom)

RECONSTITUTION DE L'EVOLUTION EN COUPE

L'assemblage des plans A et C, ci-avant, constitué des coupes de terrains réalisées vers le milieu du double tombolo, permet également d'essayer de reconstituer "le puzzle" de la formation du double tombolo en remontant dans le temps. Nous allons "supposer" pour cela que nous avons un dépôt "rectiligne" pour des dépôts de même nature entre les tombolos Ouest et Est.
L'échelle des hauteurs est 5 fois supérieure à celle des longueurs afin de faciliter la compréhension des différentes coupes.

* Coupe vers 11 000 BP
- Sous le tombolo Ouest, les grès indurés du pléistocènes sont en place depuis 28 000 BP. Nous ne connaissons pas son évolution vers l'Est.
- Sous le tombolo Est, les éboulis à lentilles argileuses rouges solifluées à éléments de phyllades de Giens arrivent au niveau -39.5m, alors que le niveau de la mer est à -50m. environ (source CNRS).
Nous avons là une petite énigme car le niveau de la mer devrait se situer au dessus de ces dépôts.
- Nous ne connaissons pas l'évolution du niveau supérieur du grès permien vers le tombolo Ouest.

* Coupe vers 8 000 BP
- Sous le tombolo Ouest, nous avons une couche peu épaisse de matériaux non déterminés au dessus des grès pléistocènes.
- Sous le tombolo Est, la partie supérieure des dépôts des sables laguno-marins et argiles verdâtres de la période du Boréal est au niveau -32.5m.
- La niveau de la mer est au niveau -20m. environ, ce qui est cohérent.

* Coupe vers 5 000 BP
- Sous le tombolo Ouest, un mélange de sables, limons argileux noirs coquilliers et limons lagunaires se déposent sur une épaisseur de 3 à 5m.
- Sous le tombolo Est, le niveau supérieur des vases noires et mattes d'herbiers incarbonisées est au niveau -24.5m.
- Le niveau de la mer est au niveau -3m. environ.

* Coupe vers 3 000 BP
- Sur le tombolo Ouest, le sable qui se dépose en abondance durant cette période va finir par recouvrir les précédents alluvions. C'est à priori, le seul moment ou la plage de l'Almanarre va pouvoir se constituer avant que la formation du tombolo Est ne "bloque" l'apport des alluvions vers l'Ouest.
- Sous le tombolo Est, une épaisseur de 25m. de sables de plage à minéraux issus des Maures s'est déposée.
- Le niveau de la mer est au niveau -1m. environ.

* Coupe vers 2 000 BP
- Sur le tombolo Ouest, la dune s'est formée jusqu'à un niveau +2 mètres et des vases se sont déposées au fond de l'étang.
- Sur le tombolo Est, les dépôts de sable émergent et donnent naissance au cordon dunaire du tombolo.
- Le niveau de la mer est globalement au niveau actuel. Nous pouvons observer que la partie inférieure des dépôts de sable a une pente moyenne de 1,7 cm/m.

* Conclusion
- En fonction des observations ci-avant, il semble que le tombolo Est n'a pu se former et "émerger" de façon permanente que depuis une période inférieure à 3 000 ans. En effet, il y a 5 000 ans, les premiers dépôts de sable se sont fait alors que le niveau de la mer était 20 mètres au dessus.
Pour déposer 20m. de sable, il a probablement fallu plus de 2 000 ans (correspondant à 1m. tout les 100 ans).

Je vous rappelle que tout le texte ci-dessus n'est qu'une "hypothèse personnelle", établie suivant l'argumentation que je viens de développer.

BRECHES SUR TOMBOLOS

 

* Plan n°9, 10, 11 et 12
Ces extraits de cartes de 1715 et 1727, qui sont assez schématique, mettent en évidence une particularité à cette date.
Nous pouvons constater qu'il existe une brèche au travers de chaque tombolo (plage de "la Manarre" et plage d'Hyères).
Ces brèches ont probablement été occasionnées à la suite d'une importante tempête ou un fort débordement du Gapeau au travers des marécages. Le percement volontaire d'un canal est fort peu probable, car à cette époque les pêcheries dans l'étang faisait l'objet d'une activité commerciale.
* Plan n°13
37 ans plus tard, sur cet extrait de carte de 1764 nous constatons que la brèche dans le tombolo Ouest a été obstruée.

Un canal semble avoir été aménagé dans le tombolo Est, afin d'évacuer les eaux excédentaires de l'étang. La bastide des Pesquiers a été construite au niveau de ce canal.

* Autres brêches
Nous retrouvons dans les archives du Conseil Général de la Communauté lors de la délibération du 9 juin 1767 :
"Cette année là le Gapeau a débordé plusieurs fois de façon très importante. Les quantités d'eau ont été telles que toutes les terres au sud du Gapeau ont été envahies ainsi que l'étang du Pesquier. Le niveau des eaux a fini par créer une brèche sur le cordon ouest du tombolo, libérant une grande partie des poissons qui s'y trouvaient."

 


Plan n° 9 vers 1700 - (zoom)
https://gallica.bnf.fr

Plan n° 10 vers 1700 - (zoom)
https://gallica.bnf.fr

Plan n° 12 de 1727- (zoom)

Plan n° 13 de 1764 - (zoom)
https://gallica.bnf.fr

* Carte n°12

Sur carte marine actuelle ci-contre nous pouvons observer, en lisant les chiffres, une déclivité progressive de la plage vers le large sans remontée du fond marin de façon significative. Nous atteignons environ les 25 mètres de profondeur en face le port de La Madrague.

(1) "Les tombolos de Giens, Olbia et le Gapeau : Géologie et contexte archéologique" de BLANC Jean Joseph

Remerciements :
- à Pierre LAVILLE pour les documents qu'il m'a communiqué et qui m'ont permis d'actualiser cette page en avril 2013.
- à mon ami Richard R. pour le prêt de la carte marine
.



Carte marine n° 12- (zoom)
LA LUTTE DESESPEREE DU TOMBOLO OUEST
Historique jusqu'en 2008

La flèche littorale orientale qui n'a qu'une largeur de 30 à 80 mètres sur une grande partie de sa longueur, est toujours confrontée au problème de l'érosion, notamment dans sa partie la plus au nord.

Une quantité importante de sable a été prélevée sur le tombolo pour réaliser des travaux :
--- Au XVIIème et XVIIIème siècle, lors de l'agrandissement du port de Toulon.
--- Au XIXème siècle, lors de l'aménagement des tables salantes.
Ces différentes actions ont réduit d'une façon importante et irréversible la largeur initiale du tombolo.

Jusque vers 1800, ce cordon dunaire est la seule voie d'accès jusqu'à la presqu'île de Giens (plan n°1). Elle est quelquefois coupé comme le figure des cartes anciennes vers 1700, 1715, 1727 (voir ci-dessus) et 1882. Des archives nous indiquent que le cordon ouest a également été rompu lors de tempêtes en 1767, 1811 et 1917.

En 1848, pour protéger les marais salants en pleine extension, on tente de fixer le trait de côte par des enrochements et l'enfouissement de rails de chemin de fer dans la dune, là où ont eu lieu les prélèvements de matériaux. En 1917, le cordon dunaire est à nouveau rompu lors d'une nouvelle tempête.

En 1930, un collecteur d'égout de 600 mm est immergé au large de l'Almanarre (photo n°2) et va donc rejeter une "certaine" quantité d'eau douce au milieu des bancs de posidonies. Leur santé et leur développement étant conditionnés par une salinité devant être comprise entre 37 et 38 grammes par litre ceci ne va pas favoriser leur prospérité.

Sur une photo aérienne de 1943, nous pouvons constater une prélèvement évident de sable dans la partie nord jusqu'à 600m. du rond point giratoire actuel. (photo aérienne ci-après).

En 1969, la Compagnie des Salins du Midi cède gratuitement le cordon littoral à la commune, qui s'engage en contrepartie à protéger les marais d'une intrusion de la mer.
Celle-ci, lors de la délibération n° 64 du 30 mai 1969, officialise le lancement de la création d'une route goudronnée à double sens de circulation de 6m de largeur environ, entre l'Almamarre et Giens afin de décongestionner la route de la Capte durant la période estivale. Ces travaux seront réalisés rapidement puisque nous retrouvons la route sur la photo aérienne de 1969 (sans précision du mois). Une conduite d'eau potable de 250mm sera également posée en 1970 à environ 20m à 30m du rivage (photo n°3) afin de renforcer l'alimentation de Giens, ainsi qu'une ligne électrique aérienne de haute tension. [Le restaurant "le Passe Pied" sera ultérieurement construit en plein sur cette conduite. A ce jour des "fragments" de cette canalisation se situent à environ 8 mètres du rivage (photo n°4). La plage semble donc avoir reculé de 15m en ce lieu.]

L'ensemble de ces travaux de terrassement va détruire partiellement la végétation qui fixait le sable. Avec l'ouverture de la route à la circulation, c'est 4 kilomètres de plage supplémentaire qui s'ouvre aux touristes.
A ce moment là, plusieurs phénomènes vont venir aggraver rapidement la déstabilisation de la dune :
-- la mise en place d'ouvrages lourds (enrochements et palissades de rondins) destinés à protéger cette route de la mer (photo n°5 + 6),
-- le nettoyage régulier de la plage durant le tiers de l'année afin qu'elle soit "bien propre". Ceci va éliminer tous les bancs de posidonies mortes qui recouvraient le sable et le protégeaient des coups de mer et du vent (photo n°7 + 8). A ce jour, le ramassage des posidonnies est beaucoup plus ponctuel.


(1) La carte Cassini de 1780 nous montre que l'accés à la presqu'île de Giens ne se fait que par le tombolo ouest. Sur le tombolo Est le chemin dans la partie nord s'arrête au "Gras passage" de la "Catte" (Capte) - (zoom)


(2) Les brèches dans la dune se produisent pratiquement toujours dans le même secteur nord du tombolo. L'émissaire de rejet en mer est positionné sur le plan - (zoom)


(3) Terrassement en 1970 pour la pose de la conduite d'eau potable - (zoom)


(4) Photo à comparer à la précédente (3)
La conduite d'eau potable de 250mm posée vers 1970 est depuis longtemps abandonnée. Elle est aujourd'hui à environ 8 mètres du rivage et se trouvait initialement sous le restaurant "Le Passe pied" - (zoom)

(5) Reste de pieux et de géotextile de palissades qui
constituaient initialement la protection de l'arrière
de la plage. Cela donne une idée du recul de celle-ci - (zoom)
.
.

(6) Bien que peu efficace, la technique des enrochements
et palissades de rondins est toujours utilisée - (zoom)




(7) Plage "propre" débarrassée des mattes de posidonies.
Cela la rend beaucoup vulnérable aux coups de mer
et à l'érosion du vent - (zoom)
.
.

-- le piétinement systématique des végétaux va les faire progressivement disparaître et le vent d'ouest va déplacer des tonnes de sable dans les marais salants,
-- l'absence d'apports sédimentaires par l'ouest ne permet pas de compenser tout le sable qui est déplacé des zones sensibles,
--
l'herbier de posidonies qui est de plus en plus en mauvais état, ne semble plus jouer pleinement son rôle d'amortisseur de houle et de fixateur des éléments fins,
-- la montée lente, mais régulière du niveau marin ne peut qu'agraver la situation.

Après une importante tempête en décembre 1976, le cordon dunaire est emporté une nouvelle fois sur plusieurs centaines de mètres et la conduite d'eau potable est cassé en plusieurs endroits. Cela conduira la commune et la Cie Générale des Eaux à remplacer
-- en 1977 une longueur de 1000 mètres,
-- en 1979 une longueur de 800 mètres.
Cette canalisation sera progressivement remplacée sur les 4 km et déplacée d'environ 20 mètres (en moyenne), en bordure du canal de ceinture (canal périphérique des marais salants).
Il est à noter que la ligne aérienne à haute tension a été enterrée pour des raisons de sécurité.

Après chaque tempête, la commune de Hyères va reconstituer le cordon dunaire avec des dizaines de milliers de tonnes de terre et de débris de chantiers. Le cordon qui n'a désormais plus rien de naturel va résister de moins en moins bien, s'effondrant par pans entiers sous l'assaut des vagues (photo n°9). Parallèlement, afin de contenir le recul de la plage, on y a déversé d'importantes quantités de galets roulés prélevés dans la rivière Durance (photo n°10). Or, en générant entre eux des micro-courants, ces galets vont accélérer la fuite des éléments fins et éliminer progressivement le sable qui sera repris par les courants (photo n°11).

En 1993, la municipalité soumet à l'enquête publique trois versions d'un vaste projet de réhabilitation du tombolo occidental élaboré par la DDE. Les associations de protection de l'environnement et les scientifiques optent pour la fermeture de la route du sel. Face à eux, les professionnels du tourisme considèrent cette route comme un outil économique indispensable. Plus qu'une desserte de la plage de l'Almanarre, elle est devenue en période estivale un lien nécessaire entre le continent et une presqu'île de Giens qui a été considérablement urbanisée : 20 000 personnes y séjournent l'été, 300 000 personnes y embarquent chaque année pour l'île de Porquerolles, les établissements hospitaliers y emploient plusieurs centaines de salariés; soit un trafic de 16 000 véhicules par jour l'été, dont le tiers utilise la route du sel.


(8) Plage "naturelle" avant nettoyage des mattes de posidonies.
La protection est maximum - (zoom)
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(9) Remblais qui s'effondrent sous la force des vagues
(zoom)
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(10) Plage reconstituée avec des galets roulés de la Durance et vestiges de 3 pieux qui maintenaient les palissades en arrière de plage, il y a une vingtaine d'années - (zoom)

Si cette dernière venait à être supprimée, il faudrait doubler la route empruntant le tombolo oriental, supprimer les réseaux d'eau potable, d'électricité et câbles marine toujours enfouis dans le cordon dunaire, déplacer l'embarcadère de la Tour Fondue et ralentir l'urbanisation galopante de la presqu'île de Giens. Enfin et surtout, les services de secours mettent en avant la nécessité d'une seconde voie d'évacuation, notamment en cas d'incendie de forêt sur la presqu'île.
Face à la polémique, la municipalité préfère différer sa décision. Or six mois plus tard, le 6 janvier 1994, une violente tempête détruit une partie de la route du sel et ouvre une nouvelle brèche dans le cordon. Tous les projets sont alors abandonnés et la gestion du site est confiée au Conservatoire du Littoral qui accepte de mettre en place un programme de protection et de réhabilitation du tombolo qui consiste essentiellement :
-- à la pose de ganivelles sur l'ensemble du cordon dunaire afin de permettre la reprise et le développement de la végétation qui fixe la dune
(photo n°12),
-- au déplacement de la route en bordure du canal de ceinture des marais salants avec fermeture de celle-ci à la circulation automobile du mois de novembre à avril
(photo n°13 + 14 + 15),
-- à la suppression des parkings dans la partie nord de la route du tombolo, avec ouverture d'un grand parking gratuit (photo n°16) au niveau du giratoire de l'Almanarre,
-- au déplacement de la conduite d'eau potable et de la ligne électrique à haute tension en bordure du canal de ceinture des marais salants,
-- à l'initiation d'un plan global de protection de la presqu’île de Giens, associant l’État et les collectivités locales.

Le Conservatoire du Littoral achète en 2001, les anciens salins d'Hyères.

Depuis le début de ce programme de réhabilitation le bilan est mitigé. Dans la partie sud du tombolo, les ganivelles fonctionnent bien et la plage, profitant des sédiments arrachés à la partie nord, est en phase d'accrétion (photo n°17) . Au nord en revanche, la végétation ne reprend pas (photo n°18) et la mer continue d'ouvrir les deux brèches principales (photo n°19 + 20) ; lesquelles doivent être colmatées quatre à six fois par an. Les dunes sur lesquelles ont été posées les ganivelles commencent à être déchaussées (photo n° 22). Au début du mois de janvier 2001, en une nuit, une tempête a totalement détruit 100 mètres de dune, projetant 1 500 à 2 000 m3 de sable dans le canal situé en arrière de la route (photo n° 21). En cette période pré-électorale, la municipalité s'est empressée de restaurer le site. En moins d'une semaine, 5 000 tonnes de sable de carrière ont été amenées sur le site et la dune a été reconstruite sur 500 mètres de longueur (chantier estimé à plus d'un million de francs).


(11) Détail des galets roulés de La Durance


(12) Mise en place de ganivelles longitudinales et transversales afin de piéger le sable et de permettre le développement de la végétation - (zoom)


(13) La route originale rejoint progressivement la mer
lors de chaque tempête - (zoom)


(14) A droite, la nouvelle route étroite à double voie interdisant
le stationnement des véhicules. Au centre, le talus vierge
de toute végétation reconstitué après la tempête - (zoom)

(15) La route du sel est barrée de novembre à avril



(16) Grand parking ouvert durant la période estivale
(zoom)

(17) Dans le sud du tombolo ouest la plage est en phase d'accrétion - (zoom)

(18) La fragilité de la dune ne permet pas à la végétation de se développer - (zoom)

(19) Le cordon dunaire de protection a été emporté à droite
dans le canal de ceinture. La mer est à moins de 10m du bord de la route - (zoom)

(20) Là encore le cordon dunaire artificiel n'a pas résisté - (zoom)



(21) Les posidonies et le sable ont traversé la route pour aller
se jeter dans le canal - (zoom)

Même si la route du sel peut difficilement être supprimée en l'état actuel des choses, force est de constater que le fil directeur des aménagements consiste comme depuis prés de 40 ans à maintenir le trait de côte. Or il s'agit là d'un non-sens écologique dans la mesure où il est impossible de faire coexister sur moins de trente mètres de large une route goudronnée à double sens et un système dune-plage naturellement mobile, qui plus est en régression (photo n° 22).
Un comparatif ponctuel (1000m au sud du début du tombolo) entre un fond de plan de 1970 et une photo satellite de Google Maps fait apparaître un recul du trait de côte de 8 mètres environ. Ce qui fait une régression moyenne de la dune de 20 cm par an en ce lieu !
Plus globalement, outre le fait qu'elle est perdue d'avance, cette lutte va devenir de plus en plus difficile et onéreuse. En effet, le niveau de la mer ne cessant de monter et la plage de reculer, la dune artificielle non végétalisée s'en trouve chaque année plus haute, plus mince et plus abrupte (photo n° 23 et 24) , donc plus vulnérable.
Prenant acte de cette fuite en avant, certains responsables prônent aujourd'hui un « accompagnement de l'évolution naturelle ». Il s'agirait de supprimer la route et laisser la mer percer le cordon pour envahir librement les marais, tout en engageant un véritable travail de restauration du cordon.
Il reste encore beaucoup d'obstacles techniques, financiers et politiques à lever pour déplacer sur le tombolo oriental :
-- l'ex "route du sel" (maintien d'une deuxième route de sécurité),
-- les réseaux d'eau potable, d'électricité et cables téléphoniques (avec difficultés techniques et allongement des réseaux dus au contournement des marais),
-- l'embarcadère de la Tour Fondue (diminution du flux de véhicules vers la presqu'île).
Techniquement, les scientifiques ne sont pas en mesure de prévoir ni de maîtriser le cheminement de la mer dans les marais. Il est donc impossible d'en cerner les conséquences à moyen et long terme pour l'ensemble du tombolo et son environnement proche. A ce titre, les premiers carottages ne sont pas encourageants puisque la quantité de sable disponible serait beaucoup plus faible que prévue.
Juridiquement, on peut s'interroger sur le risque contentieux inhérent à ce type de décision, car, outre la nature et l'intensité des préjudices, il sera difficile d'en déterminer les responsabilités et les atteintes aux propriétés et aux intérêts privés.

Depuis maintenant environ 50 ans, la commune d'Hyères, puis maintenant le Conservatoire du Littoral colmatent régulièrement les brèches ouvertes par la mer dans la partie nord lors des tempêtes.

Les photos illustrant cet article ont été prises en 2008.

Depuis cette date, les brèches sur le point sensible s'ouvrent assez souvent lorsque le mistral souffle très fort. Les engins de terrassement remettent alors les lieux en état ...... jusqu'à la prochaine tempête !

 

Les informations ci-dessus ont été partiellement extraites des sites :
http://rives.revues.org/document49.html
- http://www.cabotages.fr/ - http://www.yaquoi.com/Le-tombolo-de-Giens-une-operation

ainsi que du livre de Georges Bronner "De la rade d'Hyères à l'Estérel" - Editions Jeanne Laffitte

 


(22) Signe évident du recul de la plage
Dans cette partie, la dune a été emportée
et les ganivelles ont été déchaussées - (zoom)


(23) La plage et la dune reculent vers l'Est et
se rapprochent de la nouvelle route - (zoom)



(24) La plage rétrécie et le talus artificiel devient
de plus en plus abrupt - (zoom)

Photos aériennes anciennes,témoins de l'évolution de la "route du sel"
dans la partie vulnérable

Origine des photos anciennes
Les photos ci-après de 1924 à 1995 ont été téléchargées à partir du site : http://remonterletemps.ign.fr
. Celle de 2007, 2013 et 2018 sont extraites de Google Earth.
J'ai sélectionné les meilleures dans la zone où il a eu trois brèches principales en janvier 2018, en essayant d'avoir un cycle de 10 à 15 ans entre chacune d'elles, en fonction des images disponibles et exploitables. L'objectif est de pouvoir observer les différentes évolutions du cordon dunaires sur ce tronçon durant cette période.


Année 1924

Cette photo (origine A.P.G) est extraite d'un document à grande échelle qui a été fortement zoomé. La qualité est donc médiocre, mais a le mérite d'exister.
A cette époque la route du sel n'est qu'un chemin au milieu de la dune.
Nous pouvons observer à droite une zone avec une végétation dense.
Le point "repère" se retrouvera sur les autres photos afin d'en observer les changements. autour de celui-ci

Année 1931
Il y a un étier qui aboutit à un étang triangulaire dans lequel semble subsister la dune originale avant la réalisation des marais salants à partir de 1850.
le canal de ceinture peut avoir été taillé dans la largeur de la dune et non en limite Est de celle-ci,



Année
1943

En face le point "repère", nous pouvons observer un décrochement très net sur la plage qui témoigne d'un prélèvement important de sable au niveau de cette zone. Une marque sombre sous la surface de l'eau est également visible dans cet alignement. La construction d'ouvrages militaires à cette époque n'y est probablement pas étrangère.
Sur cette photo d'une meilleure qualité p/r à celle de 1931, on peut :
-- apercevoir un sentier qui serpente vers le sud,
-- remarquer à l'extrême droite de l'image, une zone avec une végétation dense (détail zoom),
-- constater que le canal de ceinture semble se terminer au sud de l'étang triangulaire.
Il n'y a rien d'évident ensuite.

Année
1959

-- On peut remarquer qu'au droit du prélèvement de sable, le canal de ceinture a été déplacé vers l'Est et fait un léger décrochement. Une amorce de canal a été creusé à l'Est de ce déplacement sur 280m jusque dans l'alignement du point repère. Ce sont les premiers travaux réalisés pour compenser le recul de la plage ...... créé par l'homme.
-- Egalement face au repère, le décrochement dans la plage observé en 1943 s'est partiellement comblé par des transferts de sable; un peu plus au nord et un peu moins au sud.
(détail zoom)



Année
1969

-- Nous voyons maintenant la "route du sel" juste à l'ouest du canal de ceinture initial. Elle a été mise en service cette même année enfin de décongestionner la circulation automobile, vers et depuis, la presqu'île de Giens.
-- Le canal amorcé (vu sur photo de 1959) a été prolongé jusqu'au nord des tables salantes ainsi que vers le sud au delà de l'étang triangulaire. Il y a maintenant 2 étiers en parallèle.
--
Le décrochement dans la plage observé en 1943 et 1959 a totalement disparu car il a été comblé par des transferts de sable.
-- Nous pouvons remarquer qu'à cette date, les tempêtes ont déjà transféré le sable de la plage dans le canal de ceinture initial. Ceci explique probablement la création de ce nouveau étier. On commence à reculer face à la mer. (zoom)

 


Année
1983

-- le canal de ceinture initial a disparu et il a été remblayé.
-- Sur ce tronçon, l'ancienne route a été abandonnée ainsi que la conduite d'eau potable.
-- C'est une nouvelle route qui a pris place sur le canal de ceinture original sur une une bonne longueur (zoom).
--
Tout ceci confirme notre recul face à la mer.
-- Les vacanciers peuvent dorénavant stationner sur ce tronçon et rejoindre plus facilement la plage.
-- Le restaurant de plage "Le Passe Pied" est maintenant en place ..... bien à cheval sur la conduite d'eau potable de 250mm avec 9 bars de pression. Par chance, malgré les nombreuses fuites qui firent de beaux geysers, aucune ne se produisit sous le restaurant ! (détail zoom)
-- A ce moment là, des enrochements et des palissades de rondins ont été mis en place afin d'essayer de stabiliser la dune.
-- Au fil du temps, les photos témoignent de la disparition progressive de la végétation.


Année
1995

Après la tempête de 1994, un tronçon de la Route du Sel est déplacé dans la partie nord en bordure du canal de ceinture.
-- 15000 tonnes de graviers de La Durance + 7000 tonnes de sable ont été amenées afin de compenser le recul de la plage.
-- le canal de ceinture continue maintenant jusqu'au sud du tombolo,
-- Le restaurant "Le Passe Pied" est toujours là, avec semble t'il, face à lui, la plage un peu moins large.


Année
2007

-- Depuis 1995, environ 7000 tonnes de sable de rivière et plus de 7000 m3 de posidonies ont encore été amenées.
-- 1938 tonnes d'enrochements ont été retirés.

-- Le restaurant "Le Passe Pied" a disparu.
--
Nous constatons qu’au droit de la brèche, du sable traverse l’étier et se retrouve dans les tables salantes.


Année
2013

--
Depuis 2007, environ 8000 tonnes de sable de rivière et une certaine quantité de posidonnies (non comptabilisée) ont encore été amenées.
-- Lors de la prise de cette photo le 15/02/2013, nous constatons qu'une tempête a remblayé le canal de ceinture à droite du point repère.






Année 2018

-- De 2013 à 2018, nous n'avons pas connaissance des quantités de matériaux qui ont encore été amenées.
Jusqu'en 2012, nous sommes tout de même à plus 42000 tonnes (et m3) d'apport de matériaux, ce qui représente un défilé de 2800 camions de 15 tonnes ! (détail tableau 43 ci-après).
-- Sur cette photo du 15/02/2018, les bancs de posidonies mortes se font balloter par les vagues.
-- Au droit de la brêche principale, le canal de ceinture est encore partiellement obstrué par le transfert de sable à partir de la plage.

 

Quelle était la largeur du cordon dunaire du tombolo ouest en 1828 ?


1 - Préambule
Les photos aériennes anciennes nous ont permis de suivre l'évolution du cordon dunaire depuis 1924.
Nous allons essayer de remonter encore dans le temps, en utilisant les cartes anciennes à notre disposition afin de déterminer quelle était la largeur du cordon dunaire avant 1924.
Pour répondre à cette question, nous allons utiliser deux documents qui sont disponible sur le net ;
-- Google Earth, pour ses photos aériennes, ses possibilités de superposition d'images et ses outils de mesure,
-- Le plan du cadastre Napoléonien de 1828. C'est le premier plan fiable pour l'exactitude de la représentation graphique de l'état des lieux. Le résultat des mesures que nous obtiendrons n'a pas la prétention d'être d'une précision absolue mais devrait nous donner un bon ordre d'idée.
-- La carte Cassini de 1780 n'a pas été retenue car il n'y a que 50 ans d'écart entre les deux et on constate sur Géoportail une forte distorsion en largeur lors des superpositions d'images entre Google Earth et Cassini.

2 - Procédure suivie
Celle-ci consiste ;
-- à positionner des points de repère sur Google Earth sur des endroits caractéristiques que nous pourront retrouver sur le plan de 1828,
-- à superposer le plan de 1828 sur celui de Google Earth, en l'orientant, en l'étirant afin de faire coindidant au mieux les points de repère,
-- à affiner l'exactitude de la superposition des deux plans,
-- à implanter les bornes de repère EDF du n° 03 à 23 relatives à la zone des brèches ,
-- à masquer l'image de Google earth,
-- à zoomer sur le plan de 1828 afin de faciliter les mesures,
-- à mesurer avec l'outil "règle" de Google Earth les largeurs du cordon dunaire au droit des bornes de repère du n°03 au 23. A l'échelle ou nous travaillons, seul les numéros impairs seront mesurés.

3 - Résultat des mesures
Par rapport aux mesures de Google Earth, les valeurs seront arondies au "mètre".

Largeur du cordon dunaire du tombolo ouest en 1828 au droit des bornes de repère EDF
B03
B05
B07
B09
B11
B13
B15
B17
B19
B21
B23
77 m.
57 m.
57 m.
57 m.
41 m.
44 m.
63 m.
61 m.
64 m.
39 m.
43 m.

4 - Diaporama de la procédure suivie et des mesures obtenues ci-dessus


Cliquez sur l'image pour ouvrir le diaporama et
attendre une dizaine de secondes pour le téléchargement

l'avancement (ou le retour) du diaporama se fait à votre convenance en faisant tourner la molette de votre souris.

5 - Relevé des largeurs du cordon dunaire sur Google Earth en 2017
Même si la comparaison avec les mesures relevées sur le plan de 1828 n'est pas très logique, puisque depuis cette date "la main de l'homme" est passé par là, faisons tout de même un relevé de ces largeurs à "titre de curiosité" entre la limite ouest du canal de ceinture et le bord du rivage. L'année 2017 a été choisie car sur cette photo la mer est calme, ce qui n'est pas le cas en 2018.

Largeur du cordon dunaire du tombolo ouest en 2017 au droit des bornes de repère EDF
B03
B05
B07
B09
B11
B13
B15
B17
B19
B21
B23
Largeur
51 m.
42 m.
37 m.
33 m.
46 m.
52 m.
40 m.
44 m.
59 m.
66 m.
64 m.
Diff p/r à 1828
-26 m.
-15 m.
-20 m.
-24 m.
+5 m.
+8 m.
-23 m.
-17 m.
-5 m.
+27 m.
+21 m.

 

Quelques photos d'archives

Tempête de octobre 2009 - L'ancienne route a maintenant
les pieds dans l'eau et se fait détruire petit à petit - (zoom)

Tempête de octobre 2009 - Ou est la route ?
Ou est le canal de ceinture ? - (zoom)

Tempête de octobre 2009 - Le canal de ceinture est entièrement rempli du sable de la dune - (zoom)

Tempête de octobre 2009 - Les barrières
de protection ont été emportées - (zoom)

Tempête de janvier 2016 - Houle qui déferle
sur la plage - (zoom)

Tempête de janvier 2016 - La mer envaillit les passages
pour rejoindre la route et le canal de ceinture - (zoom)

Tempête de janvier 2016 - La mer traverse
la route et envahit le canal de ceinture - (zoom)

Tempête de mars 2017
Ou est la route et ou est la plage ? - (zoom)
Etat des lieux en 2018

1 - Localisation des bornes de repère EDF à l'Est de la route

Ne trouvant aucun document ayant archivé la localisation des brèches antérieures, j'ai décidé de positionner en janvier 2018 les bornes repère EDF numérotées de 3 à 34 ainsi que des brèches existantes en janvier, puis ensuite celles de novembre [listées sur le tableau (1)].

Ce travail a été entrepris avec mes modestes moyens ; en l'occurrence un GPS de randonnée + un téléphone mobile avec une application spécifique (afin d'avoir une double information).

Cela me permettra à l'avenir, d'avoir des points de repère pour l'évolution ultérieure du tombolo même si ceux ci ne sont pas d'une extrême précision.


(1) tableau de repérage des bornes et position des brèches
en janvier et novembre 2018- (zoom)
 


2 - J
anvier 2018

Entre le 27 décembre 2017 et le 22 janvier 2018 (27j), il y a eu 16 jours avec des rafales variant de 70 à 100 km/h (2). Une fois encore, plusieurs brêches se sont ouvertes sur la zone nord.

2a - localisation des brèches


2a1 - Brèche 1

-- Distance par rapport à la barrière nord : 260 m.
-- Position début brèche (nord) : 32T 0266139 4773220
-- Position fin brèche (nord) : 32T 0266211 4772891
-- longueur : 340 m.

2a2 - Brèche 2

-- Distance depuis la fin de la brèche 1 : 70 m. (cumul depuis la barrière : 670 m.)
-- Position début brèche (nord) : 32T 0266230 4772823
-- Position fin brèche (nord) : 32T 0266259 4772680
-- longueur : 145 m.

2a3 - Brèche 3

-- Distance depuis la fin de la brèche 2 : 355 m. (cumul depuis la barrière : 1170 m.)
-- Position début brèche (nord) : 32T 0266360 4772336
-- Position fin brèche (nord) : 32T 0266377 4772141
-- longueur : 200 m.

2a4 - Brèche 4 partielle

-- Distance depuis la fin de la brèche 3 : 30 m. (cumul depuis la barrière : 1400 m.)
-- longueur : 100 m.

2a5 - Localisation des 3 brèches principales en janvier 2018. (22)

2b - Bilan des dégâts
Longueur totale des brèches = 685 m.
Longueur brèche partielle = 100 m.

 


(2) Graphique du site "infoclimat.fr" relative au mois de janvier 2018 avec mise en évidence des vitesses supérieures à 70 km/h - (zoom)


(4) Brèche 1 - Il ne reste plus grand chose de la dune reconstituée
précédemment. Un morceau de la conduite d'eau potable
posée en 1970 a été arraché de la plage - (zoom)


(6) Fin de la brèche 1 entre les bornes n°8 & 9.
Sur la plage, on voit bien le point d'érosion maximum de la plage
A l'extême droite, à l'Est du canal de ceinture, le talus a été rehaussé
afin de protéger les tables salantes - (zoom)


(8) Brèche 2. En arrière plan, le début de la brèche.
(zoom)


(3) Début de la brèche 1 (la plus au nord).
Elle est face à la borne n°5. La dune "survivante"
est déja bien érodée - (zoom)


(5) Brèche 1 - Les bancs de posidonies stockés
sur la plage pour la protéger ont été emportés dans
le canal de ceinture et l'ont complètement obstrué - (zoom)


(7) Dune reconstituée survivante face à la borne n°9,
entre la fin de la brèche 1 et le début de la 2
à l'extrême droite de la photo - (zoom)


(9) Brèche 2. Une nouvelle fois, le sable
de la dune est allé obstruer le canal de ceinture - (zoom)


(10) Brèche 2. Vue d'ensemble - (zoom)

(11) Fin de la brèche 2 entre les bornes n°10 et n°11- (zoom)

(12) Dune survivante entre la brèche 2 et la brèche 3
Il n'y a plus beaucoup de végétation qui la maintien - (zoom)

(13) Début de la brèche 3 vers la borne n°14
(zoom)

(14) Vue vers le début de la brèche 3
avec obstruction du canal de ceinture - (zoom)

(15) Brèche 3 avec stock de sable qui a été précédemment récupéré sur la route lors de la précédente tempête vers borne n°16 - (zoom)

(16) Vue d'ensemble de la brèche 3 - (zoom)

(17) Fin de la brèche 3 - (zoom)

(18) Début de la brèche partielle 4 - (zoom)

(19) Brèche partielle 4 entre borne n°17 et 18
vue de la dune - (zoom)

(20) Brèche partielle 4 entre borne n°17 et 18
vue de la plage - (zoom)

(21) Fin de la brèche partielle 4 - (zoom)

(22) Localisation des 4 brèches par rapport aux bornes repères - (zoom)
 


3 - Novembre
2018

Le 29/11/2018, j'ai à nouveau parcouru la Route de Sel avec mon GPS afin de refaire l'état des lieux des différentes brèches et ainsi suivre leurs évolutions durant les 10 mois écoulés.
Le vent a dépassé les 70 km/h à 5 reprises au mois d'octobre et également 5 fois au mois de novembre.

3a - localisation des brèches

3a1 - Brèche 1 + brèche 2

-- Distance par rapport à la barrière : 260 m.
-- Position début brèche (nord) : 32T 0266139 4773220
-- Position fin brèche (nord) : 32T 0266260 4772636
-- longueur : 600 m.

3a2 - Brèche 3 + brèche 4

-- Distance depuis la fin des brèches 1+2 : 170 m. (cumul depuis la barrière : 860 m.)
-- Position début brèche (nord) : 32T 0266319 4772477
-- Position fin brèche (nord) : 32T 0266397 4771998
-- longueur : 485 m.

3b - Bilan des dégâts au 29/11/2018
Longueur totale des brèches = 1085 m.
Augmentation des brèches totales en 11 mois : 1085m - 685m = +400 m soit + 58%


(23) Graphique du site "infoclimat.fr" relative au mois deoctobre 2018 avec mise en évidence des vitesses supérieures à 70 km/h
(zoom)


(25) Brèche 1+2. vers la borne n°6. La route initial de 1969
est de nouveau visible presque en bordure de plage - (zoom)


(24) Graphique du site "infoclimat.fr" relative au mois de novembre 2018 avec mise en évidence des vitesses supérieures à 70 km/h
(zoom)


(26) Brèche 1+2. vers la borne n°7. La route qui est maintenant
proche du rivage commence à être déchaussée - (zoom)


(27) Début de la brèche 1+2 au centre de la photo. Les posidonies
ont traversées la route pour rejoindre le canal de ceinture - (zoom)

(28) Brèche 1+2, le canal de ceinture est bien rempli
(zoom)

(29) Les posidonies stockées sur la plage
recouvrent la route - (zoom)

(30) Brèche 1+2. vers la borne n°8. La route vient
d'être nettoyée - (zoom)

(31) Les engins mécaniques s'activent afin de dégager
le canal de ceinture et nettoyer la route - (zoom)

(32) Les brèches 1 et 2 n'en font plus qu'une seule.
La dune a complétement disparue - (zoom)

(33) Fin de la brèche 1+2 vers la borne n°11
(zoom)

(34) Début de la brèche 3+4 vers la borne n°13. Le sable issu
de la plage est stocké à l'Est de la route - (zoom)

(35) Etendue de la brèche 3+4 vers le nord
(zoom)

(36) Etendue de la brèche 3+4 vers le sud
(zoom)

(37) La mer, le sable et les posidonies ont encore
comblé le canal de ceinture au droit de la borne n°15 - (zoom)

(38) Fin de l'ex brèche 3 au droit de la borne n°18. Il est bien
difficile de savoir ou se situe la plage, la route et la dune - (zoom)

(39) La brèche 4 est maintenant dans la continuité de la 3. La dune et
les ganivelles ont été emportées. Il ne reste que les piquets - (zoom)

(40) Brèche 4, reconstituée il y a moins d'une semaine.
Il ne reste déjà plus grand chose de la dune - (zoom)

(41) Image à comparer avec la photo 18 ci-avant. Dans
peu de temps, la dernière plante aura disparue - (zoom)

(42) Localisation des 4 brèches qui n'en forme aujourd'hui plus que deux.
Brèche 1+2 = 600 m et brèche 3+4 = 485 m
 



4 - documents de synthèses

4a - Evolution du tombolo ouest avec les images Google Earth sur 10 années.
Comparaison entre 2007 et 2017. (44 et 45)

4b - Travaux réalisés entre 1976 et 2012.
Le tableau ci-dessous (43) incorpore également les informations contenues dans thèse de M.Than de 2013 page 395
relative notamment aux apports de matériaux. Il manque certaines informations relatives aux quantités de posidonies mises en place, mais cela donne une bonne idée de son importance.
Pour l'instant, nous n'avons pas d'informations relatives aux apports de matériaux depuis 2013.

4c - Evolution des brèches de janvier et de novembre 2018
-- Le début de la première brèche en partant du nord commence dans les 2 cas au même endroit.

-- Les brèches 1 et 2 se sont rejointes et n'en font plus qu'une, avec un agrandissement vers le sud.
-- La brèche 3 s'est agrandie de 285 m en englobant la brèche 4 qui était considérée partielle en janvier.

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5 - Dégats dans le site des Pesquiers
5a - Obstruction du canal de ceinture
Lors de chaque tempête, le canal de ceinture est obstrué par le sable et les posidonies. Pour des raisons règlementaires et de sécurité du site, ce canal doit être dégagé afin d'interdire l'accés au site pour le public.

5b - Dommages sur la digue entre le canal de ceinture et les tables salantes
Lorsque le canal de ceinture est comblé, le déferlement des vagues s'attaque à la digue qui sépare le canal des tables salantes (46). Une brèche dans celle-ci serait alors catastrophique car les marais salants se situent en dessous du niveau de la mer. Celà provoquerait aussi des perturbations sur l'écosysthème du site. C'est pour celà que l'intervention des engins mécaniques se fait immédiatement après chaque tempête (31).

5c - Inondation des marais salants
Lorsque les marais salants sont inondés par les forts orages ou une rupture de digue, cela nécessite des pompages et des frais EDF importants pour maintenir l'équilibre hydraulique du site.
(source : Rapport d'activités Salins d'Hyères_2012-2013)


 

 


(43) tableau récapitulatifde la position des brèches en janvier 2018
et de l'apport des matériaux jusqu'en 2012 - (zoom)

 



(46) Obstruction du canal de ceinture et
agression de la digue en face - (zoom)


(44a) année 2007 partie nord- (zoom)

(44b) année 2017 partie nord - (zoom)

(45a) année 2007 partie centrale - (zoom)

(45b) année 2017 partie centrale - (zoom)
   
Et maintenant, quelle solution pour stopper .... ou atténuer cette érosion ???


1 - Rappel des causes principales de l'érosion du tombolo ouest
Afin d'avoir une vision globale du problème, l'ensemble des informations a été récapitulé dans un tableau (1).
Cela permet de mieux comprendre qu'il y a des causes naturelles contre lesquelles il n'y a pas de solution et lorsqu'on essait d'y apporter des remèdes, cela peut s'avérer pire que le mal.
Rappelons également quelques principes que l'on oublie :

1a - Variation locale du niveau de la mer :
Plusieurs paramètres indépendant les uns des autres peuvent faire varier le niveau de la mer et par là même, les méfaits de la houle :
-- 1a1 - La marée astronomique
L'amplitude de la marée de la mer Méditerranée dans notre région est en moyenne d'environ 40 cm. Il y a 4 cycles de marée par jour (2 hautes et 2 basses).
-- 1a2 - La marée barométrique (infos complémentaires)
La pression atmosphérique agit également sur le niveau de la mer.
Le niveau moyen celle-ci (niveau 0) correspond à une pression de 1013,25 hectopascals (pression de référence). Il faut ajouter 1 cm ou enlever 1cm de hauteur d’eau par hectopascal de différence avec la pression de référence.
Lors de la largade du 29/10/2018, la pression est descendue jusqu'à 978,7 hectopascals, (2) ce qui a normalement augmenté le niveau de la mer de 35 cm environ à ce moment là. Cela conduit à ce qui est appelé "une surcôte".

-- 1a3 - Le vent

Un vent fort, constant, soufflant de la mer vers la terre durant plus de 12 heures sur une distance importante appelée "Fetch" provoque une élévation du niveau de la mer pouvant aller jusqu’à 1 mètre ainsi qu'une très forte houle. Lors de la tempête du 6 janvier 1994, le littoral méditerranéen avait subit de gros dégâts, dont le tombolo ouest de Giens.

-- 1a4 - Le hausse du niveau des mers
Voir page spécifique sur le site : http://www.histoire-eau-hyeres.fr/400-geologie-gen-pg.html

-- 1a5 - Remarques
Dans les conditions les plus défavorables, ces différentes incidences peuvent se cumuler et augmenter considérablement le niveau moyen de la mer en y ajoutant en plus la hauteur de la houle qui vient déferler sur le rivage.

1b - Erosion naturelle au fil du temps

-- Par l'eau
Depuis sa création, la terre subit l'érosion au cours des milliers d'années qui passent par le froid, la chaleur, l'eau, la glace etc....
Notre tombolo, comme tout les rivages, subit les effets néfastes de celle-ci.
La cité d'Olbia nous permet de mesurer l'importance de cette érosion depuis 2000 ans (3) et (4).
Mouvement et transfert de matériaux
-- Par le vent
L'arrière-dune est fïxée par l'ensemble des Pesquiers et le canal de ceinture : les échanges sédimentaires sont unilatèraux du golfe de Giens vers les marais salants puisque une fois déposés, les sédiments n'ont aucune possibilité de retour (5).
1c - Régression des bancs de posodonies
-- Pollution générale et celles spécifiques aux rejets des émissaires de la station de dépollution des eaux usées de l'Almanarre.
-- Erosion par la houle et les courants marins (6).
-- Turbidité de l'eau et dépôts argileux
Les herbiers de Posidonies sont extrèmement sensible à la turbidité de l'eau (7) et aux dépôts argileux
car celà bloquent la photosynthèse des feuilles.
-- Les rechargements en galets de la Durance (8) entre les bornes E.D.F. B08 et B15 ont favorisé la destructuration des mattes en mâchant les feuilles lors de leur transport vers le large.

SUITE EN COURS DE PREPARATION

2 - Mais comment se propage la houle destructrice ?
2a - Fonctionnement de la houle
2a1 - La vent
-- Formation du vent
Le vent se forme de la différence de température entre deux masses atmosphériques. Le globe terrestre en mouvement et les irrégularités géographiques contribuent ensuite à son évolution.
Lorsqu'une masse d'air se réchauffe sous l'effet des rayons du soleil ou au contact d'un milieu chaud, elle devient plus légère, et monte. En altitude, la masse d'air se refroidit et descend de nouveau (9). Pendant ce temps, la Terre en rotation a légèrement pivoté sur elle-même. La masse d'air redescend ainsi plus à l'est si elle se trouve dans l'hémisphère nord, plus à l'ouest si elle se situe dans l'hémisphère sud.
-- Vitesse du vent sur le tombolo ouest
Les vents qui soufflent avec la plus grande force sont :
A VENIR ............
2a2 - Le fetch
Le fetch, "l'étendue d'une baie" est la distance en mer au-dessus de laquelle souffle un vent donné sans rencontrer d'obstacle (une côte) depuis l'endroit où il est créé ou depuis une côte s'il vient de la terre.
Pour le tombolo de Giens, il y a schématiquement 4 alternatives maximales :
-- Naissance sur les côtes du Maroc
Vent de Sud-Ouest, orienté 200°N, distance 700km, c'est le "Labech" ou "Labé"
-- Naissance depuis Palma de Majorque
Vent de Sud-Ouest, orienté 215°N, distance 400km, c'est le "Pounent"
-- Naissance depuis Perpignan
Vent d'Ouest, orienté 260°N, distance 250km, c'est le "Narbounes"

-- Naissance dans la vallée du Rhone
Vent de Nord/Ouest, orienté 315°N, c'est le "Mistral"

Le fetch relatif au Mistral qui va agir directement sur le tombolo n'est généré qu'à partir de Toulon soit environ 20 km.
-- Remarque
Pour une même vitesse, le vent de Sud-Ouest aura la possibilité de génèrer une houle plus dévastratrice que le Mistral car il aura un fetch plus important..
2a3 - Les vagues
Aux abords de la côte, l’ondulation régulière des vagues est contrariée par la faiblesse de la hauteur d’eau. L’onde qui les propage, jusque-là circulaire, devient ellipsoïdale et de plus en plus aplatie ; elles s’élèvent. Passé un certain point, l’ellipse se brise, les vagues se cassent, ce sont les fameux rouleaux qu’on voit sur les plages.

-- La direction du vent

-- La vitesse du vent

-- La durée

-- La hauteur

-- La fréquence

-- Les changements de direction influencés par le relief des fonds marins

2b - Les mouvements et déplacements du sable
-- Longitudinaux
La répartition sédimentaire est assurée par une dérive dominante nord-sud. Le transit longitudinal est d'environ 20000 m3/an (r7)
-- Transversaux

La présence de chenaux perpendiculaires à la ligne de rivage creusés par des courants de décharge transporteraient les sédiments du prisme littoral vers les fonds de -5m à -10m en dehors de la zone d'échange contribuant ainsi à la perte des sédiments du cordon
littoral. Le transit transversal est d'environ 3000 m3/an (r7)

3 - Solutions proposées en octobre 2018
3a -
Création de digues immergées
3a1 - Projet actuel d' ARTELIA

3a2 - Projet de Yves LACROIX

lacroix.univ-tln.fr/Almanarre_files/Rapport_Digues_Almanarre_2.pdf


3a3 - Projet JJ Blanc en 1973

3a4 - Questions sur la création de digues immergées
Indépendamment de leurs conceptions, de leurs positions, de leurs dimensions et de leurs nombres.
-- Sur quoi les construire ? (sable, beach rock, etc ...)
-- A quel niveau implanter le dessus des digue
s et par rapport à quels paramètres (marée astronomique et barométrique, hauteur des vagues ? etc.....

3b - Laisser faire la nature
-- Certaines personnes également compétentes, considèrent qu'il est peu réaliste de prétendre construire des ouvrages efficaces qui vont régler le problème d'érosion du tombolo ouest pour une centaine d'années . Vu les investissements colossaux qui vont être nécessaire, il ne faudrait que dans 20 ans il faille tout recommencer.
-- Si une tempête coupe le tombolo ouest :
---- la route, les réseaux d'eau potable, d'électricité et de téléphonie vont être unitilisables. Cela diminuera de 50% l'ensemble de ces services. Le plus gros risque concernera probablement celui de l'urgence des secours aux personnes et aux pompiers pour les incendies.
---- le salin des Pesquiers sera inondé par l'eau de mer et détruira le fragile équilibre de cet écosynthème.

4 - Alors, que faire ?
Cette page a été réalisé avoir de vous apporter un maximum d'informations sur ce sujet bien difficile à tout point de vue. Elle n'a pas la prétention de vous indiquer la solution "miraculeuse et pérenne" qui serait nécessaire pour sauver notre "double tombolo" ....... pour l'instant.

Tant que notre double tombolo a encore "ses deux bras" ......... profitons en !

Sources d'informations ayant été consultées :
https://archimer.ifremer.fr/doc/00077/18797/16374.pdf
http://lacroix.univ-tln.fr/Theses_files/these-Than.pdf
http://lacroix.univ-tln.fr/Theses_files/presentation-Than.pdf
http://lacroix.univ-tln.fr/Almanarre_files/HYERES-Scan/courtaud.pdf
http://lacroix.univ-tln.fr/Almanarre.html
http://lacroix.univ-tln.fr/Almanarre_files/these-Capanni.pdf
http://lacroix.univ-tln.fr/Almanarre_files/ERAMM101.pdf (r7)
www.hyeres.fr/presentation_tombolo_cocons_280417_v2.pdf
Salins d'Hyères Rapport d'activités 2012 2013 sans annexe
http://seatech.univ-tln.fr/La-protection-littorale-a-SEATECH.html
https://www.persee.fr/doc/medit_0025-8296_1982_num_46_3_2078
https://escales.wordpress.com/2010/09/09/comment-se-forment-les-vagues/

 

(1) Tableau relatif aux causes de l'érosion


(2) Graphique pression baramétrique


(3) Plan Olbia


(4) Mur Olbia dans la mer


Schéma de la formation du vent


Un conférence sur ce sujet aura lieu à la Maison de l'Environnement,
17 Rue Ernest Reyer à Hyères le mardi 19 février 2019 à 17h30.
Elle sera animé par Pierre Laville, Géologue et président de l'A.P.G. ainsi que par moi-même.
Le thème sera "Quelle est la part du changement climatique dans la vulnérabilité et l’érosion du tombolo occidental ?"

 


Le marais des Estagnets (vue de Giens) et l'extrémité sud du tombolo ouest.
A gauche la baie de Giens et à droite l'étang des Pesquiers

 

LE CONTE SUR LA FORMATION DU DOUBLE TOMBOLO DE GIENS A HYERES


Le double tombolo de Giens à Hyères est présenté sous forme d'un conte qui retrace l' histoire de sa formation depuis 28000 ans
à partir de documents réalisés par le géologue Jean-Joseph Blanc.
Octobre 2016

LE CONTE DU DOUBLE TOMBOLO

Le double tombolo de Giens à Hyères est présenté sous forme d'un conte qui retrace son histoire du début de notre millénaire jusqu'à nos jours.