GEOLOGIE LOCALE
LE DOUBLE TOMBOLO DE GIENS

Préambule

Le double tombolo de Giens est quelque chose qui m'a toujours passionné et je me suis souvent demandé comment celui-ci avait bien pu se former.
N'ayant aucune compétence particulière en géologie, je me suis documenté au fil des années afin d'essayer d'avoir "une approche" à cette question.
Je rédige "ma réflexion personnelle" sur cette page avec les documents collectés, sans aucune prétention, mais avec la simple ambition d'un peu vous "éclairer" sur le sujet. Vous pourrez à votre tour vous faire votre propre idée sur ce "fameux mystère" relatif à sa formation.
Avec les problèmes d'érosion du tombolo occidental, comme beaucoup d'entre vous, en me promenant, depuis plusieurs années j'ai photographié le triste état des lieux. La curiosité m'a incité à me documenter sur internet. La synthèse de mes recherches constitue la deuxième partie de cette page.
Mais qu'est-ce qu'un tombolo ?
La définition courante indique que « un tombolo est un cordon de sédiments reliant deux étendues terrestres. Le plus souvent, il s’agit d’un cordon littoral entre une île ou un îlot et la côte d'un continent ou d'une autre île. Le dépôt sédimentaire (généralement sableux) est le plus souvent causé par la réfraction du train de vagues due à l'île ».

Comment se forme un tombolo ?
La réfraction du train de vagues ? C’est le changement de direction imposé à la houle par un obstacle. Le train de vagues, ralenti et s’incurve en éventail en épousant la forme du rivage. L’élan de la houle est alors cassé, le vent ne pousse plus les vagues dans le même sens, l’énergie de la houle se perd dans le mouvement tournant, la mer lâche prise et tout ce qu’elle transporte tombe au fond. De coup de vent en coup de vent, les sédiments s’accumulent, forment un talus qui ralentit de plus en plus le flux… et finit par créer un rivage.
Pour qu'un tombolo se forme il faut que le rapport "d/L" soit inférieur à 1,5 ("d" est la distance de la côte du continent à l'île et "L" est la largeur de l'île dans la partie qui est parallèle à la côte. Pour notre tombolo nous avons 4km/6,5km= 0,6.
Si le rapport se situe entre 1,5 et 3,5 il y a formation d'un "saillant" à partir du rivage de la côte. Au delà de 3,5 il n'y a plus de dépôts significatifs.

Les doubles tombolos dans le monde
Le double tombolo de Giens est un phénomène géologique rarissime. Il n'en existe que cinq exemplaires dans le monde dont trois
dans la seule Méditerranée occidentale (Giens en France, Orbetello en Italie, et d'Ifach-Calpe en Espagne).

Hypothèse sur la constitution du double tombolo de Giens - (version avril 2013)
Les carottages effectués dans la glace dans la région de Vostok ont permis de reconstituer les variations du niveau des mers au fil des 420 000 dernières années.
Le dernier niveau "haut" des océans remonte à environ 120 000 ans et la dernière glaciation (niveau bas) à 18 000 ans.
Si le double tombolo existait déjà il y a 120 000 ans, il aurait forcement subit l'effet de l'érosion durant les 102 000 ans ou la mer a progressivement baissé son niveau pour atteindre -125 mètres.

En fonction des informations et réflexions détaillées sur cette page , je n'ai pas pu résister à la tentation de réaliser une "simulation" de ce qui "aurait pu se passer" depuis 100 000 ans.

Je vous rappelle que celle-ci n'est qu'une "hypothèse personnelle".

--- Documentation disponible
A partir de nouveaux documents (1) établis par BLANC Jean Joseph (géologue) dont j'ai pris connaissance en ce début d'année 2013, grâce à Pierre LAVILLE (géologue), je revois mon hypothèse initiale de 2007 afin que celle-ci soit cohérente avec ces dernières informations.
Je vais utiliser pour cela :
-- Plan A - Une coupe de terrain réalisée à partir d'un sondage au milieu du tombolo ouest,
-- Plan B - Un plan illustrant la présence d'un cordon antique induré devant l'ancienne cité d'Olbia,
-- Plan C - Une coupe de terrain dessinée après la réalisation d'un forage au village de La Capte sur le tombolo Est.
-- Plan D - Une coupe en travers du lit du Gapeau au niveau du quartier du Moulin Premier.
-- Plan E - Un plan illustrant la présence de "paléo-chenaux" dans le prolongement du Gapeau et du Pansard.

--- Réflexions
Si nous nous positionnons dans le temps à -11 000 ans.
-- Pour le tombolo Ouest nous avons des grès indurés datant de 28 000 BP qui nous indiquent une arête rocheuse entre l'Almanarre et Giens sous 3 à 6 mètres d'eau environ. (plan A et B)
-- Pour le tombolo Est nous trouvons sur le plan C :
---- du grès permien à partir de -70 mètres (250 Ma BP),
---- des éboulis à lentilles argileuses rouges de 40 à 70 mètres (de 11 000 BP à 3 Ma BP).

--- Première conclusion
Les différents sondages nous apportent la preuve que le double tombolo dunaire s'est constitué durant la dernière remontée des océans. (- de 18 000 ans). Celui-ci est donc tout récent ..... par rapport aux périodes géologiques.

--- Apport des alluvions
Il est écrit dans certains documents que le Gapeau se jetait à une certaine époque dans le "Port de Toulon". Si nous observons la carte des fonds marins en ce lieu, (plan F), nous constatons que la ligne des -30 m se situe juste au niveau de la digue du port et à seulement 400 m du rivage au large du Cap Brun et du Bou Rouge alors qu'elle est à 3000 m du tombolo ouest. Si le Gapeau s'était jeté dans le port durant quelques milliers d'années, la grande rade aurait probablement était remplie comme du côté d'Hyères. Sauf informations contraires, il peut être considéré qu'il n'y a aucun cours d'eau important qui puisse apporter des alluvions en provenance du côté de Toulon. Je considère alors que tous les dépôts constituant les tombolos proviennent donc du côté Est d'Hyères d'autant que la composition de ceux ci sont constitués de minéraux issus "des Maures" (plan C).



Ce plan de 1814 figure bien le double tombolo. Curieusement le cordon ouest est relativement large par rapport au côté Est - (zoom)


Plan A - coupe sur sondage - (zoom)


Plan B - cordon antique induré - (zoom)


Plan C - coupe sur forage tombolo Est - (zoom)


Plan D - coupe sur fleuve Gapeau - (zoom)

RECONSTITUTION DE L'EVOLUTION EN PLAN

Afin d'essayer de reconstituer la chronologie de la formation du double tombolo, j'ai utilisé comme base de travail une carte de 1638 qui est la plus ancienne et la plus précise, à ce jour en ma possession ..... pour l'époque. Les proportions ne sont que très approximatives, mais c'est le principe que nous recherchons !

* Plan n°1
- Nous sommes en 11 000 BP, le niveau de la mer qui remonte progressivement, est environ à la côte -50 m. qui correspond globalement à la fin des dépôts des éboulis à lentilles argileuses sous le tombolo Est (plan C). Le terrain émergé à ce moment là, remonte progressivement jusqu'au grès induré du tombolo Ouest. Le Gapeau commence à remplir son sillon d'érosion en apportant des alluvions en abondance (plan D) et remplit également les paléo-chenaux (plan E).
Le Pansard et le Roubaud y contribuent également.
La coupe du lit du Gapeau (plan D), nous montre que le sous sol profond en rive droite est du grès permien, alors que la rive gauche est constitué de phyllades avec une faille à la jonction des deux.
--- la ligne bleu schématise les rivages au niveau -50 m. [hors alluvions -> rocher brut supposé] par rapport à aujourd'hui = BP --> before present. Le plan E ci-dessous met en évidence le volume des alluvions apporté par le Gapeau entre Giens et le Cap Bénat.

--- La zone" alluvions Gapeau 1", schématise les apports fait par le Gapeau à son stade primaire lorsqu'il arrivait par la dépression de Saint Jean, bien avant les dernières ères glaciaires. Ces dépôts constituent probablement la sous couche de tout ces apports.
--- La zone "alluvions Gapeau 2", schématise les apports fait par le Gapeau à son embouchure actuelle et qui se sont superposés aux précédents en comblant les paléo-chenaux.


* Plan n°2
--- Les alluvions constitués de sables laguno-marins et d'argiles verdâtres puis les vases noires sont progressivement poussés vers l'ouest en direction de l'arête rocheuse située entre l'Almanarre et Giens durant la période de 8 500 BP à 5 000 BP pour faire des dépôts jusqu'au niveau -25 mètres environ. Sous l'effet des vagues, ces alluvions ne se déposent pas à l'horizontale, mais légèrement en pente, comme le fond sableux actuel.


Plan E - Implantation des paléo-chenaux et du niveau marin à -50m
(zoom)

 


Plan F - Mise en évidence des fonds marins supérieurs à 30 m
(zoom --> clic sur carte) - (zoom détail port de Toulon)

 

 


Graphique G - Variation du niveau des océans depuis 19 000 BP
(zoom)



(H) Malgré l'ouverture fréquente d'une brèche par les services municipaux afin de vider l'eau de la lone de la Dollieule (entre l'Ayguade et les Salins), le ressac de la mer ramène en permanence des alluvions qui l'obstrue à nouveaux. Cet exemple peut éventuellement illustrer la façon dont a pu se réaliser le cordon dunaire ?? - (zoom)

Plan n° 1 - (zoom)

Plan n° 2 - (zoom)

* Plan n°3
--- De 5 000 BP à 3 000 BP les dépôts de sable issus des Maures commencent à se déposer :
----- sous le tombolo Est : sur une épaisseur de 25 mètres ( niveau -1 mètre) --> plan C
----- sous le tombolo Ouest : sur une épaisseur de 3 mètres (niveau zéro). --> plan A
Durant cette période, la vitesse de montée des océans a nettement ralenti. Le niveau va se stabiliser vers la côte -1m --> graphique G

----- les vagues amènent progressivement du sable sur l'ensemble de l'arête rocheuse du tombolo ouest. Les vents d'Est déplace ce sable par dessus la dune et créent ainsi la plage de "La Manarre" [Almanarre]. Durant cette période cela peut également permettre la constitution de la zone marécageuse de l'Estève (l'étang de l'Estagnets).
----- Comme vu précédemment, il n'y a pas de possibilités d'apports de matériaux par l'ouest pour constituer cette plage.



Plan n° 3 - (zoom)

Photo retouchée illustrant le plan n° 3 - (zoom)
* Plan n°4
--- Le niveau des océans étant stabilisé au niveau actuel (en mètres) vers 2000 BP, les alluvions sont "ballottés" alternativement par les vents d'Est et d'Ouest..
--- Avec la faible hauteur d'eau, les courants marins commencent à créer l'amorce du tombolo Est à partir de Giens (voir "comment se forme un tombolo" ci-avant).
--- Les alluvions ramenés par les vents d'Est peuvent créer une dune émergée de part et d'autre l'embouchure du Gapeau,
--- Au fur et à mesure que le cordon Est progresse vers le nord, il bloque progressivement, puis totalement, l'apport de nouveaux alluvions vers le tombolo Ouest.

Plan n° 4 - (zoom)

Photo retouchée illustrant le plan n° 4 - (zoom)
* Plan n°5
--- Les dépôts d'alluvions continuent à engraisser le cordon dunaire Est qui finit par faire la jonction avec celui du Gapeau.
--- Les crues du Gapeau commencent à remplir "le couloir" situé entre la côte et le cordon dunaire Est. A ce moment là, les eaux peuvent s'écouler vers l'Almanarre avec celles du Roubaud et se retrouvent emprisonnées entre les deux tombolos. Cela favorise le dépôt de vases d'étangs (plan A).
--- A partir de ce moment là, le tombolo Ouest est totalement privé d'apports de nouveaux matériaux et va commencer à régraisser. Chaque fois "qu'un grain de sable" sera emporté vers l'Est dans le nouveau marais, il ne reviendra plus et tous les prélèvements qui seront faits par l'homme ultérieurement ne feront qu'accélérer le phénomène.

* Plan n°6
--- Les
quantités d'alluvions apportés par les crues du Gapeau commencent à créer des zones de marécages.
--- Le cordon dunaire Est continue à s'engraisser,
--- Lors des orages, le Roubaud alimente "l'étang" qui vient de se former entre l'Almanarre et Giens.


Plan n° 5 - (zoom)


Plan n° 6 - (zoom)

* Plan n°7
--- Lors des crues du Gapeau, les marécages sont progressivement comblés et diminuent de surface.
--- A l'Est de l'embouchure du Gapeau les zones marécageuses sont progressivement aménagées pour collecter du sel à partir du début du millénaire par les grecs puis les romains.
--- A partir de 1480, le Roubaud draine les eaux de fuite du canal Jean Natte et il est canalisé jusqu'à l'étang du Pesquier.
--- Les prélèments de matériaux dans la baie de Giens et les tempêtes contribuent à la lente régression du tombolo Ouest.


* Plan n°8
--- Plans d'archives de 1634 réalisé par Christophe Tassin. Il correspond au plan n° 7 de l'évolution du double tombolo.


Plan n° 7 - (zoom)


Plan n° 8 - (zoom)

RECONSTITUTION DE L'EVOLUTION EN COUPE

L'assemblage des plans A et C, ci-avant, constitué des coupes de terrains réalisées vers le milieu du double tombolo, permet également d'essayer de reconstituer "le puzzle" de la formation du double tombolo en remontant dans le temps. Nous allons "supposer" pour cela que nous avons un dépôt "rectiligne" pour des dépôts de même nature entre les tombolos Ouest et Est.
L'échelle des hauteurs est 5 fois supérieure à celle des longueurs afin de faciliter la compréhension des différentes coupes.

* Coupe vers 11 000 BP
- Sous le tombolo Ouest, les grès indurés du pléistocènes sont en place depuis 28 000 BP. Nous ne connaissons pas son évolution vers l'Est.
- Sous le tombolo Est, les éboulis à lentilles argileuses rouges solifluées à éléments de phyllades de Giens arrivent au niveau -39.5m, alors que le niveau de la mer est à -50m. environ (source CNRS).
Nous avons là une petite énigme car le niveau de la mer devrait se situer au dessus de ces dépôts.
- Nous ne connaissons pas l'évolution du niveau supérieur du grès permien vers le tombolo Ouest.

* Coupe vers 8 000 BP
- Sous le tombolo Ouest, nous avons une couche peu épaisse de matériaux non déterminés au dessus des grès pléistocènes.
- Sous le tombolo Est, la partie supérieure des dépôts des sables laguno-marins et argiles verdâtres de la période du Boréal est au niveau -32.5m.
- La niveau de la mer est au niveau -20m. environ, ce qui est cohérent.

* Coupe vers 5 000 BP
- Sous le tombolo Ouest, un mélange de sables, limons argileux noirs coquilliers et limons lagunaires se déposent sur une épaisseur de 3 à 5m.
- Sous le tombolo Est, le niveau supérieur des vases noires et mattes d'herbiers incarbonisées est au niveau -24.5m.
- Le niveau de la mer est au niveau -3m. environ.

* Coupe vers 3 000 BP
- Sur le tombolo Ouest, le sable qui se dépose en abondance durant cette période va finir par recouvrir les précédents alluvions. C'est à priori, le seul moment ou la plage de l'Almanarre va pouvoir se constituer avant que la formation du tombolo Est ne "bloque" l'apport des alluvions vers l'Ouest.
- Sous le tombolo Est, une épaisseur de 25m. de sables de plage à minéraux issus des Maures s'est déposée.
- Le niveau de la mer est au niveau -1m. environ.

* Coupe vers 2 000 BP
- Sur le tombolo Ouest, la dune s'est formée jusqu'à un niveau +2 mètres et des vases se sont déposées au fond de l'étang.
- Sur le tombolo Est, les dépôts de sable émergent et donnent naissance au cordon dunaire du tombolo.
- Le niveau de la mer est globalement au niveau actuel. Nous pouvons observer que la partie inférieure des dépôts de sable a une pente moyenne de 1,7 cm/m.

* Conclusion
- En fonction des observations ci-avant, il semble que le tombolo Est n'a pu se former et "émerger" de façon permanente que depuis une période inférieure à 3 000 ans. En effet, il y a 5 000 ans, les premiers dépôts de sable se sont fait alors que le niveau de la mer était 20 mètres au dessus.
Pour déposer 20m. de sable, il a probablement fallu plus de 2 000 ans (correspondant à 1m. tout les 100 ans).

Je vous rappelle que tout le texte ci-dessus n'est qu'une "hypothèse personnelle", établie suivant l'argumentation que je viens de développer.

BRECHES SUR TOMBOLOS

 

* Plan n°9, 10, 11 et 12
Ces extraits de cartes de 1715 et 1727, qui sont assez schématique, mettent en évidence une particularité à cette date.
Nous pouvons constater qu'il existe une brèche au travers de chaque tombolo (plage de "la Manarre" et plage d'Hyères).
Ces brèches ont probablement été occasionnées à la suite d'une importante tempête ou un fort débordement du Gapeau au travers des marécages. Le percement volontaire d'un canal est fort peu probable, car à cette époque les pêcheries dans l'étang faisait l'objet d'une activité commerciale.
* Plan n°13
37 ans plus tard, sur cet extrait de carte de 1764 nous constatons que la brèche dans le tombolo Ouest a été obstruée.

Un canal semble avoir été aménagé dans le tombolo Est, afin d'évacuer les eaux excédentaires de l'étang. La bastide des Pesquiers a été construite au niveau de ce canal.

* Autres brèches
Nous retrouvons dans les archives du Conseil Général de la Communauté lors de la délibération du 9 juin 1767 :
"Cette année là, le Gapeau a débordé plusieurs fois de façon très importante. Les quantités d'eau ont été telles que toutes les terres au sud du Gapeau ont été envahies ainsi que l'étang du Pesquier. Le niveau des eaux a fini par créer une brèche sur le cordon ouest du tombolo, libérant une grande partie des poissons qui s'y trouvaient."

 


Plan n° 9 vers 1700 - (zoom)
https://gallica.bnf.fr

Plan n° 10 vers 1700 - (zoom)
https://gallica.bnf.fr

Plan n° 12 de 1727- (zoom)

Plan n° 13 de 1764 - (zoom)
https://gallica.bnf.fr

* Carte n°12

Sur la carte marine actuelle ci-contre nous pouvons observer, en lisant les chiffres, une déclivité progressive de la plage vers le large sans remontée du fond marin de façon significative. Nous atteignons environ les 25 mètres de profondeur en face le port de La Madrague.

(1) "Les tombolos de Giens, Olbia et le Gapeau : Géologie et contexte archéologique" de BLANC Jean Joseph

Remerciements :
- à Pierre LAVILLE pour les documents qu'il m'a communiqué et qui m'ont permis d'actualiser cette page en avril 2013.
- à mon ami Richard R. pour le prêt de la carte marine
.



Carte marine n° 12- (zoom)
LA LUTTE DESESPEREE DU TOMBOLO OUEST
Historique jusqu'en 2008

La flèche littorale orientale qui n'a qu'une largeur de 25 à 80 mètres sur une grande partie de sa longueur, est toujours confrontée au problème de l'érosion, notamment dans sa partie la plus au nord.

Une quantité importante de sable a été prélevée sur le tombolo pour réaliser des travaux :
--- Au XVIIème et XVIIIème siècle, lors de l'agrandissement du port de Toulon.
--- Au XIXème siècle, lors de l'aménagement des tables salantes.
Ces différentes actions ont réduit d'une façon importante et irréversible la largeur initiale du tombolo.

Jusque vers 1800, ce cordon dunaire est la seule voie d'accès jusqu'à la presqu'île de Giens (plan n°1). Elle est quelquefois coupé comme le figure des cartes anciennes vers 1700, 1715, 1727 (voir ci-dessus) et 1882. Des archives nous indiquent que le cordon ouest a également été rompu lors de tempêtes en 1767, 1811 et 1917.

En 1848, pour protéger les marais salants en pleine extension, on tente de fixer le trait de côte par des enrochements et l'enfouissement de rails de chemin de fer dans la dune, là où ont eu lieu les prélèvements de matériaux. En 1917, le cordon dunaire est à nouveau rompu lors d'une nouvelle tempête.

En 1930, un collecteur d'égout de 600 mm est immergé au large de l'Almanarre (photo n°2) et va donc rejeter une "certaine" quantité d'eau douce au milieu des bancs de posidonies. Leur santé et leur développement étant conditionnés par une salinité devant être comprise entre 37 et 38 grammes par litre ceci ne va pas favoriser leur prospérité.

En 1969, la Compagnie des Salins du Midi cède gratuitement le cordon littoral à la commune, qui s'engage en contrepartie à protéger les marais d'une intrusion de la mer.
Celle-ci, lors de la délibération n° 64 du 30 mai 1969, officialise le lancement de la création d'une route goudronnée à double sens de circulation de 6m de largeur environ, entre l'Almamarre et Giens afin de décongestionner la route de la Capte durant la période estivale. Ces travaux seront réalisés rapidement puisque nous retrouvons la route sur la photo aérienne de 1969 (sans précision du mois). Une conduite d'eau potable de 250mm sera également posée en 1970 à environ 20m à 30m du rivage (photo n°3) afin de renforcer l'alimentation de Giens, ainsi qu'une ligne électrique aérienne de haute tension. [Le restaurant "le Passe Pied" sera ultérieurement construit en plein sur cette conduite. A ce jour des "fragments" de cette canalisation se situent à environ 8 mètres du rivage (photo n°4). La plage semble donc avoir reculé de 15m en ce lieu.]

L'ensemble de ces travaux de terrassement va détruire partiellement la végétation qui fixait le sable. Avec l'ouverture de la route à la circulation, c'est 4 kilomètres de plage supplémentaire qui s'ouvre aux touristes.
A ce moment là, plusieurs phénomènes vont venir aggraver rapidement la déstabilisation de la dune :
-- la mise en place d'ouvrages lourds (enrochements et palissades de rondins) destinés à protéger cette route de la mer (photo n°5 + 6),
-- le nettoyage régulier de la plage durant le tiers de l'année afin qu'elle soit "bien propre". Ceci va éliminer tous les bancs de posidonies mortes qui recouvraient le sable et le protégeaient des coups de mer et du vent (photo n°7 + 8). A ce jour, le ramassage des posidonies est beaucoup plus ponctuel.


(1) La carte Cassini de 1780 nous montre que l'accés à la presqu'île de Giens ne se fait que par le tombolo ouest. Sur le tombolo Est le chemin dans la partie nord s'arrête au "Gras passage" de la "Catte" (Capte) - (zoom)


(2) Les brèches dans la dune se produisent pratiquement toujours dans le même secteur nord du tombolo. L'émissaire de rejet en mer est positionné sur le plan - (zoom)


(3) Terrassement en 1970 pour la pose de la conduite d'eau potable - (zoom)


(4) Photo à comparer à la précédente (3)
La conduite d'eau potable de 250mm posée vers 1970 est depuis longtemps abandonnée. Elle est aujourd'hui à environ 8 mètres du rivage et se trouvait initialement sous le restaurant "Le Passe pied" - (zoom)

(5) Reste de pieux et de géotextile de palissades qui
constituaient initialement la protection de l'arrière
de la plage. Cela donne une idée du recul de celle-ci - (zoom)
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(6) Bien que peu efficace, la technique des enrochements
et palissades de rondins est toujours utilisée - (zoom)




(7) Plage "propre" débarrassée des mattes de posidonies.
Cela la rend beaucoup vulnérable aux coups de mer
et à l'érosion du vent - (zoom)
.
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-- le piétinement systématique des végétaux va les faire progressivement disparaître et le vent d'ouest va déplacer des tonnes de sable dans les marais salants,
-- l'absence d'apports sédimentaires par l'ouest ne permet pas de compenser tout le sable qui est déplacé des zones sensibles,
--
l'herbier de posidonies qui est de plus en plus en mauvais état, ne semble plus jouer pleinement son rôle d'amortisseur de houle et de fixateur des éléments fins,
-- la montée lente, mais régulière du niveau marin ne peut qu'aggraver la situation.

Après une importante tempête en décembre 1976, le cordon dunaire est emporté une nouvelle fois sur plusieurs centaines de mètres et la conduite d'eau potable est cassé en plusieurs endroits. Cela conduira la commune et la Cie Générale des Eaux à remplacer
-- en 1977 une longueur de 1000 mètres,
-- en 1979 une longueur de 800 mètres.
Cette canalisation sera progressivement remplacée sur les 4 km et déplacée d'environ 20 mètres (en moyenne), en bordure du canal de ceinture (canal périphérique des marais salants).
Il est à noter que la ligne aérienne à haute tension a été enterrée pour des raisons de sécurité.

Après chaque tempête, la commune de Hyères va reconstituer le cordon dunaire avec des dizaines de milliers de tonnes de terre et de débris de chantiers. Le cordon qui n'a désormais plus rien de naturel va résister de moins en moins bien, s'effondrant par pans entiers sous l'assaut des vagues (photo n°9). Parallèlement, afin de contenir le recul de la plage, on y a déversé d'importantes quantités de galets roulés prélevés dans la rivière Durance (photo n°10). Or, en générant entre eux des micro-courants, ces galets vont accélérer la fuite des éléments fins et éliminer progressivement le sable qui sera repris par les courants (photo n°11).

En 1993, la municipalité soumet à l'enquête publique trois versions d'un vaste projet de réhabilitation du tombolo occidental élaboré par la DDE. Les associations de protection de l'environnement et les scientifiques optent pour la fermeture de la route du sel. Face à eux, les professionnels du tourisme considèrent cette route comme un outil économique indispensable. Plus qu'une desserte de la plage de l'Almanarre, elle est devenue en période estivale un lien nécessaire entre le continent et une presqu'île de Giens qui a été considérablement urbanisée : 20 000 personnes y séjournent l'été, 300 000 personnes y embarquent chaque année pour l'île de Porquerolles, les établissements hospitaliers y emploient plusieurs centaines de salariés; soit un trafic de 16 000 véhicules par jour l'été, dont le tiers utilise la route du sel.


(8) Plage "naturelle" avant nettoyage des mattes de posidonies.
La protection est maximum - (zoom)
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(9) Remblais qui s'effondrent sous la force des vagues
(zoom)
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(10) Plage reconstituée avec des galets roulés de la Durance et vestiges de 3 pieux qui maintenaient les palissades en arrière de plage, il y a une vingtaine d'années - (zoom)

Si cette dernière venait à être supprimée, il faudrait doubler la route empruntant le tombolo oriental, supprimer les réseaux d'eau potable, d'électricité et câbles marine toujours enfouis dans le cordon dunaire, déplacer l'embarcadère de la Tour Fondue et ralentir l'urbanisation galopante de la presqu'île de Giens. Enfin et surtout, les services de secours mettent en avant la nécessité d'une seconde voie d'évacuation, notamment en cas d'incendie de forêt sur la presqu'île.
Face à la polémique, la municipalité préfère différer sa décision. Or six mois plus tard, le 6 janvier 1994, une violente tempête détruit une partie de la route du sel et ouvre une nouvelle brèche dans le cordon. Tous les projets sont alors abandonnés et la gestion du site est confiée au Conservatoire du Littoral qui accepte de mettre en place un programme de protection et de réhabilitation du tombolo qui consiste essentiellement :
-- à la pose de ganivelles sur l'ensemble du cordon dunaire afin de permettre la reprise et le développement de la végétation qui fixe la dune
(photo n°12),
-- au déplacement en 1994 de la route en bordure du canal de ceinture des marais salants avec fermeture de celle-ci à la circulation automobile du mois de novembre à avril
(photo n°13 + 14 + 15),
-- à la suppression des parkings dans la partie nord de la route du tombolo, avec ouverture d'un grand parking gratuit (photo n°16) au niveau du giratoire de l'Almanarre,
-- au déplacement de la conduite d'eau potable et de la ligne électrique à haute tension en bordure du canal de ceinture des marais salants,
-- à l'initiation d'un plan global de protection de la presqu’île de Giens, associant l’État et les collectivités locales.

Le Conservatoire du Littoral achète en 2001, les anciens salins d'Hyères.

Depuis le début de ce programme de réhabilitation le bilan est mitigé. Dans la partie sud du tombolo, les ganivelles fonctionnent bien et la plage, profitant des sédiments arrachés à la partie nord, est en phase d'accrétion (photo n°17) . Au nord en revanche, la végétation ne reprend pas (photo n°18) et la mer continue d'ouvrir les deux brèches principales (photo n°19 + 20) ; lesquelles doivent être colmatées quatre à six fois par an. Les dunes sur lesquelles ont été posées les ganivelles commencent à être déchaussées (photo n° 22). Au début du mois de janvier 2001, en une nuit, une tempête a totalement détruit 100 mètres de dune, projetant 1 500 à 2 000 m3 de sable dans le canal situé en arrière de la route (photo n° 21). En cette période pré-électorale, la municipalité s'est empressée de restaurer le site. En moins d'une semaine, 5 000 tonnes de sable de carrière ont été amenées sur le site et la dune a été reconstruite sur 500 mètres de longueur (chantier estimé à plus d'un million de francs).


(11) Détail des galets roulés de La Durance


(12) Mise en place de ganivelles longitudinales et transversales afin de piéger le sable et de permettre le développement de la végétation - (zoom)


(13) La route originale rejoint progressivement la mer
lors de chaque tempête - (zoom)


(14) A droite, la nouvelle route étroite à double voie interdisant
le stationnement des véhicules. Au centre, le talus vierge
de toute végétation reconstitué après la tempête - (zoom)

(15) La route du sel est barrée de novembre à avril



(16) Grand parking ouvert durant la période estivale
(zoom)

(17) Dans le sud du tombolo ouest la plage est en phase d'accrétion - (zoom)

(18) La fragilité de la dune ne permet pas à la végétation de se développer - (zoom)

(19) Le cordon dunaire de protection a été emporté à droite
dans le canal de ceinture. La mer est à moins de 10m du bord de la route - (zoom)

(20) Là encore le cordon dunaire artificiel n'a pas résisté - (zoom)



(21) Les posidonies et le sable ont traversé la route pour aller
se jeter dans le canal - (zoom)

Même si la route du sel peut difficilement être supprimée en l'état actuel des choses, force est de constater que le fil directeur des aménagements consiste comme depuis prés de 40 ans à maintenir le trait de côte. Or il s'agit là d'un non-sens écologique dans la mesure où il est impossible de faire coexister sur moins de trente mètres de large une route goudronnée à double sens et un système dune-plage naturellement mobile, qui plus est en régression (photo n° 22).
Un comparatif ponctuel (1000m au sud du début du tombolo) entre un fond de plan de 1970 et une photo satellite de Google Maps fait apparaître un recul du trait de côte de 8 mètres environ. Ce qui fait une régression moyenne de la dune de 20 cm par an en ce lieu !
Plus globalement, outre le fait qu'elle est perdue d'avance, cette lutte va devenir de plus en plus difficile et onéreuse. En effet, le niveau de la mer ne cessant de monter et la plage de reculer, la dune artificielle non végétalisée s'en trouve chaque année plus haute, plus mince et plus abrupte (photo n° 23 et 24) , donc plus vulnérable.
Prenant acte de cette fuite en avant, certains responsables prônent aujourd'hui un « accompagnement de l'évolution naturelle ». Il s'agirait de supprimer la route et laisser la mer percer le cordon pour envahir librement les marais, tout en engageant un véritable travail de restauration du cordon.
Il reste encore beaucoup d'obstacles techniques, financiers et politiques à lever pour déplacer sur le tombolo oriental :
-- l'ex "route du sel" (maintien d'une deuxième route de sécurité),
-- les réseaux d'eau potable, d'électricité et cables téléphoniques (avec difficultés techniques et allongement des réseaux dus au contournement des marais),
-- l'embarcadère de la Tour Fondue (diminution du flux de véhicules vers la presqu'île).
Techniquement, les scientifiques ne sont pas en mesure de prévoir ni de maîtriser le cheminement de la mer dans les marais. Il est donc impossible d'en cerner les conséquences à moyen et long terme pour l'ensemble du tombolo et son environnement proche. A ce titre, les premiers carottages ne sont pas encourageants puisque la quantité de sable disponible serait beaucoup plus faible que prévue.
Juridiquement, on peut s'interroger sur le risque contentieux inhérent à ce type de décision, car, outre la nature et l'intensité des préjudices, il sera difficile d'en déterminer les responsabilités et les atteintes aux propriétés et aux intérêts privés.

Depuis maintenant environ 50 ans, la commune d'Hyères, puis maintenant le Conservatoire du Littoral colmatent régulièrement les brèches ouvertes par la mer dans la partie nord lors des tempêtes.

Les photos illustrant cet article ont été prises en 2008.

Depuis cette date, les brèches sur le point sensible s'ouvrent assez souvent lorsque le mistral souffle très fort. Les engins de terrassement remettent alors les lieux en état ...... jusqu'à la prochaine tempête !

 

Les informations ci-dessus ont été partiellement extraites des sites :
http://rives.revues.org/document49.html
- http://www.cabotages.fr/ - http://www.yaquoi.com/Le-tombolo-de-Giens-une-operation

ainsi que du livre de Georges Bronner "De la rade d'Hyères à l'Estérel" - Editions Jeanne Laffitte

 


(22) Signe évident du recul de la plage
Dans cette partie, la dune a été emportée
et les ganivelles ont été déchaussées - (zoom)


(23) La plage et la dune reculent vers l'Est et
se rapprochent de la nouvelle route - (zoom)



(24) La plage rétrécie et le talus artificiel devient
de plus en plus abrupt - (zoom)

Photos aériennes anciennes,témoins de l'évolution de la "route du sel"
dans la partie vulnérable

Origine des photos anciennes
Les photos ci-après de 1924 à 1995 ont été téléchargées à partir du site : http://remonterletemps.ign.fr
. Celles de 2007, 2013 et 2018 sont extraites de Google Earth.
J'ai sélectionné les meilleures dans la zone où il y a eu trois brèches principales en janvier 2018, en essayant d'avoir un cycle de 10 à 15 ans entre chacune d'elles, en fonction des images disponibles et exploitables. L'objectif est de pouvoir observer les différentes évolutions du cordon dunaire sur ce tronçon durant cette période.


Année 1924

Cette photo (origine A.P.G) est extraite d'un document à grande échelle qui a été fortement zoomé. La qualité est donc médiocre, mais a le mérite d'exister.
A cette époque la route du sel n'est qu'un chemin au milieu de la dune.
Nous pouvons observer à droite une zone avec une végétation dense.
Le point "repère" se retrouvera sur les autres photos afin d'observer les changements autour de celui-ci

 

Année 1931
On observe un étier qui aboutit à un étang triangulaire dans lequel semble subsister la dune originale avant la réalisation des marais salants à partir de 1850.
Le canal de ceinture peut avoir été taillé dans la largeur de la dune et non en limite Est de celle-ci,



Année
1943

En face du point "repère", nous pouvons observer un décrochement très net sur la plage qui témoigne d'un prélèvement important de sable au niveau de cette zone. Une marque sombre sous la surface de l'eau est également visible dans cet alignement. La construction d'ouvrages militaires à cette époque n'y est probablement pas étrangère.
Sur cette photo d'une meilleure qualité p/r à celle de 1931, on peut :
-- apercevoir un sentier qui serpente vers le sud,
-- remarquer à l'extrême droite de l'image, une zone avec une végétation dense (détail zoom),
-- constater que le canal de ceinture semble se terminer au sud de l'étang triangulaire.
Il n'y a rien d'évident ensuite.

Année
1959

-- On peut remarquer qu'au droit du prélèvement de sable, le canal de ceinture a été déplacé vers l'Est et fait un léger décrochement. Une amorce de canal a été creusé à l'Est de ce déplacement sur 280m jusque dans l'alignement du point repère. Ce sont les premiers travaux réalisés pour compenser le recul de la plage ...... créé par l'homme.
-- Egalement face au repère, le décrochement dans la plage observé en 1943 s'est partiellement comblé par des transferts de sable; un peu plus au nord et un peu moins au sud.
(détail zoom)



Année
1969

-- Nous voyons maintenant la "route du sel" juste à l'ouest du canal de ceinture initial. Elle a été mise en service cette même année afin de décongestionner la circulation automobile vers, et depuis, la presqu'île de Giens.
-- Le canal amorcé (vu sur photo de 1959) a été prolongé jusqu'au nord des tables salantes ainsi que vers le sud au delà de l'étang triangulaire. Il y a maintenant 2 étiers en parallèle.
--
Le décrochement dans la plage observé en 1943 et 1959 a totalement disparu car il a été comblé par des transferts de sable.
-- Nous pouvons remarquer qu'à cette date, les tempêtes ont déjà transféré le sable de la plage dans le canal de ceinture initial. Ceci explique probablement la création de ce nouveau étier. On commence à reculer face à la mer. (zoom)

 


Année
1983

-- Le canal de ceinture initial a disparu et a été remblayé.
-- Sur ce tronçon, l'ancienne route a été abandonnée ainsi que la conduite d'eau potable.
-- C'est une nouvelle route qui a pris la place du canal de ceinture original sur une bonne longueur (zoom).
--
Tout ceci confirme notre recul face à la mer.
-- Les vacanciers peuvent dorénavant stationner sur ce tronçon et rejoindre plus facilement la plage.
-- Le restaurant de plage "Le Passe Pied" est maintenant en place ..... bien à cheval sur la conduite d'eau potable de 250mm avec 9 bars de pression. Par chance, malgré les nombreuses fuites qui firent de beaux geysers, aucune ne se produisit sous le restaurant ! (détail zoom)
-- A ce moment là, des enrochements et des palissades de rondins ont été mis en place afin d'essayer de stabiliser la dune.
-- Au fil du temps, les photos témoignent de la disparition progressive de la végétation.


Année
1995

Après la tempête de 1994, un tronçon de la Route du Sel est déplacé dans la partie nord en bordure du canal de ceinture.
-- 15 000 tonnes de graviers de La Durance + 7 000 tonnes de sable ont été amenées afin de compenser le recul de la plage.
-- Le canal de ceinture continue maintenant jusqu'au sud du tombolo,
-- Le restaurant "Le Passe Pied" est toujours là, avec semble t'il, face à lui, la plage un peu moins large.


Année
2007

-- Depuis 1995, environ 7 000 tonnes de sable de rivière et plus de 7 000 m3 de posidonies ont encore été amenées.
-- 1 938 tonnes d'enrochements ont été retirées.

-- Le restaurant "Le Passe Pied" a disparu.
--
Nous constatons que dans l'alignement de la brèche, du sable traverse l’étier et se retrouve dans les tables salantes.


Année
2013

--
Entre 2007 et 2013, environ 8 000 tonnes de sable de rivière et une certaine quantité de posidonies (non comptabilisée) ont encore été amenées.
-- Lors de la prise de cette photo le 15/02/2013, nous constatons qu'une tempête a remblayé le canal de ceinture à droite du point repère.






Année 2018

-- Depuis 2013, nous n'avons trouvé aucune trace, dans les archives, de l'apport de matériaux.
Pour autant, en 18 ans (entre 1994 et 2012), ce sont tout de même 42000 tonnes (et m3) d'apport de matériaux qui a été réalisé sur le site. Cela représente un défilé de 2 800 camions de 15 tonnes ! (détail tableau 43 ci-après).
-- Sur cette photo du 15/02/2018, les bancs de posidonies mortes se font balloter par les vagues.
-- Au droit de la brêche principale, le canal de ceinture est encore partiellement obstrué par le transfert de sable à partir de la plage.

 

De combien de mètres a reculé le cordon dunaire du tombolo ouest depuis 1828 ?


1 - Préambule
Les photos aériennes anciennes nous ont permis de suivre l'évolution du cordon dunaire depuis 1924.
Nous allons essayer de remonter encore le temps, en utilisant les cartes anciennes à notre disposition afin de déterminer comment a reculé le cordon dunaire depuis 1828.
Pour répondre à cette question, nous allons utiliser Google Earth qui va nous permettre de faire des superpositions d'images ainsi que des mesures de distances.
Les trois documents choisis sont disponibles sur le net ;
-- La photo aérienne de Google Earth 2017,
-- La photo aérienne de Géoportail de 1943,
-- Le plan du cadastre Napoléonien de 1828. C'est le premier plan fiable pour l'exactitude de la représentation graphique de l'état des lieux. Le résultat des mesures que nous obtiendrons n'a pas la prétention d'être d'une précision absolue mais devrait nous donner un bon ordre d'idée.
-- La carte Cassini de 1780 n'a pas été retenue car il n'y a que 50 ans d'écart entre les deux et on constate sur Géoportail une forte distorsion en largeur lors des superpositions d'images entre Google Earth et Cassini.

2 - Diaporama de la procédure suivie et des mesures obtenues ci-dessous


Cliquez sur l'image puis sur "ouvrir avec"
Attendre une dizaine de secondes pour le téléchargement du diaporama

l'avancement (ou le retour) du diaporama se fait à votre convenance en faisant tourner la molette de votre souris.

3 - Résultat des mesures
Par rapport aux mesures de Google Earth, les valeurs seront arrondies au "mètre".

** Nous constatons qu'au droit du repère R6 et de la borne B08 le trait de côte a reculé de 24 m. environ et il ne reste aujourd'hui qu'un cordon dunaire de 25 m.
** En 189 ans, nous en avons perdu la moitié.
** La procédure suivie précédemment a évité de se repérer par rapport à des ouvrages qui avaient bougé dans le temps (route, canal de ceinture et bornes EDF) et qui n'étaient pas fiables.

 
Rappel historique des dégâts et travaux de protection du tombolo occidental

Tempête d'octobre 2009 - L'ancienne route a maintenant
les pieds dans l'eau et se fait détruire petit à petit - (zoom)

Tempête d'octobre 2009 - Où est la route ?
Où est le canal de ceinture ? - (zoom)

Tempête d'octobre 2009 - Le canal de ceinture est entièrement rempli du sable de la dune - (zoom)

Tempête d'octobre 2009 - Les barrières
de protection ont été emportées - (zoom)

Tempête de janvier 2016 - Houle qui déferle
sur la plage - (zoom)

Tempête de janvier 2016 - La mer envahit les passages
pour rejoindre la route et le canal de ceinture - (zoom)

Tempête de janvier 2016 - La mer traverse
la route et envahit le canal de ceinture - (zoom)

Tempête de mars 2017
Où est la route et où est la plage ? - (zoom)
 
Etat des lieux en 2018

1 - Localisation des bornes de repère EDF à l'Est de la route

Après avoir géolocalisé les bornes repère EDF (numérotées de 3 à 34), et faute d'archives localisant les ablations du tombolo antérieures à 2018, j'ai positionné les brèches de janvier puis celles de novembre [listées sur le tableau (1)].

Ce travail a été entrepris avec mes modestes moyens ; en l'occurrence un GPS de randonnée + un téléphone mobile avec une application spécifique (afin d'avoir une double information).

Cela me permettra, à l'avenir, d'avoir des points de repère pour suivre l'évolution du tombolo même si ceux ci ne sont pas d'une extrême précision.


(1) tableau de repérage des bornes et position des brèches
en janvier et novembre 2018- (zoom)
 


2 - J
anvier 2018

Entre le 27 décembre 2017 et le 22 janvier 2018 (27j), il y a eu 16 jours avec des rafales variant de 70 à 100 km/h (2). Une fois encore, plusieurs brèches se sont ouvertes sur la zone nord.

2a - localisation des brèches


2a1 - Brèche 1

-- Distance par rapport à la barrière nord : 260 m.
-- Position début brèche (nord) : 32T 0266139 4773220
-- Position fin brèche (nord) : 32T 0266211 4772891
-- Longueur : 340 m.

2a2 - Brèche 2

-- Distance depuis la fin de la brèche 1 : 70 m. (cumul depuis la barrière : 670 m.)
-- Position début brèche (nord) : 32T 0266230 4772823
-- Position fin brèche (nord) : 32T 0266259 4772680
-- Longueur : 145 m.

2a3 - Brèche 3

-- Distance depuis la fin de la brèche 2 : 355 m. (cumul depuis la barrière : 1170 m.)
-- Position début brèche (nord) : 32T 0266360 4772336
-- Position fin brèche (nord) : 32T 0266377 4772141
-- Longueur : 200 m.

2a4 - Brèche 4 partielle

-- Distance depuis la fin de la brèche 3 : 30 m. (cumul depuis la barrière : 1400 m.)
-- Longueur : 100 m.

2a5 - Localisation des 3 brèches principales en janvier 2018. (22)

2b - Bilan des dégâts
Longueur totale des brèches = 685 m.
Longueur brèche partielle = 100 m.

 


(2) Graphique du site "infoclimat.fr" relative au mois de janvier 2018 avec mise en évidence des vitesses supérieures à 70 km/h - (zoom)


(4) Brèche 1 - Il ne reste plus grand chose de la dune reconstituée
précédemment. Un morceau de la conduite d'eau potable
posée en 1970 a été arraché de la plage - (zoom)


(6) Fin de la brèche 1 entre les bornes n°8 & 9.
Sur la plage, on voit bien le point d'érosion maximum de la plage
A l'extrême droite, à l'Est du canal de ceinture, le talus a été rehaussé
afin de protéger les tables salantes - (zoom)


(8) Brèche 2. En arrière plan, le début de la brèche.
(zoom)


(3) Début de la brèche 1 (la plus au nord).
Elle est face à la borne n°5. La dune "survivante"
est déja bien érodée - (zoom)


(5) Brèche 1 - Les bancs de posidonies stockés
sur la plage pour la protéger ont été emportés dans
le canal de ceinture et l'ont complètement obstrué - (zoom)


(7) Dune reconstituée survivante face à la borne n°9,
entre la fin de la brèche 1 et le début de la 2
à l'extrême droite de la photo - (zoom)


(9) Brèche 2. Une nouvelle fois, le sable
de la dune est allé obstruer le canal de ceinture - (zoom)


(10) Brèche 2. Vue d'ensemble - (zoom)

(11) Fin de la brèche 2 entre les bornes n°10 et n°11- (zoom)

(12) Dune survivante entre la brèche 2 et la brèche 3
Il n'y a plus beaucoup de végétation qui la maintient - (zoom)

(13) Début de la brèche 3 vers la borne n°14
(zoom)

(14) Vue vers le début de la brèche 3
avec obstruction du canal de ceinture - (zoom)

(15) Brèche 3 avec stock de sable qui a été précédemment récupéré sur la route lors de la précédente tempête vers borne n°16 - (zoom)

(16) Vue d'ensemble de la brèche 3 - (zoom)

(17) Fin de la brèche 3 - (zoom)

(18) Début de la brèche partielle 4 - (zoom)

(19) Brèche partielle 4 entre borne n°17 et 18
vue de la dune - (zoom)

(20) Brèche partielle 4 entre borne n°17 et 18
vue de la plage - (zoom)

(21) Fin de la brèche partielle 4 - (zoom)

(22) Localisation des 4 brèches par rapport aux bornes repères - (zoom)
 


3 - Novembre
2018

Le 29/11/2018, j'ai à nouveau parcouru la Route de Sel avec mon GPS afin de refaire l'état des lieux des différentes brèches et ainsi suivre leur évolution durant les 10 mois écoulés.
Le vent a dépassé les 70 km/h à 5 reprises au mois d'octobre et également 5 fois au mois de novembre.

3a - localisation des brèches

3a1 - Brèche 1 + brèche 2

-- Distance par rapport à la barrière : 260 m.
-- Position début brèche (nord) : 32T 0266139 4773220
-- Position fin brèche (nord) : 32T 0266260 4772636
-- Longueur : 600 m.

3a2 - Brèche 3 + brèche 4

-- Distance depuis la fin des brèches 1+2 : 170 m. (cumul depuis la barrière : 860 m.)
-- Position début brèche (nord) : 32T 0266319 4772477
-- Position fin brèche (nord) : 32T 0266397 4771998
-- Longueur : 485 m.

3b - Bilan des dégâts au 29/11/2018
Longueur totale des brèches = 1085 m.
Augmentation des brèches totales en 11 mois : 1085m - 685m = +400 m soit + 58%


(23) Graphique du site "infoclimat.fr" relative au mois d'octobre 2018 avec mise en évidence des vitesses supérieures à 70 km/h
(zoom)


(25) Brèche 1+2. vers la borne n°6. La route initial de 1969
est de nouveau visible presque en bordure de plage - (zoom)


(24) Graphique du site "infoclimat.fr" relative au mois de novembre 2018 avec mise en évidence des vitesses supérieures à 70 km/h
(zoom)


(26) Brèche 1+2. vers la borne n°7. La route qui est maintenant
proche du rivage commence à être déchaussée - (zoom)


(27) Début de la brèche 1+2 au centre de la photo. Les posidonies
ont traversé la route pour rejoindre le canal de ceinture - (zoom)

(28) Brèche 1+2, le canal de ceinture est bien rempli
(zoom)

(29) Les posidonies stockées sur la plage
recouvrent la route - (zoom)

(30) Brèche 1+2. vers la borne n°8. La route vient
d'être nettoyée - (zoom)

(31) Les engins mécaniques s'activent afin de dégager
le canal de ceinture et nettoyer la route - (zoom)

(32) Les brèches 1 et 2 n'en font plus qu'une seule.
La dune a complétement disparu - (zoom)

(33) Fin de la brèche 1+2 vers la borne n°11
(zoom)

(34) Début de la brèche 3+4 vers la borne n°13. Le sable issu
de la plage est stocké à l'Est de la route - (zoom)

(35) Etendue de la brèche 3+4 vers le nord
(zoom)

(36) Etendue de la brèche 3+4 vers le sud
(zoom)

(37) La mer, le sable et les posidonies ont encore
comblé le canal de ceinture au droit de la borne n°15 - (zoom)

(38) Fin de l'ex brèche 3 au droit de la borne n°18. Il est bien
difficile de savoir où se situent la plage, la route et la dune - (zoom)

(39) La brèche 4 est maintenant dans la continuité de la 3. La dune et
les ganivelles ont été emportées. Il ne reste que les piquets - (zoom)

(40) Brèche 4, reconstituée il y a moins d'une semaine.
Il ne reste déjà plus grand chose de la dune - (zoom)

(41) Image à comparer avec la photo 18 ci-avant. Dans
peu de temps, la dernière plante aura disparu - (zoom)

(42) Localisation des 4 brèches qui n'en forment aujourd'hui plus que deux.
Brèche 1+2 = 600 m et brèche 3+4 = 485 m
ZONE IMPACTÉE PAR LES BRÈCHES entre B05 et B18 = 1 300 mètres environ
 


4
- Documents de synthèse

4a - Evolution du tombolo ouest avec les images Google Earth sur 10 années
Comparaison entre 2007 et 2017. (44 et 45)
4b - Travaux réalisés entre 1976 et 2012.
Le tableau ci-contre (43) incorpore également les informations contenues dans la thèse de M.Than de 2013 (page 395)
relative, notamment, aux apports de matériaux. Il manque certaines informations relatives aux quantités de posidonies mises en place, mais cela donne une bonne idée de son importance.
Pour l'instant, nous n'avons pas d'informations relatives aux apports de matériaux depuis 2013.
4c - Evolution des brèches de janvier et de novembre 2018
-- Le début de la première brèche en partant du nord commence dans les 2 cas au même endroit.

-- Les brèches 1 et 2 se sont rejointes et n'en font plus qu'une, avec un agrandissement vers le sud.
-- La brèche 3 s'est agrandie de 285 m en englobant la brèche 4 qui était considérée comme partielle en janvier.

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(43) tableau récapitulatifde la position des brèches en janvier 2018
et de l'apport des matériaux jusqu'en 2012 - (zoom)


(44a) année 2007 partie nord- (zoom)

(44b) année 2017 partie nord - (zoom)

(45a) année 2007 partie centrale - (zoom)

(45b) année 2017 partie centrale - (zoom)
 


5 - Dégâts dans le site des Pesquiers


5a - Obstruction du canal de ceinture

Lors de chaque tempête, le canal de ceinture est obstrué par le sable et les posidonies. Pour des raisons règlementaires et de sécurité, ce canal doit être dégagé afin d'interdire l'accès au site pour le public.

5b - Dommages sur la digue entre le canal de ceinture et les tables salantes
Lorsque le canal de ceinture est comblé, le déferlement des vagues s'attaque à la digue qui sépare le canal, des tables salantes (46). Une brèche dans celle-ci serait alors catastrophique car les marais salants se situent en dessous du niveau de la mer. Cela provoquerait aussi des perturbations sur l'écosystème du site. C'est pour cela que l'intervention des engins mécaniques se fait immédiatement après chaque tempête (31).

5c - Inondation des marais salants
Lorsque les marais salants sont inondés par les forts orages (ou une rupture de digue), l'Agglomération TPM doit engager des actions de pompage entraînant une consommation électrique importante afin de maintenir l'équilibre hydraulique du site.
(source : Rapport d'activités Salins d'Hyères_2012-2013)




(46) Obstruction du canal de ceinture et
agression de la digue en face - (zoom)

Et maintenant, quelle solution pour stopper .... ou atténuer cette érosion ???

1 - Rappel des principales causes de l'érosion du tombolo ouest
 

1a - Absence d'apport de nouvelles alluvions dans le golfe de Giens

Depuis la création du cordon oriental qui a arrêté l'apport des alluvions sur le tombolo occidental, ce dernier ne peut que régresser face à l'érosion naturelle que subissent toutes les côtes.
L'absence de fleuve et de cours d'eau à l'ouest du tombolo ne permet pas d'apporter les alluvions qui permettrait de limiter cette érosion.
La maquette en relief, réalisée par l'association des "Amis de la Presqu'île de Giens" (A.P.G.) permet de constater la présence d'un canyon sous marin abrupt dès la sortie du port de Toulon avec aucun dépôt d'alluvions dans ce secteur. (1)

(1) Maquette en relief de l'APG avec fosses marines - (zoom)
1b - Erosion naturelle au fil du temps
-- 1b1 - Par l'eau
Depuis sa création et au fil des milliers d'années, la Terre subit l'érosion par le froid, la chaleur, l'eau, la glace etc....
Notre tombolo, comme tous les rivages, subit les effets néfastes de celle-ci.
La cité d'Olbia nous permet de mesurer l'importance de cette érosion depuis 2 000 ans (2) et (3).
-- 1b2 - Par le vent
L'arrière dune est fixée par l'ensemble "canal de ceinture et salin des Pesquiers". Les échanges sédimentaires sont unilatéraux du golfe de Giens vers le salin puisqu'une fois le sable déposé, les sédiments n'ont aucune possibilité de retour (4).
Un plan de SOGREAH de 1988 nous indique un transfert de sable vers le salin de 5 000 à 10 000 m3/an.

(2) La cité d'Olbia avec les pieds dans l'eau - (zoom)


(3) Mur antique dans la mer - (zoom)

(4) Trajet du sable de la plage et de la dune sans retour - (zoom)

1c - La bathymétrie des fonds marins
En observant la bathymétrie des fonds marins de 0 à 10 m. nous pouvons constater des courbes de niveau très irrégulières qui témoignent à priori des prélèvements
de sable réalisés dans le passé. (5)

1d - Les prélèvements par l'homme
Une quantité importante de sable a été prélevée sur le tombolo pour réaliser des travaux :
--- De tout temps l'homme a eu besoin de sable afin de réaliser des bâtiments et bien d'autres ouvrages. Le seul sable disponible, avant l'avènement des machines, se situait dans le lit des rivières ou sur les plages en bordure de mer, (6) et (7)
--- Au XVIIème et XVIIIème siècle, lors de l'agrandissement du port de Toulon (8). Un arrêté préfectoral fut même pris en le 15/06/1809 afin d'interdire tout prélèvement de sable dans l'anse de l'Almanarre. Une lettre du Maire de Toulon à ses administrés en 1859 rappelle cette interdiction.
--- Durant la guerre de 39-45 afin de construire des blockhaus et autres ouvrages militaires.

1d - L'aménagement des tables salantes
En 1848, messieurs Gérard et Chappon (commerçants à Toulon) achètent l'étang du Pesquier qui abrite alors une pêcherie. Ils conservent partiellement cette activité, mais transforment progressivement l'immense lagune en un salin sur 550 hectares. En comparant le plan du cadastre Napoléonien de 1828 et la photo aérienne de 1924, nous constatons que les tables salantes ont amputé le cordon dunaire original dans la partie nord du rond point giratoire actuel, jusqu'à la borne EDF B10 sur 800m. env. La surface concernée peut être estimée à 32 hectares.
Le document de travail ayant permis d'arriver à cette conclusion vous est présenté ci-après sous forme d'un petit diaporama qui en facilite la compréhension avec les superpositions d'images.


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(5) Bathymétrie des fonds marins de 0 à 10 m. - (zoom)


(6) Ramassage au nord du cordon dunaire - (zoom)


(7) Témoignage de prélèvement de sable à l'Almanarre - (zoom)


(8) Plan de l'aménagement des remparts et du port de Toulon - (zoom)

1e - Les courants marins
La mer Méditerranée est parcourue par des courants marins d'une rare complexité, visible sur le plan (9).
Le lien ci-dessous (à copier dans votre navigateur) permet d'en voir l'animation.

https://www.youtube.com/watch?v=63_QNbHW_Nw
-- Le courant Ligure
Le courant liguro-provençal est un courant méditerranéen qui s'écoule depuis Palerme, se dirige vers la baie de Naples puis vers Gênes avant de partir vers l'ouest où il se joint, près de Monaco, aux eaux remontées depuis la Corse.
En hiver, il se rapproche des côtes. Du mois de janvier à la mi-mars, il ne fait que 20 à 30 km de large, il est alors plus rapide. De juin à décembre, il est large de 40 à 50 km et ralentit en conséquence.
Au sud de Giens, il se déplace de la presqu'île vers Toulon en induisant au passage un courant circulaire dans le golfe de Giens qui balaye globalement le tombolo dans le sens Nord/Sud. (10)
-- Les courants longitudinaux
L'arrivée oblique des vagues sur la côte crée un courant qui va la longer, à la fois sur le côté Almanarre ainsi que sur le côté de Giens. Ces deux courants vont converger vers le milieu du tombolo pour repartir vers le large. C'est ainsi que le sable en suspension disparait progressivement de la plage. (10) et (11)
--
Les courants sagittaux (de retour, de décharge ou d'arrachement)
Lors des fortes houles et des tempêtes, les chenaux perpendiculaires à la ligne de rivage (creusés par des courants de décharge sagittaux) transportent les sédiments du prisme littoral vers les fonds de -5m à -10m en dehors de la zone d'échange, contribuant ainsi à la perte des sédiments du cordon
littoral (12).


(9) Visualisation des courants en mer Méditerranée - (zoom)

(10) Visualisation des courants locaux - (zoom)

(11) Visualisation des courants longitudinaux et de retour - (zoom)

(12) Schéma des courants sagittaux lors des tempêtes - (zoom)
1f - Le transport du sable
-- Visualisation des déplacements de sable en érosion.
*** Le plan (13) de Van Van Than montre le résultat de la modéli
sation des déplacements de sable.
*** La photo de Google Earth du 23/03/2018 montre d'un façon évidente l'érosion de la plage. Nous pouvons voir les volumes de sable en suspension qui se déplacent vers le large (14).
-- Estimation des volumes annuels de sable de plage en érosion et en accrétion.

Dans la thèse Van Van Than de 2015, ces volumes
ont été estimés (15).
*** Partie nord : une érosion de 29 000 m3 (43 500 tonnes) soit 2 900 camions de 15 tonnes.
*** Partie sud : une accrétion de 15 000 m3 (22 500 tonnes).
-- Estimation des volumes de sable qui sont emportés dans l'étang des Pesquiers et les salins.
Dans le rapport de SOGREAH 1988-d, il est fait état d'une estimation de 5 000 à 10 000 m3/an pour l'ensemble du tombolo ouest
(15).

(13) Modélisation du transport de sable par les courants - (zoom)

(14) Photo de Google Earth du 23/03/2018
avec visualisation des transports de sable - (zoom)

(15) Schéma des volumes de sable pour les zones en érosion
et en accrétion - (zoom)

1g - Le vent
-- Formation du vent
Le vent se forme à partir de la différence de température entre deux masses atmosphériques. Le globe terrestre en mouvement et les irrégularités géographiques contribuent ensuite à son évolution.
Lorsqu'une masse d'air se réchauffe sous l'effet des rayons du soleil ou au contact d'un milieu chaud, elle devient plus légère, et monte. En altitude, la masse d'air se refroidit et descend de nouveau (16). Pendant ce temps, la terre en rotation a légèrement pivoté sur elle-même. La masse d'air redescend ainsi plus à l'est si elle se trouve dans l'hémisphère nord, plus à l'ouest si elle se situe dans l'hémisphère sud.
-- Vitesse du vent sur le tombolo ouest

Les vagues deviennent destructrices dés que le vent dépasse la vitesse de 75 km/h environ (17) (18) (19)
La vitesse de 101 km/h a été enregistrée à la station du Palyvestre le 21/01/2018 (19)

-- Orientation du vent
Les vents principaux qui soufflent avec la plus grande force dans le Golfe de Giens et le plus souvent sont :
*** Le vent de Sud-Ouest,
*** Le vent d'Ouest.

(16) Schéma de principe relatif à la naissance du vent - (zoom]

(17) Graphique des rafales de vent au Palyvestre
en janvier 2016 - (zoom)

(18) Graphique des rafales de vent au Palyvestre
en décembre 2017 - (zoom)

(19) Graphique des rafales de vent au Palyvestre
en janvier 2018 - (zoom)

1h - La propagation du vent qui induit la houle
1h1 - Fonctionnement de la houle
1h1a - La vent
--- Au large, lorsque le vent souffle, ses frottements font pression sur la mer encore calme. On observe alors un léger frémissement à la surface de l'eau, à peine quelques rides. Si les conditions sont adaptées, celles-ci vont peu à peu prendre de l'ampleur, se transformer en houle et se propager vers les côtes.
--- La houle est une ondulation de la surface des océans relativement régulière en direction et en période.
Il n’y a pas de déplacement d’eau lors de ce mouvement ondulatoire (bouchon d'une cane à pêche) car les vagues ne transportent que de l’énergie (20)
.


(20) Illustration de l'ondulation de la houle sans déplacement de l'eau

1h1b - Le fetch
Le fetch, "l'étendue d'une baie" est la distance en mer au-dessus de laquelle souffle un vent donné sans rencontrer d'obstacle (une côte) depuis l'endroit où il est créé ou depuis une côte s'il vient de la terre.
Pour le tombolo de Giens, il y a schématiquement 4 alternatives maximales :
-- Naissance sur les côtes du Maroc
Vent de Sud-Ouest, orienté 200°N, distance 700km, c'est le "Labech" ou "Labé"
Illustration sur les diaporamas ci-dessous.
-- Naissance depuis Palma de Majorque
Vent de Sud-Ouest, orienté 215°N, distance 400km, c'est le "Pounent"
-- Naissance depuis Perpignan
Vent d'Ouest, orienté 260°N, distance 250km, c'est le "Narbounes"

-- Naissance dans la vallée du Rhône
Vent de Nord/Ouest, orienté 315°N, c'est le "Mistral"

Le fetch relatif au Mistral qui va agir directement sur le tombolo n'est généré qu'à partir de Toulon soit environ 20 km
(21), mais cela n'empêche pas le tombolo ouest d'avoir une "belle houle" ainsi que des vagues destructrices.
-- Remarque
Pour une même vitesse, le vent de Sud-Ouest aura la possibilité de génèrer une houle plus dévastatrice que le Mistral car il aura un fetch plus important.


(21) Lors d'un vent d'ouest ou nord/ouest le Cap Sicié permet
de limiter l'effet de la houle dans le Golfe de Giens - (zoom)
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1h1c - Les vagues

Aux abords de la côte, l’ondulation régulière de la houle est contrariée par la faiblesse de la hauteur d’eau. L’onde qui la propage, jusque-là circulaire, devient ellipsoïdale et de plus en plus aplatie ; elle s'élève. Passé un certain point, l’ellipse se brise, les vagues se forment puis se cassent. Ce sont les fameux "rouleaux" que l’on voit arriver sur les plages.

-- La hauteur
La hauteur des vagues est la différence entre le creux et la crête (22)
.
-- La période
La période des vagues est l'intervalle de temps moyen entre le passage de deux crêtes successives de longueur L
à partir d'un point fixe (22).
-- Le déferlement
Les vagues déferlent puis plongent à l'approche de la côte (23) et (24)
lorsque le rapport g entre la hauteur des vagues H et la profondeur d est proche de g=0,4 (par exemple une vague de 2 m. de hauteur déferlera lorsqu'elle arrivera où il y a un fond de 5 m.) Ce déferlement transmet une partie de cette énergie au courant littoral.
-- Les jets de rive sur la plage
Le niveau instantané maximal est atteint par le jet de rive sur la plage (wave run-up)
(24).


(22) Schéma des caractéristiques de la houle - (zoom)

(23) Illustration du changement de l'ondulation
de la houle lors de la remontée du fond marin.

(24) Le jet de rive est le niveau maximal atteint - (zoom)
1i - Evolution de l'état de santé des herbiers de posidonies
1i1 - Rôle et caractéristiques des herbiers de posidonies
--- L’herbier de posidonies joue un rôle dans la stabilisation des fonds marins, l’amortissement de la houle et des vagues (25). Il favorise également le dépôt des particules sédimentaires.
--- Les rhizomes de posidonies sont caractérisés par une croissance horizontale (rhizomes plagiotropes) et/ou verticale (rhizomes orthotropes). La croissance verticale est à l’origine de l’édification de la matte et permet à la plante de lutter contre l’enfouissement lié à la sédimentation.
--- Les prairies sous-marines sont localisées dans les bordures littorales au plus prêt de la surface et jusqu'à une profondeur de 40 m. Le manque de lumière empêche son développement au delà de cette profondeur
.
--- Le déchaussement des rhizomes traduit généralement l'existence d'un déficit sédimentaire ou d’un hydrodynamisme fort générant des déplacements sédimentaires. En outre, un déchaussement important entraîne une fragilisation de l’herbier, ce qui accroît sa vulnérabilité vis à vis des ancrages.
(27)
--- Sur les plages, les débris de posidonies (banquettes), qui peuvent atteindre plus de 2 m de hauteur et jusqu’à 20 m de largeur, forment des structures compactes et résistantes le long des rives, offrant une protection très efficace, même si momentanée, contre l’érosion
(28)
.
--- Elles produisent également une quantité très importante d'oxygène. A titre de comparaison, en un an, quand une forêt emmagasine 8 grammes de CO2 par mètre carré, un herbier de posidonies pourra en absorber 20 à 30 fois plus, soit entre 200 et 300 grammes.

(25) Herbier de posidonies sain - (zoom)

(26) Herbier de posidonies mort - (zoom)

(27) Déchaussement des posidonies - (zoom)

(28) banquettes de posidonies - (zoom)

1i2 - Plans de la localisation et de l'état des herbiers de posidonies dans le golfe de Giens
** 1988 (29)
Le plan de GIS Posidonies localise :
--- Les herbiers dégradés en vert clair (en mauvaise santé)
Ils s'étendent sur toute la longueur du tombolo occidental, du rivage jusqu'à 1 300 à 1 400 m.
--- Les herbiers "posidonia Oceanica (en vert foncé),
Ils sont implantés en parallèle du
rivage du tombolo occidental entre 1 400 et 3 000 m. et jusqu'à la bathymétrie -30 m.
Curieusement, à l'extrémité et autour du point de rejet des effluents, les herbiers ne sont pas dégradés.
--- Les tombants de mattes
,
Ils sont dans la zone des herbiers dégradés, principalement en parallèle au rivage.

** 2010
Ce plan fait la cartographie des biocénoses marines du double tombolo. Il a été établi par Egis Eau et Andromède Océanologie.
(30)
--- Les herbiers de posidonies sains occupent 43% de la surface considérée (du rivage à 20 m. de profondeur),
--- Ceux clairsemés : 7% (entre 20 et 30m. de profondeur)
--- Les mattes mortes: 9% (entre 30 et 40m. de profondeur).
(26)

 


(29) Plan posidonies 1988 avec émissaire en mer - (zoom)


** 2011
--- Le document original est : "Elaboration du schéma de gestion préalable à l’intervention du Conservatoire du littoral sur le domaine public maritime - Site de la Presqu’île de Giens - Année 2011 - Document de travail".
--- Cette carte (31) se recoupe avec celle de 2010, même si elle est amputée dans le 1/3 nord.
--- Le tableau (32)
présente la surface de chaque biocénose sur la zone d’étude entre l’Almanarre et le port du Niel. On constate que l’herbier de posidonies est largement majoritaire avec près de 57 % de la surface totale et le pourcentage de matte morte est négligeable.

Après avoir pris connaissance de ces documents contradictoires, il n'est pas évident de se faire une idée exacte de la situation en juillet 2019.

 


(30) Plan posidonies golfe de Giens et d'Hyères 2010 - (zoom)

(31) Plan posidonies Golfe de Giens 2011 - (zoom)

(32) Tableau des biocénoses de l'Almanarre
au port du Niel - (zoom)
1i3 - Phénomènes qui conduisent au déclin des posidonies
-- Pollution générale du golfe dont celle relative aux rejets de l’émissaire en mer de la station d’épuration de l'Almanarre. Celui-ci est constitué d’une canalisation de diamètre 700 mm. Il est long de 1450 m. en mer. Sur la partie maritime, il est posé au fond sur le sable, sur des plots en béton et ancré sur ceux-ci. Son extrémité, située vers 14 m. de fond, possède un diffuseur sur les 130 derniers mètres afin de diluer les effluents. Le volume moyen rejeté est de 15 000 m3/j. Des déversoirs d’orage se situent à chacune des 30 stations de refoulement. L'un d'entre eux, de 300 mm, se jette dans le Roubaud (au Centre Technique Municipal) et un autre de 600 mm. est en amont de la station d’épuration.
-- Erosion par la houle et les courants marins longitudinaux et sagittaux notamment lors des tempêtes (33),
-- Turbidité de l'eau et dépôts argileux,
Les herbiers de Posidonies sont extrêmement sensibles à la turbidité de l'eau (34) et aux dépôts argileux car cela bloque la photosynthèse des feuilles. Les poissons, oursins etc... sont de plus en plus absents des herbiers et cela contribue indirectement à leur déclin.

-- Les rechargements en galets de la Durance (35) entre les bornes E.D.F. B08 et B15 ont favorisé la destructuration des mattes en mâchant les feuilles lors de leur transport vers le large par les courants sagittaux.
En 2000, le sable de la plage se composait de galets dans les proportions de 55% en B1, 40% en B8, 52% en B15, 38% en B23, 18% en B31, 1% seulement dans l'anse de La Madrague. (36) Cela montre bien le lessivage et la disparition des particules fines de sable qui se font emporter par le vent et les courants.
(Plan thèse Courtaud - 2000)


(33) Les courants sagittaux créent des entailles
dans les mattes de posidonies - (zoom)

(34) La turbidité de l'eau nuit à la bonne santé
et au développement des posidonies - (zoom)

(35) Galets de La Durance dans la partie nord
du tombolo occidental - (zoom)

(36) Répartition des galets sur la
plage du tombolo occidental - (zoom)
 


2 - Que s'est passé au début du mois de février 2019 ?


2a - Conditions météo entre le 27/01 et le 03/02/2019
2a1 - Le vent
-- Le 27 janvier à 22 h. un vent d'Ouest/Nord Ouest a soufflé à 90 km/h. La houle supérieure à 2,50 m. est passée au sud de la presqu'île de Giens et de Porquerolles affectant modérément le golfe de Giens
(1) et (3).
-- Puis le 1er février à 19 h. le vent de Sud/Sud Ouest a soufflé à 60 km/h. générant une houle de 4,00 m . à la pointe des Chevaliers et de 2,50 m. pénétrant l'entrée du golfe de Giens (4).
-- Le 2 février à 1 h. le vent de Sud/Sud Ouest est tombé à 40 km/h. générant une houle de 3,00 m. à la
pointe des Chevaliers et de 2,50 m. pénétrant l'entrée du golfe de Giens (5).
-- Le 3 février à 10 h. le vent de 50 à 60 km/h. s'est orienté à nouveau Ouest/Nord Ouest en reprenant les mêmes caractéristiques que le 27 janvier (2) et (6).
2a2 - La marée astronomique
Ce jour là l'amplitude de la marée a une valeur négligeable stabilisée à +0,40m. (mini +0,10m , maxi +0,60m)
2a3 - La marée barométrique
Le 01/02 et le 02/02 est descendu à 990 hPa pour légèrement remonter le 03/02. Cela a généré une hausse du niveau de la mer de 25 cm. environ.
2b - Les photos surprenantes prises le dimanche matin du 3 février
-- Malgré les conditions météo qui se sont améliorées en ce dimanche matin (6), la houle a continué à avoir une action dévastatrice dans la partie nord du cordon occidental.
-- Le diaporama ci-après illustre cet évènement.


(3) Hauteur significatives et direction
des vagues le 27/01/2018 - (zoom)

(4) Hauteur significatives et direction
des vagues le 01/02/2018 - (zoom)

(5) Hauteur significatives et direction
des vagues le 02/02/2018 - (zoom)

(6) Hauteur significatives et direction
des vagues le 03/02/2018 - (zoom)

(1) Graphique vitesse du vent en janvier 2018 - (zoom)

(2) Graphique vitesse du vent en février 2018 - (zoom)

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3 - L'expérience actuelle pour limiter l'érosion du littoral sur le cordon oriental


3a - Pose de tubes géotextiles au sud du port de La Capte en 2008
(réf 17)
--- Le tombolo oriental subit également l'érosion de ses plages notamment à proximité des ouvrages portuaires.
En modifiant la circulation des courants, des zones d'érosion font disparaître les plages en certains endroits
(1a). La photo (3) nous montre l'état des lieux avant la pose des tubes géotextiles.
--- Afin de maintenir la plage de La Capte et de limiter les départs de matériaux, la ville d'Hyères, a mis en place au printemps 2008 deux brise-lames sous-marins constitués de tubes en géotextile tissé, posés sur un tapis anti-affouillement constitué du même composant.
--- La largeur du brise-lames préconisée a été d’environ 4,50 m. avec une hauteur de 1,00 m, pour respecter une lame d’eau au-dessus des tubes d’environ 1 m. Deux tubes posés côte à côte de diamètre 1,80 m. et de hauteur finale 1,00 m. ont permis de réaliser l’ouvrage
(1b).
--- Un tapis anti-affouillement en géotextile tissé polypropylène d’une largeur de 10,50 m, bordé de part et d’autre de petits boudins de lestage de 0,50 m. de diamètre, a été posé préalablement sur le sol support afin d’assurer la stabilité de l’ouvrage et d’éviter les phénomènes d’affouillement sous les tubes. Un brise-lames de 100 m. et un second de 150 m. de longueur ont ainsi été mis en œuvre
(2) (4) (6).
--- Cet aménagement a été complété d’un rechargement de plage avec 12 000 m3
(4) et (5).

3b - Redimensionnement du brise-lames en 2012 (réf 18)
Une étude menée 3 ans plus tard a démontré que si les tubes diminuaient l’énergie des houles au-delà d’une tempête annuelle (lors des fortes tempêtes), les tubes avaient toutefois peu d’effet sur la majorité des « coups de vents ».
Un redimensionnement a donc été mené en 2012, :
(7).
• La colonne d’eau recherchée au dessus des tubes a été de 50 cm (1,00 m. initialement puis 1,25 m. après un tassement des tubes de 25 cm.)
(6).
• Un linéaire : 250 m. a été posé le long de l’existant, côté plage,
• Le tube d'un diamètre initial 3 m. a une hauteur de 1m80 et une largeur de 3m80 après remplissage (posé sur un tapis anti-affouillement).

Les photos (8) (9) et (10) illustre l'état de la plage et l'efficacité des ouvrages en 2013, 2014 et 2015.

3c - Conclusion (réf 19)
D'une façon générale, les tubes en géotextiles installés au devant des plages subissent différentes agressions :
3c1 - Les agressions physiques
Elles sont bien souvent à l’origine des déchirures (hélices de bateau, bois morts, vandalisme..). Cela oblige les maîtres d’ouvrage à procéder à des travaux d’entretien sans quoi l’ouvrage serait à terme détruit.
3c2 - Les efforts hydrodynamiques
Ils modifient au fil du temps les structures des tubes par le tassement du sable qui abaisse la crête des tubes géotextiles et augmente ainsi la hauteur d’eau au dessus de ceux-ci. Cela diminue d’autant leur efficacité. Tout cela rend délicat leur dimensionnement.
3c3 - Le coût
Il est de l’ordre de 200 K€ pour un brise-lame immergé de 50 à 100 m, soit 5 fois moins qu'un
ouvrage en enrochements. Cette technique a peu d’effet négatif sur le milieu naturel et paysager.
3c4 - Les photos témoins
-- Les photos ci-après depuis 2007 témoignent de l'évolution du trait de côte sur une dizaine d'années au droit des tubes géotextiles mis en place à La Capte.
-- Chacun d'entre vous pourra ainsi se faire une idée de l'efficacité réelle .... ou relative de ce type d'aménagements.

A l’heure actuelle, les tubes géotextiles doivent être considérés comme des ouvrages de protection temporaire pour la stabilité du littoral (réf 19).



(1a) Plage érodée au sud du port de La Capte - (zoom)

 


(1b) Coupe schématique de la mise en place
des tubes géotextiles - (zoom)

 


(2) Principe de mise en oeuvre des tubes géotextiles
sur tapis anti-affouillement - (zoom)


(3) Photo Google Earth 2007
avant pose des tubes géotextiles - (zoom)


(4) Photo Google Earth 2008 après pose des tubes géotextiles
et rechargement de la plage - (zoom)

(5) Janvier 2009, après rechargement de la plage
Photo CEREGE - (zoom)


(6)Tassement des tubes géotextiles. La hauteur d’eau sur les tubes
est passée de 1,00 m. à 1,25 m. - Photo Google Earth 2010
- (zoom)


(7) Localisation et coupe du redimentionnement
des tubes géotextiles en 2012 - (zoom)


(8) Etat de la plage - Photo Google Earth 2013
(zoom)

(9) Etat de la plage - Photo Google Earth 2014
(zoom)

(10) Etat de la plage - Photo Google Earth 2016
(zoom)

(11) Fragment de tube géotextile
le 26/03/2016 à La Capte - (zoom)

(12) Plage de La Capte le 5 juin 2016
(zoom)

(13) Etat de la plage - Photo Google Earth 2017
(zoom)

(14) Etat de la plage - Photo Google Earth 2018
(zoom)
 

4 - Les différentes études et projets proposés depuis 1973


4a - Projet J.J. BLANC en 1973

Déjà en 1973, JJ Blanc préconisait la création de brise-lames en parallèle à la ligne de côte sur l'ensemble du tombolo ouest. [plan reconstitué sous Google Earth] (1) en envisageant des hauteurs de vagues de 2,50 m. à 4,50 m. (réf 1)
** Il se composait de :
---
9 brise-lames de protection éloignée dont le dessus émergerait à +3 m. sur la ligne isobathe des -5 m. (hauteur moyenne = 8 m.), d'une longueur unitaire d'environ 300 m et séparés par des passes de 100 à 150 m..
---
12 brise-lames de protection rapprochée dont le dessus émergerait à +2 m. sur la ligne isobathe des -3 m. (hauteur moyenne = 5 m.)
** Ces brise-lames seraient implantés à des distances variant de 280 à 350 m. du rivage.
** Ils seraient réalisés par des blocs d'enrochement de 3 à 5 tonnes
** Il faudrait s'attendre à de fortes turbulences et érosions sous marines au pied des brise-lames frontaux.

** Nota : Ce projet qui a 45 ans, ne prend pas en compte l'importance des activités nautiques qui se sont fortement développées depuis cette époque et qui seraient incompatibles avec tous ces aménagements "émergés".

(1) Projet J.J. BLANC sur fond de plan Google Earth - (zoom)
4b - Projet "Posidonia" élaboré par "Les jardiniers de la mer" en 1998
Ce projet consistait en :
--- La création de récifs sous marins à partir du PK 0, sur une longueur de 1 500 m. à 300 m. de la plage d'une hauteur de 3 m. et d'une section de 18 m2,

--- La réimplantation d'un million de boutures de posidonies épaves et de cymodocées dans 50 000 casiers sur une superficie de 5 hectares, entre le récif sous-marins et le rivage.
--- Le rechargement et la création de dunes sur 1 500 m. de long et 2 m. de hauteur avec une largeur à la base de 40 m. (80 000 m3) afin de palier aux besoins du site en apports naturels sédimentaires,

--- Le coût estimé en 1998 était de 34 M de Francs. ( 5,2 M € non actualisés).
--- Extraits du dossier : illustrations (2)+(3)+(4).

(2) Couverture du dossier relatif au projet "Posidonia" - (zoom)

(3) Mise en place de modules alvéolaires - (zoom)

(4) "Casier-contrainte" pour le repiquage de
boutures de posidonies "épaves" - (zoom)


4
c - La thèse Van Van THAN (2015-09)
Monsieur Van Van Than a réalisé en septembre une thèse de 398 pages qui a pour titre "Modélisation d'érosion côtière : application à la partie ouest du tombolo de Giens".
A la fin de ce document, parmi les différentes simulations réalisées, 5 options sont détaillées. Elles consistent à réaliser des brise-lames immergés ainsi que des épis sur toute ou partie des 4 km. du tombolo occidental.

-- Option 1 : 1 brise-lames de 450 m. et 2 épis de ceinture de 200 m. (5)
-- Option 2 : 3 brise-lames de 350 m. espacés de 280 m. à 300 m. du rivage + 2 brise-lames de 350 m. espacés de 280 m. à 380 m. du rivage,
(6)
-- Option 3 : 3 brise-lames de 350 m. espacés de 250 m. à 300 m. du rivage + 3 épis perpendiculaires & 2 brise-lames de 350 m. espacés de 280 m. à 350 m. du rivage, (7)
-- Option 4 : 3 brise-lames de 350 m. espacés de 280 m. à 300 m. du rivage + 2 brise-lames de 350 m. espacés de 280 m. à 400 m. du rivage,
Nous retrouvons la même configuration dans la partie sud du tombolo.
(8)
-- Option 5 : Il reprend la même configuration que le projet 4, mais avec 3 épis perpendiculaires dans la partie nord comme dans le projet 3. (9)

 


(5) Thèse Van Van Than 2015 - option 1 - (zoom)

(6) Thèse Van Van Than 2015 - option 2 - (zoom)

(7) Thèse Van Van Than 2015 - option 3 - (zoom)

(8) Thèse Van Van Than 2015 - option 4 - (zoom)

(9) Thèse Van Van Than 2015 - option 5 - (zoom)

 

4d - Projet ARTÉLIA
Dans le courant du 2ème semestre 2018, le cabinet d'ingénierie Artelia a proposé l’implantation d'un seul brise-lames et suggère d’observer son impact pour ensuite éventuellement compléter le dispositif par un rehaussement ou l’ajout d’autres brise-lames.
Nous prenons connaissance de ces informations dans un article de Var-Matin du 30/10/2018. (10)
Un document de Yves LACROIX complète les informations sommaires initiales.
Les caractéristiques du projet sont les suivantes :
-- Brise-lames immergé,
-- Implantation entre les bornes B07 et B12 à la bathymétrie -5,0 m.
-- Distance à la côte : 110 m.
-- Longueur : 450 m.
-- Largeur en pied : 30 m.
-- Largeur en crête : 10 m.
-- Profondeur de crête à la côte -1,00 m par rapport au niveau zéro hydrologique (zéro des cartes maritimes),
-- Pente du plateau au fond marin : 3/1.
-- Constitution du brise-lames : non connu à ce jour
-- Estimation travaux : 2,5 M€
-- Positionnement du projet sur fond de plan Google Earth avec positionnement des brèches de novembre 2018 (11).



(10) Article de Var-Matin relatif au projet Artélia - (zoom)


(11) Positionnement du projet Artélia
sur fond de plan Google Earth - (zoom)

4e - Projet de M. Yves LACROIX (réf 8)
4e1 - Compléments au projet Artélia
M. Lacroix considère que le projet Artélia est insuffisant avec un seul brise-lames :
-- Il propose de compléter ce projet en y ajoutant 2 autres brise-lames de part et d'autre du premier à 150 m. Celui au nord aura une longueur de 350 m. et celui du sud 500 m. Il seront également implantés à 110 m. du rivage.
-- Il juge que la largeur de 10 m. de la crête du brise-lames est insuffisante et propose de la porter à 20 m. (12)

4e2 - Projets Memocs/Seatech
M. Lacroix propose un projet + 2 variantes :
4e2a - Implantation des ouvrages
-- n°1 - la réalisation de 11 brise-lames entre les bornes 3 et 21. Ceux-ci auront une longueur de 120 m. seront implantés à 90 m. du rivage et seront espacés de 50 m.
(14)
-- n°2 - la réalisation de 9 brise-lames entre les bornes 3 et 36. Ceux-ci auront une longueur de 250 m. seront implantés à 150 m. du rivage et seront espacés de 150 m. (15)
-- n°3 - la réalisation de 18 brise-lames entre les bornes 3 et 36. Ceux-ci auront une longueur de 120 m. seront implantés de 90 à 130 m. du rivage et seront espacés de 60 m. (16)
4e2a - Caractéristiques de l'un des brise-lames
--
Assise : 57,60 m. implanté à -5,00 m. env.
-- Largeur en crête : 30 m.
-- Profondeur de crête à la côte à -0,50 m. par rapport au MSL de Toulon (Mean See Level = niveau moyen local de la mer). Cette faible profondeur sur les brise-lames (même balisés) sera un obstacle aux activités nautiques dans le secteur concerné.
-- La constitution interne du brise-lames est suggérée à titre indicatif. Dans le cas présent, il est constitué de 2 tubes géotextile en parallèle de
18 m. de large et 3 m. de hauteur, recouvert de roches de protection de 300 à 900 kg.
-- Pente du plateau au fond marin : 3/1 (13)


(12) Projet de complétion du projet Artélia
par Memocs/Seatech - (zoom)


(13) Coupe type sur brise-lames Memocs/Seatech
(zoom)


(14) Projet n°1 de Memocs/Seatech - (zoom)

(15) Projet n°2 de Memocs/Seatech - (zoom)

(16) Projet n°3 de Memocs/Seatech - (zoom)
 


5 - Les implantations altimétriques de la crête des différents brise-lames

Comme nous l'avons constaté ci avant au chapitre 3, relatif au test de tubes géotextiles à La Capte, la hauteur d'eau sur la crête du brise-lames a une grande importance car elle conditionne le déferlement sur l'ouvrage.
Rappelons nous que la hauteur initiale sur les tubes était de 1,00 m. et qu'après 4 années de service elle avait augmentée à 1,25 m. par le tassement du sable sous l'action de la houle. Le redimensionnement de 2012 avait conduit à rajouter un nouveau tube sur 250 m. donc la hauteur sur crête avait été ramenée à 0,50 m. afin d'augmenter son efficacité.

Il peut donc être supposé que la hauteur définie pour chacun des projets, évoqués précédemment, a été calculée afin d’optimiser l’effet atténuateur des différents brise-lames.
Mais lorsque les conditions météo cumulent les effets défavorables, quel peut être le niveau atteint par la vague par rapport au niveau de référence ...... et encore, quel niveau de référence ?

5a - Niveaux de référence (1)
5a1 - Zéro hydrographique
C'est le niveau "zéro de référence" (TGZ) des cartes marines et des annuaires de marée. Il est l'équivalent en mer de la surface de référence des altitudes à terre portées sur les cartes de l'IGN. Le zéro hydrographique est voisin du niveau des plus basses mers astronomiques.

C'est le niveau de référence pris pour le projet Artélia
5a2 - M.S.L.

Dans notre région, le M.S.L. est le niveau moyen de la surface de la mer à Toulon. La valeur est actuellement de + 0,37 m. au dessus du "zéro hydrographique".
C'est le niveau de référence pris pour le projet Memocs/Seatech.
5a3 - N.G.F.
Le nivellement général de la France (NGF) constitue un réseau de repères altimétriques disséminés sur le territoire français métropolitain continental, ainsi qu'en Corse, dont l'IGN a aujourd'hui la charge. Ce réseau est actuellement le réseau de nivellement officiel en France métropolitaine. le « niveau zéro » étant déterminé par le marégraphe de Marseille qui est à +0,253 m.
au dessus du "zéro hydrographique".
5a4 - Calcul du déferlement optimum en eaux peu profondes
-- Une des causes de l'érosion du double tombolo dans sa partie nord est la remontée très rapide du fond qui fait déferler les vagues directement sur le trait de côte du rivage
(photo 2).
-- Le but d'un brise-lames va être de provoquer le déferlement de la vague et la dissipation de son énergie bien avant le rivage afin de diminuer son action d'érosion.
-- Il faut donc déterminer la hauteur de la lame d'eau au dessus de la crête par des
formules de calculs qui permettent de faire différentes simulations afin de choisir la solution optimale.
Nous choisirons pour notre exemple "le coefficient de Munk" ---> H/d > 0,78 (H : hauteur de la houle et d : hauteur du fond à la 1/2 hauteur de la houle). (3a) et (3b)

5b - Variation locale du niveau de la mer :
Ci-après le témoignage des éléments extrêmes qui ont été constatés.
Plusieurs paramètres indépendants les uns des autres peuvent faire varier le niveau de la mer, et par là même, les méfaits de la houle :
5b1 - La marée astronomique
L'amplitude de la marée de la mer Méditerranée à Toulon a été de 47 cm (SHOM, 2013). Il y a 4 cycles de marée par jour (2 hautes et 2 basses).
Le site "MARÉES PÊCHE" rappelle les valeurs mini et maxi enregistrées à Toulon qui sont respectivement de +0,60 m. et +0,10 m. = amplitude de 0,50 m.
(4)
5b2 - La marée barométrique (infos complémentaires (réf 22) )
La pression atmosphérique agit également sur le niveau de la mer.
Le niveau moyen (niveau 0) correspond à une pression de 1 013,25 hectopascals (pression de référence). Il faut ajouter 1 cm ou enlever 1cm de hauteur d’eau par hectopascal de différence avec la pression de référence.
Lors de la largade du 29/10/2018, la pression est descendue jusqu'à 978,7 hectopascals, (5) ce qui a normalement augmenté le niveau de la mer de 35 cm environ.

5b3 - Le vent

Un vent fort, constant, soufflant de la mer vers la terre durant plus de 12 heures sur une distance importante appelée "Fetch" provoque une élévation du niveau de la mer. Lors de la tempête du 6 janvier 1994, le littoral méditerranéen avait subit de gros dégâts, dont le tombolo occidental de Giens.
5b4 - La surcote
L'action combinée du vent et de la marée barométrique conduit à ce qui est appelé "une surcote".
La hauteur maximum de celle-ci peut avoisiner 0,80 m. (0,50 m. + 0,30 m.) et même un peu plus suivant les documents consultés.
5b5 - La houle
La fondation G. COOPER a observé durant trois années les hauteurs de houles dans le Golfe de Giens récapitulées dans le document (6).
La modélisation de la houle de janvier 2007 ainsi que l'état de celle de janvier 2016 nous amène à considérer une hauteur maximum du creux de la houle de 1,60 m. environ juste avant le déferlement (7) et (8), soit pour une demi houle, une valeur de 80 cm à prendre en compte [graphique (11)].
5b6 - Le jet de rive sur la plage
Le niveau instantané maximal est atteint par le jet de rive sur la plage (wave run-up). Voir photo d'illustration
5b7 - Le hausse du niveau des mers
Le graphique de l'évolution du niveau marin réalisé par l'Université du Colorado pour la période de 1993 à 2015 nous donne une valeur moyenne sur 22 ans de 3,6 mm/an. (9)
Pour réaliser notre graphique, nous allons retenir une tendance actuelle de 4 mm. par an, soit 20 cm. au terme des 50 prochaines années.


(1) Schéma de correspondance des niveaux de référence
TGZ-MSL-IGN69 - (zoom)


(2) Déferlement de la vague directement
sur le trait de côte du rivage - (zoom)


(3a) Schéma du déferlement de la houle avec
indication des repères pour le calcul
au chapitre 5d ci-après - (zoom)


(3b) Coéfficient de Munk - (zoom)


(4) Document sur site "Marées Pêche" avec indication de
l'altimétrie des marées mini et maxi à Toulon - (zoom)


(5) Graphique de la pression baramétrique
d'octobre 2018 - (zoom)


(6) Observations fondation G. COOPER
sur trois ans - (zoom)

(7) Modélisation de la houle de janvier 2007 - (zoom)

(8) Etat de la houle le 11/01/2016 à 7h00
avec vent de sud/ouest - (zoom)

(9) Graphique de l'évolution du niveau marin réalisé par
l'Université du Colorado pour la période de 1993 à 2015 - (zoom)


5c - Illustration du cumul de l'ensemble des conditions défavorables

Dans les conditions les plus défavorables, ces différentes incidences peuvent se cumuler et augmenter considérablement le niveau moyen de la mer en y ajoutant en plus la hauteur des vagues qui viennent déferler sur le rivage. Les graphiques (10)+(11) illustrent ces conditions extrêmes.



(10) Situation de base avec implantation altimétrique
par rapport au niveau moyen de la mer à Toulon
(zoom)
.
.
.

(11) Détail des différents paramètres à prendre
en compte : H = hauteur de la houle
d = hauteur entre la crête du brise-lames
et la 1/2 hauteur de la houle - (zoom)
d max. Artélia = 2,37 m.
d max. Memocs/Seatech = 1,48 m.
Cliquez sur la photo puis sur "ouvrir avec"
Attendre quelques secondes pour le téléchargement du diaporama

Avancement automatique


5d - Calcul de la hauteur optimum au dessus d'un brise-lames

Celle-ci peut être calculée d'une façon empirique par le coefficient de Munk :
H/d < 0,78 ( H/d supérieur à 0,78 )

-- Ci-contre, pour deux brise-lames immergés, un tableau avec calcul du coefficient de Munk pour des hauteurs de houle de 1,00 m. à 1,60 m. et différentes hauteurs du niveau de la mer au dessus de la crête de ces ouvrages.
-- Les chiffres en rouge indiquent les cas où le déferlement n'est pas satisfaisant ....... à priori d'après ce calcul.

5e - Urgence du tronçon à traiter
-- Les différents projets et études énoncés précédemment sont conçus pour protéger le tombolo occidental sur des longueurs qui varient de 450 m. jusqu'à plus de 4 000 m.
-- En 2019, la zone impactée par les brèches se situent entre les bornes B05 et B18 sur une distance de 1 300 m. environ.
-- A priori, c'est donc ce secteur qu'il serait souhaitable de traiter en priorité comme nous le constatons depuis des années lors des remises en état périodiques.

 


Calcul avec le coéfficient de Munk - (zoom)
 


6 - Laisser faire la nature


-- Certaines personnes compétentes, considèrent qu'il est peu réaliste de prétendre construire des ouvrages efficaces qui vont régler le problème d'érosion du tombolo occidental pour une centaine d'années. Vu les investissements colossaux nécessaires, il ne faudrait pas que dans 20 ans il faille tout recommencer.

-- Si les travaux qui sont entrepris depuis plusieurs dizaines d'années sont arrêtés, il y a de fortes probabilités pour qu'une forte tempête crée à ce moment là, une ablation dans le tombolo occidental :
---- la route, les réseaux d'eau potable, d'électricité et de téléphonie seront alors inutilisables. Cela diminuera fortement l'ensemble de ces services. Le plus gros risque étant de ne pas pouvoir assurer l'urgence des secours aux personnes, et aux pompiers pour les incendies.
---- le salin des Pesquiers (qui est sous le niveau 0,00 NGF) sera inondé par l'eau de mer qui détruira le fragile équilibre de cet écosystème.

 


Simulation d'une ablation du cordon dunaire lors d'une forte
tempête avec inondation du salin des Pesquiers - (zoom)

 


7 - Accompagner l'érosion de la nature


-- Comme nous l'avons vu précédemment, l'homme a souvent lutté contre la nature en lui opposant des enrochements, des palissades, etc... Il a toujours fini par reculer à l'intérieur du salin des Pesquiers en déplaçant ces ouvrages (canal de ceinture, cables électriques, conduite d'eau potable et route). Ce recul est visible sur les photos anciennes de 1943 à 1994 que nous avons pu le visualiser précédemment. (exemple du déplacement du canal de ceinture)

-- A ce jour, faut-il continuer à vouloir bloquer le trait de côte ou reculer une nouvelle fois vers l'Est, en déplaçant tous ces réseaux et la route sur les portions menacées ?


Simulation d'un retrait face à la mer en reculant
l'étier et la route dans le salin des Pesquiers - (zoom)

ALORS QUE FAIRE ?

Cette page a été réalisée afin de vous apporter un maximum d'informations sur ce sujet bien difficile à tout point de vue comme vous avez pu le constater.
Elle n'a pas la prétention de vous indiquer la solution "miraculeuse et pérenne" qui serait nécessaire pour sauver notre "double tombolo" ....... pour l'instant.

Tant que notre double tombolo a encore "ses deux bras" ......... profitons en !


Pratiquement toutes les informations contenues sur cette page sont en accès libre sur internet.
Elles ont été condensées à partir des documents suivants :

https://archimer.ifremer.fr/doc/00077/18797/16374.pdf (réf 1)
http://lacroix.univ-tln.fr/Theses_files/these-Than.pdf (réf 2)
http://lacroix.univ-tln.fr/Theses_files/presentation-Than.pdf (réf 3)
http://lacroix.univ-tln.fr/Almanarre_files/HYERES-Scan/courtaud.pdf (réf 4)
http://lacroix.univ-tln.fr/Almanarre.html (réf 5)
http://lacroix.univ-tln.fr/Almanarre_files/these-Capanni.pdf (réf 6)
http://lacroix.univ-tln.fr/Almanarre_files/ERAMM101.pdf (réf 7)
lacroix.univ-tln.fr/Almanarre_files/Rapport_Digues_Almanarre_2.pdf (réf 8)
http://www.hyeres.fr/sites/default/files/atoms/files/presentation_tombolo_cocons_280417.pdf (réf 9)
Salins d'Hyères Rapport d'activités 2012 2013 sans annexe (réf 10)
http://seatech.univ-tln.fr/La-protection-littorale-a-SEATECH.html (réf 11)
https://www.persee.fr/doc/medit_0025-8296_1982_num_46_3_2078 (réf 12)
https://escales.wordpress.com/2010/09/09/comment-se-forment-les-vagues/ (réf 13)
https://marc.ifremer.fr/resultats/vagues/modeles_mediterranee#appTop (réf 14)
https://www.anpm.fr/preparer-sa-navigation/carte-marine-gratuite/ (réf 15)
http://benvtt04.free.fr/L2/semestre%204/dossier%20final.pdf (réf 16)
http://www.cfg.asso.fr/sites/default/files/files/cd-rom-2009/art33.pdf (réf 17)
http://www.paca.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/f09317p0107_les_annexes.pdf
(réf 18)
Les_digues_sous-marines_en_geotextiles_pour_la_pro.pdf (réf 19)
https://archimer.ifremer.fr/doc/1973/publication-6662.pdf (réf 20)
http://www.reflexions.uliege.be/cms/c_384971/fr/ecouter-les-herbiers-de-posidonies?part=3&portal=j_55&printView=true
(réf 21)
http://www.culture-maritime.com/fr/text-mme5-cours2
(réf 22)


Le marais des Estagnets (vue de Giens) et l'extrémité sud du tombolo occidental.
A gauche la baie de Giens et à droite l'étang des Pesquiers

 

LE CONTE SUR LA FORMATION DU DOUBLE TOMBOLO DE GIENS A HYERES

Le double tombolo de Giens à Hyères est présenté sous forme d'un conte qui retrace l'histoire de sa formation depuis 28 000 ans
à partir de documents réalisés par le géologue Jean-Joseph Blanc.



Réalisation Michel AUGIAS - octobre 2016

LE CONTE DU DOUBLE TOMBOLO

Le double tombolo de Giens à Hyères est présenté sous forme d'un conte qui retrace son histoire du début de notre millénaire jusqu'à nos jours.


Réalisation Michel AUGIAS - mai 2015