Géologie locale - Les cours d'eau
LE GAPEAU
Depuis le début de l'humanité, toute la vie des hommes s'est organisée autour de l'eau et notamment autour des rivières. " Notre " rivière est " Le Gapeau ". Je me suis donc intéressé à ce qu'avait pu être son histoire.
LE COURS DU GAPEAU A TRAVERS LES AGES
(Extrait du texte de H. PARENT paru dans le journal "La Vie Hyèroise)

Le Gapeau inférieur, dont les rives boisées sont bien connues des amateurs de beaux sites, n'a pas toujours eu le parcours accidenté qu'il suit actuellement dans la partie pittoresque qui s'étend de la plaine de La Crau à la mer par un défilé creusé récemment à travers les roches dures de l'extrémité occidentale des Maures, avant de s'étaler dans la plaine des Salins.

*** Le Gapeau primitif
A l'origine il coulait vers la mer par la dépression de Saint Jean et de la plaine d'Hyères entre le Mont des Oiseaux et les Maurettes. Il s'étalait au pied de la colline où devait s'édifier plus tard la Ville d'Hyères.
Il est en effet certain que :
1°) la dépression de Saint-Jean a été creusée par un cours d'eau important,
2°) la continuation des cailloutis calcaires de la Crau du Gapeau, sur le passage des Gavaris, montre que le Gapeau a dû emprunter ce débouché vers la mer (1).
Aujourd'hui le parcours du Gapeau par l'ouest du Fenouillet peut nous sembler énigmatique. Cependant, le canal de Béal Jean Natte nous prouve que cela fonctionne encore. En effet celui-ci est une dérivation du Gapeau (à partir de l'écluse de La Castille) qui vient aboutir sans aucun ouvrage d'art vraiment particulier à la rue de Limans, au centre ville d'Hyères. Son fil d'eau d'arrivée est encore environ 15m plus haut que le lit primitif du Gapeau (quartier de La gare).


*** Evolution du lit du Gapeau

Il faut compter trois stades successifs dans l'évolution hydrographique du complexe Gapeau-Réal Martin.
1 - Au premier stade, le Gapeau, au sortir du défilé de Belgentier, recevait directement, devant l'emplacement actuel de Solliès-Pont, le Réal Collobrier, tandis que le Réal Martin, dont le cours était très réduit, prenait sa source au sud de la région où s'est élevé Pierrefeu. Ce dernier se déversait dans la vallée de Sauvebonne et le petit Val des Martins, dans le Gapeau, au voisinage de La Crau.
Plus bas le Gapeau recevait à sa droite la rivière de L'Eygoutier qui se réunissait au Gapeau dans la région occupée de nos jours par la cuvette de La Garde, puis tournait à l'est, se dirigeait, ainsi que nous venons de le dire, vers Hyères et la mer, suivant la dépression naturelle délayée depuis longtemps au contact du Permien et Phyllades, entre le massif Paradis-Mont des Oiseaux et Maurettes.
Pourquoi le Gapeau a-t-il quitté ce parcours en plaine à travers des sédiments tendres, où il avait trouvé aisément son écoulement vers la mer, pour entamer le massif récent des Maures et y creuser son lit en défilé ?


Stade 1 - Cours primitif du Gapeau & du Réal Martin - (zoom)
2 - Le deuxième stade de son évolution va nous l'apprendre, mais il nous faut auparavant rappeler en quelques mots le mode de creusement des rivières et le rôle capteur de certaines d'entre elles. Les cours d'eau dans leur travail de creusement, en entamant le sol les uns à côté des autres peuvent être très inégalement favorisés, soit ; comme puissance de l'eau soit comme résistance. Ainsi se produisent des phénomènes de capture, lorsqu'un cours d'eau plus actif dans le progrès de creusement (dont la régularisation se fait toujours de l'aval à l'amont) vient à capturer un cours d'eau voisin, dont il conquiert du coup toute la partie supérieure. A cause de cette action, les lignes de partage des eaux, loin d'être fixes, subissent une migration constante, reculant sans cesse la tête, toujours en progressant à partir des cours d'eau les plus actifs (1)
Les têtes des cours d'eau reculent donc peu à peu par suite de cette érosion régressive; deux rivières même séparées par un seuil, même appartenant à deux bassins différents, peuvent se réunir par l'effet de l'érosion régressive et l'un des cours d'eau, le plus actif, opérera la capture de l'autre en augmentant ainsi son lit, parfois considérablement.
C'est ce qui s'est passé pour le Réal Martin dont la source était, située près de la vallée du Réal Collobrier, aux environs de Pierrefeu.
Le Réal Martin après avoir rompu, en reculant sa source, le seuil qui le séparait du Réal Collobrier, l'a capturé; ce dernier, qui se jetait directement dans le Gapeau, vers Solliès-Pont, est passé ainsi à l'état d'affluent du premier, devenu très important à la suite de la capture d'autres cours d'eau dépendant de l'Aille, bassin de l'Argens vers Pignans.
Voilà donc le Réal Martin s'écoulant, de Pignans, jusqu'à La Crau, dans le Gapeau.

Stade 2 - Evolution du cours du Gapeau & du Réal Martin - (zoom)

3 - Nous arrivons ainsi au troisième stade, à la phase décisive dans l'évolution du Gapeau-Réal Martin.
3a - A cette époque, sur l'emplacement actuel du Bas-Gapeau existait un petit fleuve qui descendait des Maures et qui avait sa source située au pied du Mont Redon, au sud de cette colline, vers la Roquette. Par suite du recul progressif de ce fleuve côtier, il arriva finalement à entamer le cours d'eau voisin, en l'occurrence le Gapeau primitif, non loin du débouché du Réal Martin, à sa sortie du vallon des Martins. Dès lors, la capture du Gapeau par le petit fleuve côtier s'effectua, et assura d'une façon définitive le drainage des eaux du complexe Gapeau-Réal Martin vers la mer par la vallée de la Roquette.
Enfin, un petit cours d'eau, affluent du Gapeau définitif, a capturé le Réal Martin à Sauvebonne et l'a détourné vers le Bas-Gapeau par la vallée étroite (véritable couloir d'érosion certainement très récent d'après son extrême fraîcheur topographique) qui longe à l'est le Mont Redon, la Sauvebonne au sud du Viet.
La vallée abandonnée des Martins, vallée sèche qui s'étend du Pont de Sauvebonne au nord-est de La Crau, marque actuellement l'emplacement du cours inférieur du Réal Martin primitif.


Stade 3a - Evolution du cours du Gapeau & du Réal Martin - (zoom)

3b - Nous avons parlé, au cour de ce résumé de l'Eygoutier qui se réunissait au Gapeau dans la plaine de La Crau. A la suite du changement de cours de ce dernier, l'Eygoutier forma un vaste étang, un moment sans écoulement (cuvette de La Garde), les seuils des Gavaris, de la Moutonne, de Carqueiranne, quoique peu élevés ne lui permettant pas de draîner ses eaux vers l'est; finalement et tout récemment il se fraya un passage à l'ouest dans le seuil de Saint-Jean-du-Var, en creusant un couloir resserré, et encaissé à travers les conglomérats quartzeux triasiques de la Barre de la Palasse et s'écoula vers la rade de Toulon.
Il nous a paru intéressant de résumer ces faits, bien rapprochés de nous, géologiquement parlant, puisque l'homme de l'époque poléolithique (" Homo Erectus " --> 1 million d'années) a pu contempler le cours de l'ancien Gapeau et assister à sa transformation.
Le Gapeau supérieur n'est pas moins digne d'attirer l'attention par les curieuses captures qu'il a opérées au cours du Gapeau, avec son coude au sud de Méounes, est le résultat d'une capture aux dépens de l'Issole, c'est dire aux dépens du bassin de l'Argens ; le fait n'est pas douteux quand on étudie la morphologie générale de la cuvette de Méounes. Le Gapeau devrait donc son extension actuelle, en Provence calcaire, à des captures faites aux dépens à la fois du bassin de l'Argens et de celui de l'Huveaune (1).
D'une façon générale, tout le complexe hydrographique du Gapeau-Réal Martin est captureur, dans toutes les hautes parties, aux dépens des bassins voisins.

H. PARENT

 


Stade 3b - Evolution du cours du Gapeau & du Réal Martin - (zoom)

 

(1) Ces faits ont été démontrés par M. Lutaud, professeur de Géographie physique à la Sorbonne, dans une étude récente des alluvions du Gapeau et de son principal affluent, le Réal Martin.
(L. Lutaud. Etude tectonique et morphologique de la Provence cristalline. Revue et Géographique, tome XII, 1924).
Cet ouvrage peut être consulté à la Bibliothèque Municipale d'Hyères; la Commission de Bibliothèque, sur la demande de son distingué Président, M. Gustave Roux, vient d'en faire l'acquisition.

Ci-dessous, le document original de H. PARENT écrit dans le journal "La Vie Hyèroise" ainsi que la couverture du livre original du Professeur LUTAUD qui a servi de référence.
(Merci à Mireille GRIMAUD du Service Patrimoine de la médiathèque d'Hyères qui a retrouvé ces précieux documents)

LE PLAN DU PONT & LE GAPEAU


1 - Préambule
Lorsqu'il faut remonter le temps afin d'essayer de reconstituer l'histoire à partir de documents qu'il faut interpréter, chacun n'arrive pas forcément à la même conclusion.
Ci-dessous, la façon dont j'interprète les évènements.

2 - Constat sur le terrain
Un changement du cours du Gapeau a eu lieu au quartier du " Plan du Pont ". Actuellement nous retrouvons un magnifique pont datant du moyen âge sous lequel il ne passe plus d'eau.
Ses caractéristiques sont les suivantes :
-- Localisation : Longitude, latitude du pont[Degrés décimaux] : N 43,145 - E 6,131
-- Pont : longueur restante du tablier = 20,00m, largeur hors tout = 4,00m
-- Voie : largeur = 3,00m,
-- Parapets : hauteur = 0,80m, largeur = 0,50m
-- Hauteur (du terrain actuel au dessus du parapet) = 4,40m
-- Arche du pont : largeur au sol = 10,00m, Hauteur sous cintre = 3,00m (surface actuelle pour passage de l'eau = 18,00m2).
-- Assise pour autre arche (au nord sous le lierre) = 3,00m par rapport au sol
En raison de ses faibles dimensions, il est fort probable qu'il y avait plusieurs arches au pont, afin de permettre à la rivière le débit qu'on lui connaît. Aujourd'hui le Gapeau s'écoule 500 mètres plus au nord. La largeur de la vallée est d'environ 700m dans l'alignement du pont.
A l'époque, ce pont était le seul qui permettait d'entrer et de sortir de la ville d'Hyères avec des voitures à chevaux pour aller en direction de Draguignan, car à l'est, à l'ouest et au sud la ville était entourée de marécages.

3 - Questions !!

3a - Quand ce pont a t'il été construit ?

Un article de presse de Gustave Roux de janvier 1960 nous indique : ".... Quand le pont fut-il construit ? Sans doute en 1257 ou vers 1260, quand la ville d'Hyères était devenue un chef-lieu de viguerie ....... on décida alors la construction d'un pont sur la rivière pour faciliter les rapports administratifs et commerciaux du chef-lieu avec les villes et villages de la région........ et c'est seulement en 1361 que nous retrouverons l'expression "in plano Pontis" et en 1406 "ecclesiam sancti Stephani de Ponte" (église Saint Etienne du Pont).

3b - A l'origine, combien d'arches avait le pont ?

Pour l'instant nous n'avons aucune réponse à cette question.
La photo montage (3) illustre "ce que pouvez être" le passage du Gapeau sous le pont au pied de la bastide.
La photo (4) a été prise lors de l'inondation de novembre 2014. Nous pouvez remarquer qu'elle vient passer sous l'arche du pont médiéval.
Lorsqu'il déborde le Gapeau semble reprendre son ancien lit !


3c - Quelle était sa longueur totale ?

Ce qui est certain c'est que le pont ne faisait pas la largeur de la vallée !
Nous pouvons observer sur le plan de 1828 (5) qu'il est fait mention du "Chemin de Pierrefeu à Hyères" et que celui-ci s'arrête .... au bord du Gapeau ...... juste en face la bastide du Plan du Pont où on y retrouve notre fameux pont abandonné par le Gapeau ! Est ce une coincidence ?

3e - Le Gapeau passait-il vraiment sous ce pont ?

La réponse nous a malheureusement été illustré lors des crues de janvier et novembre 2014.

3e - Quand le Gapeau a t'il changé de lit ?

3e1 - Un article de presse de Gustave Roux de janvier 1960 nous indique : "..... en 1484, il enjambait encore la rivière et c'est sans doute au début du XVIème siècle, à la suite d'une forte crue et d'une inondation que le Gapeau faussa compagnie à ce maître qui le dominait."
3e2 - Le livre "LA CRAU des origines à nos jours" édité en 2000 par l'édition Mercadier nous indique à la page 64 : " En effet, depuis qu'une crue du Gapeau avait déplacé son lit et rendu inutile le pont du Plan du Pont en 1535, on passait à gué par une gaffe aux Mesclances.".
3e3 - Un article de presse de Gustave Roux de janvier 1960 nous apporte de précieuses informations :
"..... En 1535, la Provence fut partagée en sénéchaussées et Draguignan devait devenir un siège de sénéchal. Hyères ne voulut pas ressortir de Draguignan mais d'Aix, alléguant, entre autres raisons, qu'il était difficile de traverser le Gapeau en hiver pour se rendre à Draguignan. Cette affirmation laisse entendre : 1° que le pont du Plan-du-Pont ne pouvait plus servir, et 2° qu'il n'y avait pas d'autre pont sur le Gapeau.".
"..... Après que le Gapeau eut changé de cours au Plan du Pont et avant qu'on ne construise un nouveau pont sur cette rivière (R.N. 98) c'est à dire en 1624, les Hyèrois qui voulaient se rendre aux Bormettes (La Londe) où à Bormes devaient passer le Gapeau à gué ; ce qui était impossible en temps de crue."
"..... Quand le pont du Plan-du-Pont devint inutilisable et avant qu'on ne construise le pont de la route de Bormes (ex R.N. 98), une barque devait assurer le passage de Gapeau ......pour l'année 1617, les gages du gardien de la barque "pour passer les allantz et les venantz" sur le Gapeau s'élèvent à vingt écus."

Cette crue, a t'elle emporté à cette date une hauteur de 3 mètres d'alluvions sur toute la plaine ainsi que le reste du pont ?
Sur le plan (6) on voit en flèches vertes le "chemin de Pierrefeu à Hyères" qui arrive du château d'Hyères et qui repart de l'autre côté du Gapeau actuel. Les flèches bleues donnent une indication du tracé "supposé" de l'ancien lit du Gapeau qui passait sous notre fameux pont.

3f - Quel a été le débit du fleuve à ce moment là ?

Le débit maximum du Gapeau au niveau du barrage de St. Eulalie (archives de la banque HYDRO de la DIREN PACA sur 43 ans) a été le 28/12/1972 de 579 m3/seconde à 18h28 avec une lame d'eau de 3,00 mètres !!!!! -> crue centennale.
Ce jour là, il est passé par le déversoir du Plan du Pont (construit en 1961) un débit estimé entre 100 à 150 m3/s. A ce jour, nous ne savons pas si ce débit a été "inclus" dans les 579 m3/s ..... ou s'il encore les rajouter à ce chiffre.
La crue décennale est estimée à 310 m3/seconde, tout de même ! Plus près de nous le 09/11/2011 le débit maximum a atteint 320 m3/seconde + environ 60 m3/s par le déversoir du plan du Pont.
Lorsque le Gapeau changea de lit son débit fût certainement "phénoménal" !!!
Nous pouvons essayer d'imaginer le débit de 579 m3/s représentant une lame d'eau de 100m de large, 5,79m de hauteur et 1m d'épaisseur qui passe toutes les secondes !

4 - Archives anciennes
Nous trouvons traces de pluies exceptionnelles dans différentes archives :
4a - Archives de Belgentier : "l'inondation du 8 septembre 1651 fut si inattendue et rapide que 84 personnes périrent noyées et tous les ponts sur le Gapeau furent rompus."
4b - Archives municipales d'Hyères : lors du conseil du 24 février 1765, il est fait mention " de pluies continuelles qui règnent depuis trois mois qui empêchent les paysans de travailler et les réduisent à la dernière misère ".
4c - Archives Conseil Général de la Communauté : Lors de la délibération du 9 juin 1767, il est indiqué : "cette année là le Gapeau a débordé plusieurs fois de façon très importante. Les quantités d'eau ont été telles que toutes les terres au sud du Gapeau ont été envahies ainsi que l'étang du Pesquier. Le niveau des eaux a fini par créer une brèche sur le cordon ouest du tombolo, libérant une grande partie des poissons qui s'y trouvaient."
4d - Archives de Solliès-Toucas : "le 12 juillet 1812, un orage diluvien s'abat sur le village. Des torrents de boue envahissent les rues du village."

De tout temps le Gapeau créa des dégats et causa bien des soucis à tous ses riverains.
En 1956, suite aux crues du 24 et 25 mars, Joseph Clotis, maire d'Hyères a fait établir un rapport en 21 pages qu'il a lu et fait adopter lors de la séance du Conseil Municipal du 18 avril 1956.

Depuis, malgré un certain nombre de travaux réalisés, le Gapeau continue de temps en temps à inonder son voisinage.

 


1 - Hameau du Plan du Pont construit au moyen âge en bordure de la seule voie d'accés d'Hières vers Draguignan avec aujourd'hui le reste du pont sans le Gapeau - (zoom)


2 - Il subsiste une arche du pont du moyen âge mais le Gapeau n'est plus là et les autres arches du pont ainsi que les berges ont disparues


3 - Illustration de ce que pouvez être le Gapeau
sous le pont médiéval - (zoom)


4 - Le Gapeau passe à nouveau sous le pont médiéval
lors de la crue de novembre 2014 - (zoom)


5 - Sur le fond de plan 1828 on voit le "chemin de Pierrefeu à Hyères" qui s'arrête au bord du Gapeau !! - (zoom)


6 - Sur le fond de plan 1828 - (zoom)


7 - Cliquer ci-dessus pour lire le rapport complet


8 - Carte de 1727 sur laquelle le cordon ouest de l'étang du Pesquier a une brèche. Est-ce dû aux intempéries ? Est-ce volontaire ? - (zoom)

COMMENT ON TRAVERSAIT LE GAPEAU AUTREFOIS

Le présent article est rédigé notamment à partir d'extraits du livre "Pages d'histoire d'Hyères" de Gustave Roux retrouvés au Salon du Patrimoine de la Médiathèque d'Hyères.

"Dans les temps préhistoriques, quand la basse plaine n'était qu'une grande lagune marécageuse, le bas Gapeau devait constituer un lieu à peu près infranchissable, surtout au moment des pluies d'automne et d'hiver."

1 - Les gués ou "gafo"
Evidemment, le moyen le plus naturel de passer au -delà d'une rivière est de la traverser à la nage ou à gué.
Le Gapeau durant une bonne moitié de l'année, ne devait pas offrir de grosses difficultés pour sa traversée : il suffisait de choisir un endroit assez large et aux rives en pente douce.
Il existe encore de nos jours ;
1a - un gué pavé de grosses pierres plates, qui permet au C.V.O. n°9 de se poursuivre dans le terroir de La Crau, vers les Mesclans, la Roquette. Pour l'instant nous n'avons pas de trace de la construction éventuelle d'un pont en ce lieu. (photo 1)
1b - D'autres gués se trouvaient plus en aval :
1b1 - un au quartier des Vautes, (entre les ponts actuels de la 1ère D.F.L. sur la D559A et celui de la voie rapide vers La Londe : D98.)
1b2 - un autre, plus en aval, à la hauteur de la "campagne Chausse."

2 - Les barques et bacs
Quand on ne pouvait pas passer à gué parce qu'il y avait trop d'eau, on traversait alors en barque.
Cette technique fut probablement utilisée à partir du moment ou le pont du Plan du Pont devint inutilisable vers 1535 (voir détail chapitre ci-avant) et jusqu'à ce que le nouveau pont en pierre de la route de Bormes (ex. RN 98) fut mis en service vers 1624 (voir ci-après).
Nous lisons dans un document écrit en provençal "qu'un certain Barthélémy Gaétan doit pour 37 livres de poix, qu'il a acheté à crédit, pour radouber un caupol au Gapeau, grâce au travail d'un clafat étranger au pays : 17 sous et demi." (un certain
Barthélémy Gaétan doit pour 15 kilos de poix (mastic collant) qu'il a acheté à crédit, pour colmater les fissures d'une barque au Gapeau, grâce au travail d'un ouvrier étranger au pays : 17 sous et demi.)
La caupol était mue sans doute grâce à un cable tendu d'une rive à l'autre.
Sur quel point du cours du Gapeau se trouvait cette barque "communale"? Le cadastre de 1736 nous apporte, à priori, une réponse en nous situant "le quartier de la Barque" en amont du pont de la 1ère D.F.L. vers l'Oratoire et la Décugis, là où sera construit ultérieurement "la passerelle des Borrels" (voir plan 2 ).

3 - Les ponts et passerelles
3a - Le pont du Plan du Pont
Voir le détail de son histoire dans le chapitre précédent qui traite du changement du cours du Gapeau au niveau du "Plan du Pont."

3b - Le Pontilhal
Qu'était-ce que le Pontilhal ? Tout simplement un pont ruiné, puisque un acte de 1484 indique "versus pontem fractum". Ce pont dont il ne reste que quelques vestiges de culée à côté d'un ancien gué, (au 1b1 ci-dessus) ne devait être cependant qu'un petit pont pour piétons, cavaliers et bêtes de somme. Il permettait au nouveau chemin de Bormes venant de la "porte du Vernet" ou de la Marine (Porte Massillon) et traversant les quartiers de Saint Lazare, du Venadoux, de Mataffe et du Père Eternel, de poursuivre vers Bormes par Saint Nicolas des Salins. Ce pont, sans doute en bois, a dû disparaître à la suite d'une crue de la rivière.

3c - La passerelle des Borrels
Pour remplacer la barque des XVII et XVIIIème siècles, qui permettait le passage du Gapeau vers la bastide de "La Décugis" et en face de l'entrée de la "Grande Bastide" ou de Sainte Eulalie", la municipalité d'Hyères fit construire une passerelle en bois vers le XIXème siècle afin que le trajet d'Hyères à la vallée du Gapeau et de Sauvebonne, ainsi qu'aux Borrels (et vice versa) soit écourté pour les piétons, travailleurs, habitants, promeneurs et rammasseurs e champignons. (voir plan 2)
Inutile de dire que cette passerelle fût emportée plusieurs par les crues de la rivière et notamment le 11 février 1951. Dans sa réunion du 10 novembre 1954, le conseil municipal vota la somme de 5 millions de francs (anciens) pour la reconstruire, mais les travaux ne furent pas exécutés.

3d - Le pont de bois éphémère des italiens
Pendant la dernière guerre, et durant l'occupation de notre région par les troupes italiennes, celles-ci construisirent un pont de bois sur le Gapeau, au Plan du Pont, un peu en aval du confluent avec le Réal Martin. Ce pont qui fût démoli dès la libération avait l'avantage de raccourcir le parcours entre Hyères et la vallée de Sauvebonne, en supprimant le détour par le pont de la D559a (ex RN 98) et en empruntant le C.V.O. 9 (ou du Plan du Pont), en partant du Moulin Premier.


3e - Le pont du "Chemin Royal"
Celui-ci était sur le chemin d'Hyères à Bormes et à Saint Tropez (actuelle D559a, ex R.N. 98).
3e1 - Le pont de pierre
- photo 3
IL était
peu large et avait son arche en plein cintre.

Un vieux journal local du siècle dernier dit qu'il fût construit en 1624. Les archives confirment cette date car lors d'une assemblée des Communautés de 1622 à 1623, il a été décidé l'examen "d'un projet de construction de pont sur le Gapeau à Hyères. Il peut donc se faire que la construction ait été faite un ou deux ans après."
Celui-ci qui créait un étranglement dans l'écoulement du Gapeau et agravait les inondations fût détruit en 1894.
3e2 - Le pont métallique - photo 4 et 5
Le pont de pierre fût remplacé par un pont métallique plus large et muni de trottoirs.
En août 1944, les troupes allemandes en retraite firent sauter le pont et les alliés victorieux durent passer à gué, avant de placer un pont Bélier provisoire.
3e3 - Le nouveau pont
Le 12 mars 1945, un nouveau pont avec large tablier de 9,50m a été inauguré. Il comprend une route de 6,50m et deux trottoirs de 1,50m avec parapets (plan 6 et photo 7 et 8).
Dans les rapports de 1961, il est toujours fait référence à "l'étranglement" que constitue ce pont pour le bon écoulement du Gapeau
.
3e4 - Le pont actuel
Le pont de 1945, qui présentait un étranglement sur le Gapeau, a été remplacé par un pont plus large, dessiné entre le 3 juin 1979 et le 20 décembre 1979. La mise en service a eu lieu en deux temps ; pour la partie amont en mars 1980 et celle aval en mars 1981. Sur le plan (6), nous retrouvons le tracé du pont de 1945 et du nouveau .... actuel.

4 - Les ponts métalliques de chemins de fer
4a - Le pont de chemin de fer de la Compagnie de Provence (autrefois Compagnie du Sud-France)
- photo 9
La ligne d'Hyères à Saint Raphaël fut ouverte à l'exploitation en 1890 et fermée en 1948 suite aux dégats causés pendant la guerre.
4b - Le grand pont de la S.N.C.F. (autrefois P.L.M. soit Paris-Lyon-Méditerranée)
- photo 10
-- Ce pont qui enjamble le Gapeau près de son embouchure a été épargné lors de la défaite allemande en août 1944. Il a été construit vers 1875 et la ligne Hyères-Les Salins a été exploité à partir du 10 juillet 1876.
- Il a été remplacé en 1966, suite à un appel d'offre de juillet 1966. - photo 11.

Nota : Je remercie toutes les personnes qui me communiquent des documents d'une façon tout à fait désintéressée pour l'information de tous.


(1) Le passage à guet du Gapeau au quartier du Plan du Pont sur le chemin de La Crau aux salins


(2) Sur le fond de plan 1828 on voit le tracé du chemin qui conduisait au point de traversée du Gapeau en aboutissant en face le domaine de Ste Eulalie - (zoom)


(3) Pont de pierre du chemin Royal (ex RN98)
1824 - 1894 - (zoom)



(4) Vue inférieure du pont Eiffel du chemin Royal (ex RN98) - 1895 - 1944 - (zoom)


(5) Vue supérieure du pont Eiffel
du chemin Royal (ex RN98) - 1895 - 1944 - (zoom)


(6) Plan du projet du pont de 1980-1981 avec tracé de l'ancien pont de 1945
- (zoom)


(11) Appel d'offre de 1966 pour construction
du pont sur Gapeau CD42 - (zoom)


(7) Pont de 1945-1980 avec tablier métallique
en regardant vers l'aval - (zoom)

(8) Pont de 1945-1980 avec tablier métallique
en regardant vers l'amont - (zoom)

(9) Pont Eiffel pour le chemin de fer
du Sud France - (zoom)

(10) Pont Eiffel pour le chemin de fer en terminus
aux Vieux Salins - (zoom)
LE GAPEAU AUJOURD'HUI

1 - Sa source
Il prend sa source au pied du massif de la Sainte-Baume à 2 km à l'Est du village de Signes en bordure de la D2 à l'altitude 315m. (Longitude, latitude de la source [Degrés décimaux] : N 43.286 - E 5.890). Il rejoint "Le Latay" après 3,200km au lieu dit "le Moulin du Gapeau".
Il parcourt 42,7 kilomètres en traversant les communes de Signes, Méounes-lès-Montrieux, Belgentier, Solliès-Toucas, Solliès-Pont, Solliès-Ville, La Farlède, La Crau et Hyères ou il se jette en mer au sud-ouest des Salins d'Hyères, entre les lieux-dits les Cabanes du Gapeau et Simone Berriau Plage. Son bassin versant est de 548 km2 (source SANDRE). La pente moyenne du fleuve est donc de 0,7cm/m.

2 - Les sources sur son parcours
--- Un document d'archive de 1900 avec plan, constitue la présente liste de sources de l'Est de Signes jusqu'à Solliès-Ville :
1) Le Gapeau - 2) Beaupré - 3) Les Noisetiers - 4) Le Barbotel - 5) Le Figuier - 6) Montrieux le Vieux - 7) Montrieux le Jeune - 8) La Grande Servi - 9) La Petite Servi - 10) La Planque - 11) Le Naïs - 12) Les Taves - 13) Pont de Peyresc - 14) La Font Sainte - 15) La Tourne - 16) Truby - 17) Font du Thon - 18) Mèfre - 19) Nègre - 20) La Serre - 21) Les Escabielles.
--- A la présente liste il faut ajouter :
La source du Latay qui se trouve 15 km en amont de celle du Gapeau, ainsi que les sources de La Jonquière, de La Monache, du Petit Réal (au niveau du domaine de La Castille).
A ce jour, un certain nombre d'entre elles, ne sont plus actives.

3 - Ses moulins hydrauliques
Le rapport Bosc établit en 1843 localise 45 moulins au fil de l'eau entre Signes et Solliès-Pont. Ceux-ci fournissaient la force motrice à différentes activités industrielles . La dernière, qui a arrêté son activité est la tannerie Arnaud en 1999. L'eau était également souvent un élément qui entrait dans le processus de fabrication (papier, cuir, savon) et qui de fait polluait la rivière.

4 - Ses canaux d'irrigation
De nombreux canaux d'irrigations ont été créé tout au long du fleuve afin d'arroser les terrains cultivables notamment à l'Est de Solliès-Pont et de Solliès-Farlède comme nous le montre un extrait d'une carte d'état major de 1850 ci -dessous. A ce jour, combien en existe t-il qui arrosent encore des terres agricoles et qui contribuent à alimenter les nappes phréatiques jusqu'à son embouchure ? Depuis 150 ans, leur nombre doit avoir fortement diminué.


Tracé des canaux d'irrigation sur fond de plan de 1850 - (zoom)


Localisation de la source du Gapeau - (zoom)

 


Plan de localisation des différentes sources qui alimentent le Gapeau sur son parcours jusqu'à Solliès-Ville - (zoom)

GAPEAU ou LATAY ou BEAUPRÉ

Nous avons une énigme sur le nom "Gapeau" car en réalité celui-ci est l'affluent du Latay qui prend sa source à 700m d'altitude (Longitude, latitude de la source [Degrés décimaux] : N 43.337 - E 5.874) à 15 km en amont de la source du Gapeau. A priori, ce dernier aurait donc du s'appeler "Le Latay" !!!

Si nous redescendons le cours du Latay (sans commencer à sa source), nous constatons qu'environ à partir du "Pont du Diable", un canal a été aménagé en parallèle au Latay afin d'alimenter, notamment à une certaine époque, un moulin hydraulique. C'est ainsi qu'à certaines périodes de l'année le cours d'eau du Latay est à sec (en surface), alors que le canal coule abondamment.

En juillet 2016, j'ai pu constater que le Gapeau coulait "un peu", le lit du Latay était sec, alors que la source Beaupré avait un débit plus important que celle du Gapeau. Pour cette dernière les statistiques nous indiquent un débit moyen annuel de 320 m3/h.


Localisation des sources du Latay et du Gapeau - (zoom)
LE REAL MARTIN & LE REAL COLLOBRIER
affluents du Gapeau

1 - Le Réal Collobrier
Le Réal Collobrier est un "sous-affluent" du Gapeau et un affluent du Réal Martin. Il se situe sur la commune de Collobrières.
Il prend sa source à l’est de Collobrières, à l'extrémité du vallon de Valescure à 600m d'altitude (Longitude, latitude de la source [Degrés décimaux] : N 43.281 - E 6.358). Après avoir reçu l’apport de nombreux ruisseaux, il traverse Collobrières (altitude 150m), longe la D 14 et conflue avec le Réal Martin à la Tuillière, au nord-est de Pierrefeu-du-Var à l'altitude 68m.
- longueur de la rivière : 24 km
- superficie de son bassin versant : 90 km2 (9000 ha)
- largeur moyenne de la rivière plein bord : 6 mètres
- pente moyenne de la rivière : 2,2 cm/m.
Le débit du Réal Collobrier est suivi en permanence afin de prévenir les risques d'inondation en aval.

2 - Le Réal Martin
Le Réal Martin prend sa source au nord-est du village de Pignans, dans le quartier des Plaines à l'altitude 215m. (Longitude, latitude de la source [Degrés décimaux] : N 43.3071 - E 6.2697). Il passe au sud du Collet du Thouart, récupère le Réal Collobrier au lieu dit La Tuilière après 14 km à l'altitude 68m. et rejoint le Gapeau après un parcours total de 28 km à l'altitude 18m.
- superficie du bassin versant : 200 km2 (20000 ha)
- largeur moyenne : 7 mètres
- pente moyenne de la rivière : 0.7 cm/m.
Occupation du bassin versant :
-- 65% en forêts et milieux semi-naturels
-- 30% en territoires agricoles
-- 5% en territoires artificialisés (1)

Nous pouvons remarquer que le Réal Collobrier a une pente moyenne trois fois supérieure par rapport à celle du Réal Martin - (2,2 pour 0,7)

Documentation : Bassin de recherche sur le Réal Collobrier
Source SANDRE (1)


Bassin versant du Réal Collobrier- (zoom)


Bassin versant du Réal Martin - (zoom)

LES TORRENTS SECONDAIRES EXTRA-URBAINS
affluents du Gapeau


1 - Le Muat

Son bassin versant est d'environ 500 ha avec un habitat presque inexistant (plan 1)
Ce torrent draine les bassins versants situés au sud du domaine du Plan du Pont. Son tracé a certainement été dévié à plusieurs reprises.
- En 1828 (cadastre Napoléonien)
Son implantation en parallèle au pied de bassin versant n'a rien de naturel. Il a donc été dévié afin de rejoindre le Gapeau à 2,400 km du confluent Gapeau/Réal Martin (plan 2).
Sur le plan de détail des parcelles (plan 3) nous pouvons voir la parcelle 3266 qui rejoint le Gapeau avec une forme en "entonnoir" qui ressemble à un confluent "torrent/fleuve". Celle ci est dans l'alignement du vallon du Muat. Est ce une coincidence ou alors tout simplement l'ancien lit du Muat ?
Cette déviation évite de couper en deux le domaine agricole. A ce moment là, le chemin "de La Crau aux Salins" est toujours opérationnel dans son tracé original.
- En 1850, 1889 et 1914
Nous retrouvons le même tracé du cours Muat ainsi que celui du chemin "de La Crau aux Salins". (plan 4 de 1850)

- En 1932
Le Muat suit toujours le même itinéraire. Un tronçon du chemin qui allait à La Crau disparaît entre l'ancien pont et la bastide du Plan du Pont et l'on trouve à la place "la digue". Une route donne, à ce moment là, un accés direct à la bastide (plan 5).
- En 2012
Bien que représenté sur la carte IGN, (plan 6), le lit et l'exutoire du Muat ont changé de lieu. (photo 7 extraite de Google Maps). L'eau s'écoule désormais "en totalité" dans l'ancien chemin "de La Crau aux Salins" pour se jeter au nord/ouest du lotissement "Le Saint Louis" (plan 6). L'état des lieux, à ce jour, ne laisse pas entrevoir "un aménagement hydraulique étudié" (voir photos ci-après de 7 à 18).
Des buses de différents diamètres ont été posées dans les gués et la végétation ayant envahit tout le parcours de l'ancien chemin (photos 8 à 18), le bon écoulement lors de fortes pluies pose bien des problèmes.

Sur le domaine du Plan du Pont, au niveau du confluent Gapeau/Réal Martin une digue en terre a été initialement construite. Des courriers retrouvés dans les archives municipales, datés du 25 avril 1809 et du 13 juin 1898 relatent la nécessité urgente de colmater des brêches dans la digue du Plan du Pont. En 1920 des panneaux en béton armé remplacent la digue en terre sur un tronçon de 235m.. Un déversoir de 88m de large est aménagé en 1961 afin d'un peu délester le débit du fleuve jusqu'au barrage de Sainte Eulalie. Ces eaux du derversoir inondent ainsi le domaine agricole du Plan du Pont et rejoingnent alors le lit du Muat qui a bien du mal à évacuer de tels débits.


1) Bassin versant du Muat - (zoom)


2) Tracé du Muat sur plan d'ensemble du cadastre Napoléonien de 1828 - (zoom)


3) Tracé du Muat actuel sur extrait cadastral de 1828 avec tracé originel supposé - (zoom)

4) Tracé du Muat sur carte de 1850 - (zoom)

5) Tracé du Muat sur carte de 1932 - (zoom)

6) Tracé du Muat sur carte IGN de 2012
avec erreur car le lit ancien n'existe plus - (zoom)

7) Tracé du Muat sur extrait de Google Maps
avec lit ancien et actuel - (zoom)

8) Traversée du gué au point A du plan 6
(zoom)

9) Le Muat au point A du plan 6 - vue N/O
(zoom)

10) Le Muat au point A du plan 6 - Ecoulement de la
cressonnière qui l'alimente - (zoom)

11 ) Traversée du gué au point B du plan 6
(zoom)

12 ) Le Muat au point B du plan 6 - vue N/O
(zoom)

13 ) Le Muat au point B du plan 6 - vue S/E
(zoom)

14 ) Traversée du gué au point C du plan 6
(zoom)

15 ) Le Muat au point C du plan 6 - vue N/O
(zoom)

16 ) Le Muat au point C du plan 6 - vue S/E
(zoom)

17) Le Muat au point D du plan 6 - vue N/O
(zoom)

18) Le Muat au point D du plan 6 - vue N/E vers
le Gapeau à 200m. (zoom)

2 - Le Réal des Borrels
Il draine toute les eaux du vallon des Borrels (du 1er jusqu'au 3ème) à partir de la limite avec la commune de La Londe les Maures. Il récupère également les eaux du vallon de la Font de la Truie ou le barrage de l'Estelle a été projeté en 1975. Il se jette dans le Gapeau au niveau de La Clapière.

Son bassin versant est d'environ 1600 ha (16 km2). avec une urbanisation qui se limite aux trois hameaux.

Après les années de sècheresse de 1973 et 1974, suite à une délibération du Conseil Municipal du 13/12/1975, un projet de barrage en "terre armé" dans le vallon de l'Estelle a été étudié et présenté en 1977 afin de créer une réserve d'eau qui puisse notamment servir à l'alimentation en eau potable de la ville.
Les caractéristiques étaient les suivantes :
-- Largeur : 150 m en partie supérieure
-- Hauteur : 30 m
-- Déversoir à la côte 87,00 NGF,
-- Niveau haut des fondations : 60,00 NGF
-- Niveau haut du barrage : 90,00 NGF
-- Evacuateur de crue de 90 m3/s
-- Longueur du plan d'eau : environ 1500m
-- Capacité approximative : 2 000 000 de m3 (volume acheté au SIAET en 2010 = 2 000 000 m3)
-- Bassin versant : 6 km2 environ
-- Estimation en 1977 = 5 300 000 francs (actualisée à environ 3 500 000 euros en 2005).
Pour l'instant ce projet est toujours "dans les cartons" comme celui sur le Réal Collobrier qui a été projeté en 1956 (en page 15 du "Rapport Clotis").

Vous trouverez des informations détaillées relatives à ce projet de barrage dans la page consacrée à "L'eau de pluie"

 


Bassin versant de Réal des Borrels - (zoom)


Localisation du barrage de l'Estelle (projeté)
et de son plan d'eau - (zoom)

LE ROUBAUD
SON HISTOIRE


1 - Période "Roubaud-Gapeau"

Il a été démontré par le profeseur Lutaud que le Gapeau coulait à l'origine vers la mer par la dépression de Saint Jean et de la plaine d'Hyères entre le Mont des Oiseaux et les Maurettes. Il s'étalait au pied de la colline où devait s'édifier plus tard la Ville d'Hyères.
Voir en haut de la présente page : "Le cours du Gapeau à travers les âges"

2 - Période "Roubaud-marécages du Palyvestre"
Selon les explications énoncées dans le précédent chapitre concernant le changement du lit du Gapeau, le Roubaud a drainé à partir de ce moment là, toutes les eaux des bassins versants situés à l'Est de La Moutonne sur environ 2000 ha (1). Après des prospections sur le terrain, il n'a été trouvé de "source" du Roubaud ? On peut supposer que son débit exclusivement lié aux intempéries se diffuse alors dans les marécages (du Palyvestre).

3 - Période "Roubaud-Canal Jean Natte-Pesquiers"
Le cours du Roubaud va voir son écoulement naturel modifié vers 1480 lors de la réalisation du canal Jean Natte.
Dans la convention signé le 27 décembre 1455 par Jean Natte avec la communauté d'Hyères, il est précisé que "la fuite" du béal devra être amenée jusqu'au Gapeau ou à la mer.
En 1480, la mise en service du canal Jean Natte va apporter une quantité d'eau régulière en provenance du Gapeau qui aboutira dans le cours du Roubaud en différents endroits en fonction des usages d'arrosage ou de fonctionnement des moulins. La "fuite" principale de ceux-ci se fera entre la rue Brest actuelle et l'Est du Jardin Olbius Riquier.
La carte Cassini de 1778 nous communique le tracé schématique initial du Roubaud (2). Nous observons alors qu'il tourne à angle droit vers le sud (au niveau du Jardin Olbius Riquier actuel) ; ce qui n'a rien de naturel hydrauliquement. Ce brusque changement de direction correspond au prolongement du canal de fuite du béal et à l'obligation de Jean Natte de créer un béal jusqu'à la mer (le tracé choisi étant le plus court). Il se jette alors dans l'étang du Pesquier en y apportant son eau douce et ses alluvions épisodiques à environ 650 mètres à l'Est du rond point giratoire
actuel de l'Almanarre et 350 mètres au nord de ce dernier (au niveau de l'entrée de l'ancienne station d'épuration).
Dans une période probablement beaucoup plus récente
, des vidanges ont été mises en place sur le parcours du canal afin de le délester d'un excédent de débit, notamment lors de fortes intempéries. Au fil du temps, celui-ci a reçu de plus en plus de déversements d'eaux pluviales qu'il ne pouvait plus évacuer à l'arrivée du premier moulin.

*
Quel était le tracé précis du "Roubaud-Béal" dans la dernière partie de son parcours ?
-- Nous connaissons les points de départ et d'arrivée du Roubaud sur le tracé initial que j'ai figuré par des ronds rouges (si on trace la ligne qui les joint cela donne environ la direction du sud.
-- Il est à supposer que le Roubaud, comme tous les cours d'eau, servait à délimiter les parcelles. Nous devons donc trouver des alignements de limites qui nous donnent un trait "relativement continu".
-- Après observation d'un extrait du cadastre Napoléonien de 1829 ci-dessous (3) ; j'ai dessiné des flèches bleues qui suivent des alignements de chemins et de parcelles. Cela ressemble beaucoup au tracé de la carte Cassini, sauf dans la partie centrale où il y a un esse beaucoup plus appuyé !

-- Le texte en bleu vous permez de vous repérer sur le plan.
A vous de juger et de vous faire votre propre opinion.

4 - Période "Roubaud-Canal Jean Natte-Ayguade"

En 1822, le cours du Roubaud est détourné à l'ouest de la piste actuelle de l'aéroport pour rejoindre, la lone du Ceinturon qui s'avance dans les terres. Il se jette depuis cette année là, à l'Ayguade.
L'amorce du canal navigable commencé dans les années 1700 semblait se situer au nord de cette lone sur la carte Cassini. Sur d'autre carte, ce n'est pas le cas ... alors !
Les travaux de détournement du Roubaud ont été réalisés par Jean-Baptiste Aurran dans le bût d'assécher et d'assainir les marais du Ceinturon et des Riolets suite à une ordonnance du Roi Louis XVIII, du 13 mars 1822. (4)

Sans apport d'eau douce, en dehors des pluies, l'étang du Pesquier retrouve son eau salée (ou fortement saumâtre).

A partir de 1848, une portion de la partie nord de l'étang est aménagée en marais salants.
La route " des marais " allant de l'Almanarre au Rond Point Plage isole, au nord de celle-ci, le marais de l'Esparre (remblayé à ce jour) ainsi que celui de Redon (ou Rodes), dont il ne reste aujourd'hui plus qu'un échantillon après les remblais successifs qui ont été effectués (5).

Initialement le Roubaud avait un cours naturel avec ses berges verdoyantes (6). Depuis plus d'une dizaine d'années, le lit du Roubaud a été dévié lors de la réalisation de l'autoroute et entièrement "bétonné" entre l'avenue Paul Bourget et la levée du Ceinturon (7) sur 2,500km jusqu'à 2,000km de son embouchure. Cela préserve des risques d'inondations, mais augmente la vitesse de l'eau et empêche toute infiltration d'eau douce dans la nappe phréatique qui en aurait bien besoin, notamment pour limiter la remontée du biseau salé qui est un gros problème pour les ressources en eaux de notre commune.



(1) Tracé du bassin versant de 2000 ha env. - (zoom)


(2) Tracé du cours du Roubaud en 1778 & amorce
du canal de l'Ayguade - extrait carte Cassini - (zoom)


(3) Tracé "supposé" du cours initial du Roubaud
sur fond de plan Napoléonien de 1829
(zoom pour comparaison avec carte Cassini)


(4) Tracé du Roubaud à partir de 1822 (en bleu clair)
après assainissement des marais (zoom)


(5) Extrait de carte de 1914 avec la "route des marais",
le marais de l'Esparre et celui de Rodes après
la création des marais salants du Pesquier - (zoom)


(6) Les berges naturelles se font rares. Ici nous sommes en face la Maison du Tourisme à l'entrée d'Hyères - (zoom)

(7) Le Roubaud bétonnée vers le Centre Technique Municipal
(zoom)

 

LES COURS D'EAU ET CANAUX QUI ALIMENTENT LE ROUBAUD

1 - Le canal Jean Natte
Le canal Jean Natte qui prend sa naissance à La Crau, au barrage de la Castille (1) n'est pas un torrent. Cependant, dans la pratique, il y a beaucoup de rejets d'eaux pluviales dans le canal tout au long de son parcours. Il est constaté que lors des orages (même lorsque la vanne de départ est totalement fermée) le Béal est en surcharge et il est nécessaire d'ouvrir des vidanges sur son parcours afin d'éviter des débordements à l'entrée de l'agglomération. Quelques grilles transversales servent à retenir les nombreux "flottants" qui tombent dans le canal. Lors de débits importants, celles-ci sont rapidement obstruées et perturbent encore davantage le passage de l'eau.

Altitude du radier départ de l'écluse = 40m (en UTM 32T 0262083 E - 4782625 N)
Altitude du radier au premier moulin, rue de Limans à Hyères = 38m (en UTM 32T 0266357 E - 4778207 N)
Longueur du Canal = 9,400 km , largeur moyenne 2m.
L'histoire du canal Jean Natte

Il est à noter que les excédents d'arrosage, les surverces et vidanges du Béal alimentent le Roubaud après le quartier Gavary.

2 - Le réal de la Bayorre
Ce torrent draine les eaux au nord du quartier de Saint Gervais (avec les fossés en bordure de RD 554) ainsi que celles de La Bayorre sur le versant sud du Fenouillet. Il croise le Béal par le dessous (en UTM 32T 0264324 E - 4778760 N) puis descend vers la Demi-Lune ou il rejoint le Roubaud.
Au croisement avec le canal Jean Natte, nous avons une martelière (2) qui est souvent ouverte complètement et qui alimente en permanence avec un bon débit (3) ce réal et donc le Roubaud.

3 - Le Réal Baye
Le Réal Baye prend sa naissance dans la vallon des Maurels au nord-ouest du château d'Hyères. Il est alimenté pratiquement en permanence par une martelière de vidange du Béal (4) au quartier de La Poterie lors de leur croisement (en UTM 32T 0265170 E - 4778723 N), puis il longe le nouveau hôpital d'Hyères (à l'Ouest) et se jette ensuite dans le Roubaud au niveau de l'échangeur avec l'autoroute. Là encore, la martelière ouverte en grand donne un débit conséquent (5).
Son bassin versant est d'environ 160 ha. dont 30% environ est urbanisé (6).

4 - La Luquette
Elle prend naissance sur le plateau de Costebelle et draine les eaux des bassins versants en direction du nord en remontant l'avenue Edith Cavell pour rejoindre le Roubaud (9). Elle recueille au passage les eaux de surverse de la source de La Vierge (vers le Chemin de l'Ermitage).
Son bassin versant est d'environ 110 ha. dont environ 50% est urbanisé (10).

5 - Le canal de la Roubaudine
Nous retrouvons son tracé
visible sur un plan de 1914 (11). Nous constatons que son départ se fait à partir du Béal Jean Natte à l'intersection de l'av. des Iles d'Or et de la Rue Serré de Rivière. Il coupe ensuite l"av. Godillot puis oblique à l'Est au niveau du Rond Point Petit. Il passe sous le lotissement de La Marquise, ressort Impasse Barbesant, passe au nord du lotissement du Gros Pin (12). Il collecte toutes les eaux descendantes des canaux secondaires du Béal qui alimentent bon nombre de propriétés en aval des moulins. Ils partent notamment des rues Galliéni, Soldat Bellon, Brest et place Lefebvre. La Roubaudine rejoint le Roubaud à l'Av. Jean Moulin (13).

6 - Le canal principal en aval des anciens moulins
Le dernier des trois moulins se situait en haut de la rue de Brest.
Le canal d'évacuation principal est toujours en descendant cette rue, puis se sépare en deux en haut de la place Lefebvre. Un prends la direction du Chemin du Martinet (14). L'autre descent l'av. Ambroise Thomas pour alimenter le jardin Obius Riquier. Schématiquement ces deux canaux passent de part et d'autre du jardin tout en alimentant son étang au passage. La surverse de celui-ci s'écoule alors dans le Roubaud (15).
Deux portes mécanisées (HS à ce jour) permettaient de créer une retenue d'eau au droit du Chemin de la Verlaque

7 - La Sauvette
Elle se jette dans le Roubaud à 800m en amont du barrage antisel (16).
Voir les détails ci-après dans les torrents secondaires urbains.

--- EN RESUME
En dehors des périodes pluvieuses, si le canal Jean Natte est fermé à son origine, l'écoulement du Roubaud se résume à filet d'eau. Cet état de fait peut être vérifié lors du curage annuel de celui-ci.
Il est donc primordial que ce canal créé en 1460 soit conservé et entretenu afin qu'il contribue à alimenter la nappe phréatique du Roubaud sur son parcours.
N'oublions pas non plus que lors des orages, le canal sert de pluvial de façon volontaire (exutoires directs dans le canal) ou involontaire (eaux de ruissellement en amont des berges).

Les Réals qui s'écoulent vers l'Eygoutier à la limite de partage des eaux
Le réal des Avocats

Ce Torrent draine les eaux pluviales de ce quartier sur la commune de La Crau. Il a la particularité de croiser le canal jean Natte par le dessus. Ses eaux se dissipent dans les "restes" d'une zone humide située entre l'autoroute et la voie SNCF. Ses eaux rejoingnent l'Eygoutier.
Le réal de la Pendelotte
Ce torrent draine les eaux du quartier de La Pendelotte sur le versant sud du Fenouillet. Il se situe au point de partage des eaux. Il croise le Béal, par le dessous, à la surverse de celui-ci énoncée ci-après pour rejoindre l'Eygoutier (8).
La surverse de la Camérone
Sur le canal Jean Natte, un limiteur de débit, une surverse et une martelière alimentent un ruisseau à l'impasse de l'Estalle (UTM 32T 0262942 E - 4778847 N) qui descend jusqu'à la voie ferrée à la limite Est de l'Estagnol. Celui-ci longe ensuite au nord la voie SNCF en direction de l'ouest pour rejoindre l'Eygoutier.

Vérification sur le terrain
Le 21 mai 2013, je me suis rendu au lieu dit La Camérone en compagnie de Franck Chauvet (président de l'ASILAC du Canal Jean Natte) ainsi que de Pierre LAVILLE (président de l'A.P.G.). Après investigations sur le terrain et renseignements fournis par le propriétaire des lieux, nous avons constaté que le Réal de La Pendelotte (qui draine en ce lieu, les eaux de vidange et de surverse du Béal) suit le parcours tracé en bleu sur le plan (8) ci-dessous. Ce tracé est en contradiction avec l'ensemble des plans (IGN + autres) et documents officiels diffusés à ce jour car ces eaux s'écoulent vers l'ouest pour alimenter l'Eygoutier (et non le Roubaud).



(1 ) Tracé du canal Jean Natte à partir du barrage de la Castille - (zoom)


(2) Martelière de la Bayorre sur le béal - (zoom)


(3) Sortie de martelière de la Bayorre sur le béal - (zoom)


(4) Martelière ouverte en grand sur le Béal - (zoom)


(5) Débit de la martelière dans le Réal Baye "bétonné"
(zoom)


(6) Bassin versant du Réal Baye - (zoom)

(7) Canal Jean Natte, réals et Roubaud du quartier des Avocats à la mer - (zoom)
sur fond de plan 1914 (ouvrages hydrauliques surlignés)

(8) Partage des eaux à la limite des communes - (zoom)


(9) Débouché de La Luquette à l'Est
du pont de l'av. Edith Cavell - (zoom)


(10) Bassin versant de La Luquette - (zoom)


(11) Tracé de la Roubaudine entre les repères A et B
sur fond de plan de 1914 - (zoom)


(12) La Roubaudine à l'Est de
l'av.Edith Cavell - (zoom)


(13) Le Roubaud et la Roubaudine
se rejoignent à av. Jean Moulin - (zoom)


(14) Exutoire du Béal qui a son origine place Lefebvre,
après les 3 moulins - (zoom)


(15) Surverse de l'étang du jardin qui est alimenté
par le Béal - (zoom)


(16) La Sauvette arrive à la perpendiculaire
dans le Roubaud - (zoom)


En septembre 2015, il n'a pas plu depuis 2 mois et demi ..... et le Roubaud coule toujours ! ! !

Le petit film reportage ci-dessous vous permet de visualiser la réponse à cette question.

 
LES TORRENTS SECONDAIRES URBAINS

* Le Mataffe
Il ne vit que par période de pluie. Il collecte les eaux des collines Nord-Est de la Ville. Par forte pluie il devient torrent, sortant aisément de son lit, empruntant les chemins, s'étalant dans les terres, venant épauler l'effort de destruction des eaux du Gapeau.
Il reçoit parfois une partie des eaux de son voisin "La Ritorte" dont il est question ci-dessous.
Le Mataffe a plusieurs fois changé de lit, aujourd'hui il se jette dans le Gapeau un peu en amont du barrage anti-sel.
Son bassin versant est d'environ 75 ha. dont environ 30% est urbanisé.

* La Ritorte
Elle prend sa source au bas du cirque qui, sur trois côtés, surplombe le cimetière. Son parcours se continue au fond d'une vallée formée par deux collines, qui sont aujourd'hui urbanisées. Elle grossit très vite par forte pluie. Des déversoirs de pluie ont été aménagés sur son parcours afin de réguler son cours lors de précipitations abondantes. Il passe au sud du lotissement du Pyanet et va se jeter dans la lône qui aboutit à la mer au nord de l'Ayguade.
De nombreux propriétaires ont eu le souci de se préserver des eaux par des digues et des martelières à l'entrée de leur propiété. C'est la route de l' Ayguade C.V.O. I5, qui reçoit les surverses d'eau lors des forts orages. Un grand canal a été aménagé jusqu'au Roubaud afin de drainer toutes ces eaux afin de ne pas inonder la zone urbanisée de l'Ayguade.
Son bassin versant est d'environ 200 ha. dont la moitié environ est urbanisée.

* La Sauvette
Elle reçoit les eaux de toute la colline sur laquelle est bâtie la vieille Ville. Elle est souterraine tout au long de la traversée de la Ville où l'on a eu soin de lui faire un lit assez grand.
Ces dernières années, lors de la construction de nouveaux immeubles sa section a quelquefois été diminué et cela provoque des inondations en amont lors de forts orages.
Elle traverse la voie Olbia au niveau de la rue Soldat Ferrari/Chemin de Macany, puis le quartier des Rougières et se jette dans le Roubaud 800m en amont du barrage antisel.
Son bassin versant est d'environ 150 ha. donc la moitié environ est urbanisée.


Bassin versant du Mataffe - (zoom)

Bassin versant de La Ritorte - (zoom)

Bassin versant de La Sauvette - (zoom)

L'EYGOUTIER

* Son histoire
Dans la cuvette de la Garde lorsque l'érosion a créé un passage dans la Barre de la Palasse au "Pas de la Clue" ("clue" = rétrécissement), l'eau des marécages s'est progressivement écoulée vers la rade de Toulon par ce passage étroit.

C'est ainsi qu'est né l'Eygoutier qui prend sa source à la Crau (dans le marais de l'Estagnol à La Moutonne), puis traverse le Plan de la Garde pour rejoindre la mer.

Différents " eygoutiers " se sont alors créés ou ont été aménagés pour drainer toutes les eaux de l'ensemble du bassin versant de 7200 ha.
Nous trouvons :
** au nord de l'Eygoutier (en partant de l'Est vers l'Ouest) : le Lambert, le Réganas, la Planquette, Ste Musse et St Joseph,
** au sud de l'Eygoutier (en partant de l'Est vers l'Ouest) : la Règue et l'Artaude.
Il est à noter que sur la commune de La Crau, au quartier Gavary, les eaux résiduelles d'arrosage provenant du Canal Jean Natte alimentent l'Eygoutier.

Initialement "l'Eygoutier" se jetait dans le port de Toulon.

Au XVIIème siècle, sous Colbert, le cours de l'Eygoutier est dévié à Toulon du Port Marchand vers l'ouest du Fort Saint-Louis afin d'éviter l'ensablement de la rade de Toulon. (plan 3 ci-contre)

En 1856, la déviation initiale ayant un débit insuffisant, un tunnel d'un débit maximum de 45m3/s est creusé sous le Fort Lamalgue sur une déviation de la rivière en direction de l'Est du Fort Saint Louis.

* Ses caprices
Afin de limiter les risques d'inondation dans la plaine de la Garde, un tunnel a été creusé en 1889 au " Pont de la Clue " afin d'évacuer un débit de 20m3/s. La poursuite de l'urbanisation et de l'imperméabilisation des terrains dans tout le bassin va rapidement saturer cet ouvrage.

Des crues importants sont constatées en 1855, 1886, 1909, 1923, 1955, 1957, 1959, 1973, 1978 et 1999.
Lors de la crue centenaire de 1978 avec un débit de 200m3/s, ces ouvrages ont été largement insuffisants !

Un projet de doublement du tunnel du Pont de La Clue a été mis à l'étude. La présentation des résultats de celle-ci est faite en 1993. Le coût de l'ensemble de l'aménagement est estimé à 156 MF pour un débit de 65 m3/s, ce qui semble déjà insufisant en comparaison au 200 m3/s de 1978.
 Cependant de bonnes raisons écologiques, économiques et politiques bloquent toujours le projet.

* Son fonctionnement
Le bassin versant se décompose en deux parties.
1 - En amont du tunnel du Pont de La Clue pour 5000 ha.
Les eaux pluviales transitent par ce tunnel jusqu'à son débit maximum de 20 m3/s, puis passent ensuite en surverse dans la continuité de l'Eygoutier. Un batardeau permet de diminuer ou de stopper le passage de l'eau dans le tunnel, la dirigeant ainsi dans la continuité de l'Eygoutier vers le Mourillon.
2 - En aval du tunnel du Pont de La Clue pour 2200 ha
.
En plus des eaux de ce bassin versant, le tunnel de Lamalgue va devoir évacuer les eaux de l'Eygoutier qui passent en surverse au Pont de La Clue
lors des fortes précipitations.

* L'association AIRE
En nov. 1998 : Création de "l'AIRE" : Association Intercommunale des Riverains de l'Eygoutier. Celle-ci a pour objectifs:
--- la construction rapide du nouveau tunnel au Pont de la Clue ayant une capacité de 65 m3/s en doublement du tunnel actuel.
--- l' amélioration de l'environnement de l'Eygoutier et de ses affluents.

Site d'information sur l'Eygoutier : l' A.I.R.E.


1 - Bassin versant des Eygoutiers vers le Pont de La Clue
& Le Mourillon - (zoom)


2 - "L'Eygoutier" au départ de La Moutonne. Il se jettera
à la mer au Pont de La Clue & au Mourillon


3 - Déviation de l'Eygoutier au XVIIème siècle - (zoom)


4 - Sortie en mer du tunnel de la Clue lors de la crue de 1978
Photo extraite du site original de l'Association
Intercommunale des Riverains de l'Eygoutier
- (zoom)

mis à jour le29/01/2015