Les usines hydrauliques


LE BELIER HYDRAULIQUE de 1851


Lors d'une délibération du 23/02/1851, le conseil municipal décide d'installer un bélier hydraulique en fonte de fer dans le moulin de la rue de Limans. Elle confit la fabrication de ce bélier à l'Ecole Nationale d'Arts et Métiers d'Aix pour la somme de 1600 francs. La convention signée précise que le bélier doit débiter un litre par seconde (soit environ 80m3 par jour).
La conduite élévatoire (200m), est en tôle et bitume d'un diamètre de 81mm sur 160m et de 189mm sur 40m. Elle est posée par La Compagnie de Marseille moyennant la somme de 1490 francs. Le terrassement et la pose du bélier reste à la charge de la commune.
Il est mis en service le 6 juillet 1851. Il élève l'eau du Béal, épuré par un filtre, jusqu'au petit réservoir de la maison curiale afin d'alimenter la partie basse de la ville. Cette installation particulière conduira à faire 2 modifications dans les 7 mois qui suivent.
Un courrier du 22 avril 1853 de M. De Laneville au Maire d'Hyères fait allusion "à la non réussite de l'entreprise qui a été tenté l'année dernière" (le bélier ou plus particulièrement la conduite semble alors avoir de sérieux problèmes). Il propose dans ce courrier d'installer une machine à vapeur avec pompe sur la propriété de M. Denis sur laquelle se trouve l'usine à gaz .... (Route de Toulon, 100m à l'ouest du début de la Rue Eugénie) et également le Béal. Le gaz fabriqué pour l'éclairage public pourrait ainsi alimenté directement la machine à vapeur dont la pompe refoulerait l'eau
à la place Saint Paul dans des tuyaux en fonte. Ce courrier ne semble pas avoir eu de réponse favorable.

L'USINE HYDRAULIQUE

1864
-- Rapport du 06/04/1864
Celui-ci qui comprend 22 pages nous apporte les indications suivantes :
Sur la situation à cette date :
* débit moyen de la source de La Vierge" = 30 à 40m3 par jour,
* construction en 1863 de la citerne de 6000m3 de l'Ermitage afin de réaliser un stockage durant l'hiver à partir de la source de La Vierge,
* le débit du bélier n'est que de 10m3/jour (au lieu des 80 initialement prévus). L'installation est dans un état de délabrement tel que les réparations sont trés fréquentes.
Sur le projet qui comprend :
* L'établissement d'un filtre à eau courante sur le Béal à 1000 mètres en amont de la ville. Les caractéristiques du filtre sont calculées de façon à ce que la vitesse de l'eau sur le filtre soit toujours suffisante pour entraîner continuellement les matières terreuses qui tendent à se déposer à la surface de la surface filtrante et jamais assez grande pour désorganiser et entraîner la couche. En fonction du sable et du gravier choisi, la vitesse de passage de l'eau sur le filtre devra être de 0.50m par seconde. Afin de régler cette vitesse une hausse mobile sera mise en place pour permettre un débit de 200 litres par seconde. Il est calculé qu'en fonction de la vitesse de passage de l'eau à travers le filtre, celui-ci devra avoir une surface de 150m2 pour assurer un débit théorique de 750m3 par jour.
* La pose d'une conduite alimentaire en poterie de 20cm de diamètre qui sera posée sur un côté du lit du Béal sur 1000 mètres pour rejoindre le moulin d'intré et remplir son "réservoir alimentaire".
* L'installation d'un moteur hydraulique sur le Béal comprenant une roue turbine "Fontaine" horizontale à admission partielle qui actionne deux pompes à double effets et à plongeur qui débitent 25m3/heure. Celles-ci refoulent l'eau du Béal à 33 mètres (nouveau réservoir) et à 38 mètres (petit réservoir de la maison curiale) situés à la place Saint Paul à l'aide de tuyaux à emboitement et cordon avec joint en plomb de 169mm de diamètre. Le petit réservoir permettra de continuer à alimenter les 2 fontaines situées rue Barbacane (face rue Sainte Catherine et Saint Esprit).
Le rendement de la roue turbine est de 65% pour une hauteur de chûte d'eau de 3,30m. Cette turbine tournera à 75 tours par seconde et fera faire à l'arbre des pompes 15 tours par minute seulement.
Les pompes seront refoulantes, à simple effet. Au nombre de 4, elles seront toutes montées sur le même arbre. Leur vitesse ne sera que de 15cm par seconde.
* La construction d'un réservoir circulaire de 800 m3 sous la place Saint Paul recevant les eaux élevées.
* La création d'un réseau de conduites pour la distribution des eaux dans tous les quartiers (en dessous la place St Paul) . Celui-ci se composerait de 33m de conduite de 190mm + 780m de 162mm + 730m de 135mm + 1350m de 108mm + 605m de 81mm ; soit au total 3500m.
Les besoins sont estimés de la façon suivante : 100 litres par jour pour les 7000 habitants vivant dans l'agglomération soit 700m3 par jour. Il est à déduire environ 70m3 fournit par les puits et citernes dans les maisons et 40m3 fournis par la Source de La Vierge. La production d'eau doit donc être de 600m3 par jour. Le réservoir projeté permet donc d'assurer un peu plus d'un jour de réserve. Il est prévu d'alimenter 15 bornes à fonctions multiples (fontaines ou bouches d'arrosage (20m3/j)) et 3 fontaines monumentales (40m3/j). Ces dernières se situent place Royale, place Massillon et Jardins des Palmiers.
* L'utilisation du moteur hydraulique pour le fonctionnement du moulin à farine après quelques modifications mineures pour accoupler les deux installations.

Le sous préfet approuve 20/08/1864, le projet d'ensemble décrit ci-dessus.
Une somme de 110000 francs est débloquée pour la réalisation de ces travaux.
Les estimations de consommation journalière de l'époque sont les suivantes :
-- par personne : 20 litres
-- par cheval : 50 litres
-- par voiture à 2 roues : 25 litres
-- par voiture à 4 roues : 50 litres.

1868
5 juillet 1868 : "Le Conseil avait voté...une somme importante pour élever les eaux du Béal jusqu'à Saint Paul mais la sécheresse actuelle démontre que les eaux du canal viendraient à manquer précisément au moment où elles seraient le plus nécessaire".

1872
Les travaux semblent donc réalisés, car lors d'une séance extraordinaire du 21/12/1872, le conseil municipal vote un budget de 800 francs pour le remplacement de la roue hydraulique du moulin car celle-ci est irréparable, et les habitants se retrouvent sans eau.

1880
Demande de Sieur Féraud, coutelier à Marseille. Il veut louer le moulin pour installer une aiguiserie. Le conseil pose ses conditions : "Le moteur de la pompe élévatoire qui alimente le bassin de Saint Paul pour la salubrité publique fonctionnera de la manière suivante : de 6h. du matin à 6h. du soir au profit de l'aiguiseur. De 6h. du soir à 6h. du matin au profit de la pompe élévatoire. Le 27 avril 1880, la demande n'est toujours pas acceptée.

2003
Sous l'impulsion de Pierre Quillier des fouilles ont été entreprises sous la place Saint Paul afin de découvrir l'existance du réservoir décrit dans le projet ci-dessus. Il ne fut trouvé que des restes d'ossements humains en grande quantité.
Puisque ce réservoir n'existe pas, alors dans quelle proportion le projet a t-il été réalisé ? La poursuite de nos recherches apporteront peut être la réponse dans quelques mois !

 


Plan du filtre de 150m2 projeté en 1864 sur le Béal afin de rendre les eaux de celui-ci "alimentaires" afin de les diriger vers l'usine hydraulique - (zoom)


Coupe détaillée de la sortie du filtre avec sa hausse mobile et le départ de la conduite en poterie de 200mm - (zoom)


Plan de la partie urbaine du projet de 1864 avec l'implantation de son usine hydraulique qui refoule les eaux vers les réservoirs de la Place St Paul (l'ancien et le nouveau de 800m3) - (zoom)



Plan d'ensemble de l'usine hydraulique de 1864 - (zoom)


Plan 1864 de la partie supérieure de l'usine hydraulique avec le canal d'arrivée du Béal, la réserve d'eau alimentaire qui va être pompée ainsi que l'implantation des pompes de refoulement - (zoom)


Plan 1864 - coupe dans l'axe de la turbine avec conduit d'arrivée d'eau, pompes de refoulement et mécanisme de transmission au moulin dans la partie supérieure gauche - (zoom)



Implantation du réservoir existant de la maison curiale et du projet de réservoir de 800 m3 sous la place Saint Paul - plan de 1864 - (zoom)

mis à jour le 06/11/2014