Histoire de l'eau à Hyères
LES ILES D'HYERES



Lithographie de Porquerolles

Lithographie de Port-Cros
INTRODUCTION
Les cartes anciennes
Nous allons commencer par remonter dans le temps et voir à quoi ressemblaient les cartes anciennes sur lesquelles figurent nos trois îles.
 

Carte très ancienne avec tracé de la voie Aurélia
Porquerolles s'appelle "Pomponiana", Port-Cros s'appelle "Mese"
et le Levant s'appelle "Hypea".
L
a presqu'île de Giens n'est pas représentée Olbia est noté en deux mots

Première carte sur laquelle le nom de "Eres" est noté
entre "Briganson" et "Soliers". Les îles d'"Eres" sont "Ribodeo", "Portocrozo" et "Bononio". La presqu'île de Giens n'est pas figurée

Carte de 1590 - Première figuration de la presqu'île de "Gien".
"Eres" devient "Hiéeres" et Olbia n'est plus noté.
Les îles s'appellent maintenant "Porquerolles"," Port-Cors" et "Tittan".

Plan de 1727 figurant "les salines" d'Hiéres. Le double tombolo est percé de part en part. Est-ce volontaire ou pas ? Les îles s'appellent "Porquerolle", "Porto Cros" et "De Levent"

La géologie
Les îles d’Hyères reflètent la composition du Massif des Maures modelé à la fin de l’ère primaire (orogenèse hercynienne).
D’Ouest en Est, deux ensembles sont distingués :
-- A Porquerolles, de la pointe du Langoustier à la pointe des Mèdes, les phyllades ou roches feuilletées peu métamorphisées,
-- A l’Est de la pointe des Mèdes, des phyllades riches en quartzite passent à des roches de plus en plus métamorphiques : micaschistes et gneiss à partir de Port-Cros.
A partir du Crétacé moyen, cet ensemble modelé pendant l’orogenèse hercynienne, a été repris par les mouvements tectoniques plus récents (Tertiaire) et notamment, la partie occidentale de Porquerolles fait partie d’une écaille chevauchante venue du Sud.
Depuis le Tertiaire, les îles demeurent émergées et il faut attendre le Quaternaire récent (Riss-Würm), pour assister à une accumulation d’alluvions provenant des fleuves côtiers du Nord (Gapeau).
(texte APG)


Illustration de la composition et de l'orientation des différents types de roches sur les trois îles

La pluviométrie
Les réserves des nappes phréatiques étant conditionnées par la pluviométrie, nous allons étudier les statiques enregistrées sur une trentaine d'années.
Nous allons comparé au passage les différences de précipitations entre les relevés du Palyvestre (sur le continent), ainsi que celles des îles de Porquerolles et du Levant.

Sur les tableaux ci-contre nous pouvons remarquer :
* Pour la pluviométrie moyenne de 1971 à 2000 : (graphique 1)
- que la pluviométrie la plus importante se fait sur le continent avec 723 mm, puis sur Porquerolles avec 674 mm et enfin sur Le Levant avec 618 mm.
- que la différence essentielle entre les différents lieux se fait sur les mois d'hiver entre novembre et mars.
- que pour le mois d'octobre, les valeurs sont pratiquement identiques.

* Pour la pluviométrie moyenne de 2003 à 2013 : (graphique 2)
- Le présent graphique a pu être établi grace à la participation du Port National de Port-Cros qui m'a communiqué les valeurs de la pluviométrie sur l'île de Porquerolles pour de nombreuses années.
- La pluviométrie annuelle moyenne sur 10 ans la plus importante se fait sur Porquerolles avec 702 mm, puis sur le continent avec 654 mm et enfin sur l'île du Levant avec 600 mm.
- Le tracé des trois courbes est relativement similaire. Cependant, Porquerolles a une pluviométrie optimale notamment en janvier, avril, août et octobre, alors que Le Levant est surtout déficitaire en janvier, mai et octobre.

 


1 - Tableau comparatif de 1971-2000
pluviométrie sur le continent, sur l'île de Porquerolles
et celle du Levant - (zoom)


2 - Tableau comparatif de 2003 à 2013
pluviométrie sur le continent, sur l'île de Porquerolles
et celle du Levant - (zoom)

Les apports extérieurs
Les trois îles se trouvent confronté aux mêmes problèmes de manque d'eau potable dans les nappes phréatiques notamment au printemps et en été.
Afin de satisfaire les besoins, il faut alors apporter le complément par "bateau citerne". (photo 3)
Le Saint Christophe
Malgré son "grand âge" (construit en 1950), le "Saint Christophe" a la lourde tâche d'assurer ce ravitaillement en eau potable sur les îles de Porquerolles et de Port-Cros par voyage de 400 m3. Les ports ne peuvent pas accueillir des bateaux de plus gros tonnage et le Saint Christophe est actuellement le seul bateau disponible dans la région.
Il faut environ 8 heures pour faire son remplissage au quai des Salins d'Hyères, 8 heures pour le vider au quai de Porquerolles et 11 heures au quai de Port-Cros .
Le Gapeau
Ce chaland de transport de la Marine Nationale peut assurer le transport de 450 tonnes fret solide. Dans deux soutes spécifiques il peut également transporter 150 tonnes de fret liquide par voyage pour le ravitaillement en eau de l'île du Levant.


3 - Le Saint Christophe
article Nice Matin - 07/2004 - (zoom)
Ile de PORQUEROLLES (Porquerame)

Géologie de l'île
Les eaux souterraines des îles s’accumulent dans des roches poreuses et perméables des vallées. Deux niveaux de stockage de porosité variable sont distingués :
Le socle fracturé, fissuré et altéré au Quaternaire. Il est constitué de schistes (phyllades) et de grès en alternance, (plan 4)
Les dépôts de versants et des plaines qui recouvrent les précédents depuis 28 000 ans. Ce sont des alternances de bancs de sable, d’argile et de gravier plus ou moins grossier. (coupe 5)
Si la perméabilité et la porosité du socle sont limitées et irrégulièrement réparties, le volume d’eau qu’il emmagasine peut localement représenter 10 à 20 % du volume d’eau stocké dans les dépôts quaternaires plus poreux.
Par puits et forages " sur 4 km² de plaines orientales, ces ressources sont principalement exploitées pour l’irrigation des cultures.
L’île ne possède aucun cours d’eau permanent.

(texte APG)

Un peu d'histoire ancienne
Comme pour la partie continentale les liguriens et Celto-Lygiens se disputèrent longtemps la possession des îles d'Hyères. Les Romains les habitèrent et les cultivèrent, puis elles servirent de colonie paisible à des Grecs, et de lieu de refuge aux Maures et aux Barbares du Nord ainsi qu'aux pirates de tous bords.
Ces conflits n'empéchèrent pas le commerce : de nombreuses épaves de bateaux témoignent de ces échanges très denses.
Le Christianisme y conduisit des moines de l'abbaye du Thoronet vers le 12ème siècle qui développèrent la culture de la vigne, des oliviers, des agrumes, des céréales et plantes médicinales notamment dans la plaine de Notre Dame. Ils y creusèrent de nombreux puits dont l'eau était excellente et en quantité.
Sur certains plans anciens, nous retrouvons des localisations de sources.

-- Au XVI et XVIIème siècle (plan 6)

Sous François 1er (vers 1530), les premières fortifications vont être construites avec leurs réserves d'eau indispensables.
* Fort Sainte Agathe (château de Porquerolles)
Des documents d'archives rendent compte d'une exploration qui a été réalisée le 3 mai 1996 et qui décrivent la citerne en deux parties.
-- Partie supérieure (croquis 7)
----Celle-ci est située dans une salle voûtée qui est éclairé par un soupirail fermé par une grille métallique vers la cour Richelieu. On accède à cette salle à partir de l'escalier du pont levis.
----La hauteur est de 2,65 m. (entre le sol et la voûte). La circonférence à la base est de 4,80 m. (diamètre 1,50 m.) et de 4.45 m. à la partie supérieure (diamètre 1,40 m.) --> voir photo 8 ci-contre.

-- Partie inférieure
(croquis 9)
Les deux plongeurs qui l'ont exploré en font la description suivante :
---- un puits d'accès vertical de 5,70 m. de hauteur et de faible section permet de descendre dans la citerne (se situant à proximité d'un figuier)
---- longueur : 6,70 m.
---- largeur : 2,70 m.
---- hauteur du radier à la partie haute de la voûte : 2,30 m.
---- hauteur d'eau : 1,30 m.
---- capacité de la citerne : environ 25 000 litres.

-- Puits
Un puits est également répertorié dans la cour du fort.

Sous Richelieu (vers 1650), ce sera la construction des :
* Fort de l'Alycastre
* Fort du Petit Langoustier
* Fort du Grand Langoustier
(plan 6 avec position des forts)
(pas d'information sur les citernes pour l'instant).
En étant situé sur les points hauts, le remplissage des citernes de ces différents forts ne peut se faire qu'à partir de la récupération des eaux de pluie.

-- Au XVIII et XIXème siècle
Au moment de la révolution, les militaires du génie et ceux de la marine puis la mise en place d'un centre de redressement pour adolescents de l'assistance publique contribuèrent à épuiser les nappes d'eau potable de l'île. Nous retrouvons mention de 5 sources sur des cartes anciennes.
En 1793, lorsque les Anglais furent chassés de Porquerolles, ils détruisent partiellement de nombreux forts et autres installations sur l'île.
En 1810, Napoléon installa sur l'île une garnison de 80 hommes avec des convalescents des pénitentiers d'Algérie et de tous les corps d'Afrique (environ 3 000 à 4 000 hommes) dont les activités furent dévastatrices pour l' environnement au rapport de leur nombre !
La création du village actuel remonte à cette époque.
En 1826 une fabrique produisant de la soude est installée sur l'extrémité ouest de l'île à proximité de la Pointe du Grand Langoustier (photo 12). Celle-ci causera de nombreux dommages sur l'environnement (air, mer, végétation et déboisement) car pour fonctionner elle utilisait du sel marin et du bois pour alimenter ses fours. Elle employait 100 à 150 personnes. Cette soude servait aux savonneries de Toulon & Marseille. Après avoir changé plusieurs fois de propriétaire cette société fera faillite en 1876, ruinée par la découverte d'un nouveau processus de fabrication : le procédé Solvay. (pour information complémentaires : cliquez )
Le fort Lequin fut construit vers 1850 et celui de la Repentance vers 1890.
Un mémoire militaire du 15/09/1850 fait état d'une population sur l'île de 320 habitants. Il est indiqué que de nombreux puits ont été creusés dans un terrain de schiste dur jusqu'à environ 4 mètres de profondeur pour avoir de l'eau en quantité suffisante.
Porquerolles subira 3 incendies (1856, 1865 & 1897). Le dernier particulièrement important, dévasta l'île durant 15 jours. L'usine de soude ne fut certainement pas étrangère à ces différentes catastrophes.

En 1912, François-Joseph Fournier achète 1100 hectares sur l'île. Il va rapidement remettre en valeur l'agriculture notamment avec les arbres fruitiers et la vigne, puis le maraîchage, l'élevage bovin, les champs de blé et seigle, les orangers et les pomélos. Il met en place une coopérative et fait réparer les stations de pompage.
L'île redevint auto suffisante et recommença à exporter vers le continent.
Ensuite c'est la reconquête forestière. L'alternance des re plantations et des coupes permettait de fournir le combustible nécessaire au fonctionnement d'une centrale électrique.
En 1924, les hospices d'Avignon louent le fort Sainte Agathe et ses dépendances pour y installer un préventorium qui accueillera jusqu'à 400 enfants.
François-Joseph Fournier, bienfaiteur de l'île, meurt le 13 janvier 1935 à Porquerolles à l'age de 78 ans.

Le réseau d'eau potable
A ce jour nous n'avons aucune information sur la création et l'évolution du réseau public d'eau potable sur l'île. Nous retrouvons cependant dans la majorité des fort des citernes plus ou moins importantes qui récupéraient les eaux de ruissellement et des toitures. Celle du Fort Sainte Agathe a une capacité de stockage d'environ 25 m3 (croquis 7 et 9).
*** Les besoins en eau de l'île
La fréquentation de l’île s’élève à environ 1 million de visiteurs par an.
** Période hivernale
Durant cette période, il y a sur l'île environ 350 résidants.

** Période estivale
La fréquentation maximale au mois d'août atteint environ 8 000 personnes par jour.

** Besoins hors réseau public
Les prélèvements effectués dans la nappe phréatique sur les différentes plaines afin de satisfaire les besoins agricoles ne sont pas comptabilisés.

*** Le problème des ressources
Jusqu'en 1971, l'alimentation en eau du village de Porquerolles se faisait à partir du forage communal du Lavoir situé à moins de 200 mètres du littoral qui remplissait le réservoir de stockage du Phare de 80 m3 .
Après les années de sécheresse de 1966 & 1967, la teneur en chlorure de sodium augmenta jusqu'à 3,4 g/l en septembre 1968 pour être encore à 1,3 g/l en 1971. C'est l'avancée inexorable du "biseau salé" (schéma 13a).
Face à cette situation, la Mairie d'Hyères décida de lancer une étude afin de déterminer les solutions à court, et long terme à mettre en oeuvre pour résoudre les problèmes de qualité et quantité d'eau pour l'alimentation en eau potable de l'île.
*** Solutions à cours terme mises en place :
** Dispositifs d’exploitation.
- Abandon du forage du Lavoir (en septembre 1971)
- Mise en service en août 1972 du réservoir de 1000 m3 de Sainte Agathe qui assure un stockage de l'eau potable beaucoup plus important que par le passé (au lieu de 80 m3). Celui-ci donne plus de souplesse dans la gestion des puits et forages.
- Réalisation des puits P1 & P2 à drains rayonnants dans la plaine de La Ferme (juin 73 & août 72). Le diamètre est de deux mètres. Les drains horizontaux ont une longueur moyenne de 25 m. et un diamètre de 100 mm (coupe 14).
- Réalisation du puits P3 à drains rayonnants (juin 74). Celui-ci a les mêmes caractéristiques que P1 et P2.
- Réalisation du forage F5 (mai 80) dans la plaine de la Courtade d'un diamètre de 580 mm..
L’ensemble se situe à environ 500 m du littoral. Pour chaque plaine les puits et forages sont espacés entre eux de 600 m environ afin de répartir les risques de toute pollution (chlorure de sodium, nitrate ou autre). Ils ont une profondeur d'environ 20 m. et le fond se situe entre 5 m. et 10 m. sous le niveau de la mer.
- Les eaux pompés pour l'alimentation en eau potable sont stockées dans le réservoir Sainte Agathe de 1000 m3.
- Les eaux utilisées pour l'irrigation sont pompées au puits des Oliviers (P4) et stockées dans un réservoir de 4000 m3 qui appartient au Parc National. Celui-ci alimente également un réseau incendie spécifique (plan 15).
- Mise en service de la station d’épuration à boues activées en juin 75 (voir ci-après).
- Mise en service du traitement tertiaire par lagunage en septembre 81 (voir ci-après).

** Surveillance des nappes
Mise en place d’un dispositif de surveillance sur 44 points permettant de suivre les niveaux et qualité de l’eau des nappes phréatiques des différentes plaines.
Les relevés des années 90 donneront une valeur minimum pour l'eau distribuée d'environ 200 mg/l et un maximum d'environ 500 mg/l.

** Aménagements agricoles
Incitation à la remise en culture des terres incultes afin de rendre celles-ci plus perméables à l’infiltration de l’eau dans le sol et au choix de cultures demandant de faible quantité d'eau.
Différents domaines agricoles possèdent également leurs propres puits dont il est difficile de connaître l'importance des volumes prélevés dans la nappe.

*** Après 1990

- 1990
** Les niveaux statiques descendent en été sous le niveau de la mer jusqu'à :

-0,80 m pour P1 (à 600m du port) -1,70 m pour P2 (à 300m du port) -0,80 m pour P3 (à 600m du rivage) -1,20 m pour F5 (à 750m du rivage)

** Un relevé piézométrique sur l'ensemble des ouvrages disponibles dans la plaine de La Ferme permet d'établir une carte avec courbes de niveau qui visualise la pénétration du biseau salé vers P1 et P2. (plan 13b)
** La valeur moyenne annuelle des chlorures de l'eau distribuée s'établit à 266 mg/l.

- 1991
** Un arrêté préfectoral du 4 mars 1991 fixe les volumes maximum autorisés pour chaque plaine ; La Ferme, La Courtade et Notre Dame = 380 m3/j.
** La répartition des volumes fournis cette année par les différents puits et forages ont été les suivants :

La Ferme
P1 = 45 550 m3
soit 43 %
La Ferme
P2 = 26 590 m3
soit 25%
La Courtade
P3 = 28 002 m3
soit 26%
La Courtade
F5 = 6 435 m3
soit 6%
TOTAL = 106 577 m3

- 1994
** En août 1994, quatre nouveaux forages sont mis en service dans la plaine de Notre Dame (plan 15).Trois kilomètres de conduite d'adduction en polyéthylène de 125 mm ont été mis en place afin de raccorder ces nouvelles ressources sur le réseau existant. Malgré cela, en période estivale, les économies sont toujours de rigueur car les volumes complémentaires en provenance de Notre Dame représente environ 10%. D'autre part ces nouvelles ressources ne permettent pas de baisser le taux des chlorures car elles ont un taux proche de celui des ressources de la plaine de La Ferme.

** Afin de minimiser les risques de pénurie en été, il est indispensable de prendre des mesures de restriction afin de ménager la nappe phréatique de surface pour limiter l'augmentation des chlorures dans l'eau distribuée, car il n'existe pas de solution de secours en cas de problèmes majeurs qui obligeraient à arrêter l'ensemble des pompages (pollution importante par le chlorure de sodium ou autre).
Les mesures de restriction sont, le plus souvent, mises en place de la même manière à partir du printemps. Elles consistent :
- à faire appel au civisme des usagers de l'île afin de limiter les volumes consommés en leur diffusant un message téléphonique,
- à pastiller les compteurs des gros consommateurs de la Rue des Douanes ainsi que le CCIV et IGESA,
- à alimenter en eau les pannes du port
de Porquerolles de 8 heures à 10 heures seulement (une heure pour la panne Est et une heure pour la panne Ouest),
- fermeture de la fontaine de la place d'Armes.


** La répartition des volumes fournis cette année par les différents puits et forages ont été les suivants :

P1 = 54 457m3
soit 52 %
P2 = 13 695m3
soit 13%
P3 = 15 554m3
soit 15%
F5 = 11 950m3
soit 11%
Notre Dame = 9 241m3
soit 9%
TOTAL = 104 897m3

Notons que P1 fournit à lui tout seul, plus de la moitié des besoins et la mise en service de Notre dame au mois d'août apporte environ 10 000 m3..
** Les volumes distribués par le réseau public sur l'île varient de 600 à 4 500 m3/semaine avec une période d'environ 10 à 12 semaines supérieures à 3000 m3/semaine.
La teneur moyenne en chlorures sur le réseau de distribution a été compris entre 182 et 399 mg/l. (norme maxi 200 mg/l.) . Les teneurs en nitrate ont été dans la norme.

- 1997
A la demande des services de la ville d’Hyères, la Compagnie Générale des Eaux a réalisé un "avant projet sommaire" afin de déterminer la faisabilité technique d’une alimentation en eau potable des 3 îles. Trois hypothèses ont été étudiées en parallèle (plan 16).
** Solution n°1 - Alimentation en chapelet des trois îles
Le parcours se composerait de la manière suivante:
• extension limitée du réseau communal sur la presqu’île de Giens,
• station de pompage à la Tour Fondue qui refoulerait jusqu'au réservoir de Sainte Agathe,
• parcours sous-marin sur 3300 m. jusqu’à la pointe du Bon Renaud,
• parcours terrestre de 7 800 m. jusqu’aux Mèdes, qui utiliserait dans la mesure du possible le réseau existant,
• station de pompage aux Mèdes qui refoulerait jusqu'au réservoir de l'Eminence à Port-Cros,
• parcours sous-marin de 12 800 m. des Mèdes jusqu’au port de Port-Cros,
• parcours terrestre de 5 200 m. du port de Port-Cros jusqu’au fort de Port-Man,
• parcours sous-marin de 1 200 m. du fort de Port-Man au port de lAyguade à l'île du Levant,
• station de pompage au port de l'Ayguade vers le réservoir d’Héliopolis
• parcours terrestre de 1 200 m. jusqu'à ce réservoir,
• conduites de distribution sur l’île du Levant.
** Solution n°2 - Alimentation en direct de Port-Cros
Cette configuration impose un point de départ au niveau de la presqu’île du Cap Bénat (vallon de La Tripe) où l’on pourrait disposer d’une alimentation à partir du réseau du Syndicat de l’Est.
Le parcours se composerait de la manière suivante:
• extension et adaptation du réseau syndical sur la presqu’île, du Cap Bénat
• parcours sous marin jusqu’au port de Port-Cros,
• parcours terrestre du port de Port-Cros jusqu’au fort de Port-Man,
• parcours sous-marin du fort de Port-Man au port de l’Eigade,
• parcours terrestre jusqu’au réservoir d’Héliopolis,
• conduites de distribution sur l’île du Levant.
** Solution n°3 - Alimentation en direct du Levant
Cette configuration est très proche de la solution 2. Le parcours se composerait de la manière suivante:
• extension et adaptation du réseau syndical sur la presqu’île, du Cap Bénat
• parcours sous marin jusqu’au port de l’Eigade
• parcours terrestre jusqu’au réservoir d’Héliopolis,
• conduites de distribution sur l’île du Levant
• parcours sous-marin du port de l’Eigade au fort de Port-Man,
• parcours terrestre du fort de Port-Man jusqu’au Fort de l’Eminence.

** Après un chiffrage sommaire, c'est la solution n° 1 qui sera étudié plus en détail.
Il est à noter que pour alimenter les trois îles, il ne peut pas être envisagé de réaliser ces travaux en plusieurs tranches de part les frais fixes occasionnés par l'importance du matériel à mettre en oeuvre, notamment pour la pose des conduites sous-marines..
** Choix de la conduite sous-marine ou « sea-line »
---- Le Polyethylène Haute Densité armé est le matériau le plus approprié (voir croquis 17 ci-contre), car il permet une bonne adaptation aux irrégularités des fonds, un autolestage de la ligne, une autoprotection mécanique et une exceptionnelle résistance au milieu marin. Il est envisagé de mettre en place un treillis de couverture sur la canalisation afin de faciliter le développement de la végétation sous marine sur celui-ci.
---- Le diamètre retenu est de 204 mm intérieur (258 mm extérieur).
** Les stations de pompage fonctionneront la nuit afin de ne pas perturber les réseaux existants.
** Estimation des travaux :
Le montant de l'ensemble des travaux est estimé à 100 millions de francs (env. 15 250 000 euros non actualisés).


4 - Détail de la géologie de Porquerolles - (zoom)

 

5 - Coupe géologique de la plaine Notre dame - (zoom)

 


6 - Les 4 plaines alluviales de Porquerolles et la
position des forts sur fond de plan APG -
(zoom)

 


7- Croquis original de la citerne François 1er
du Fort Sainte Agathe - partie supérieure - (zoom)

 


8 - Photo de la citerne - partie supérieure - (zoom)
site original

 


9 - Croquis original de la citerne François 1er
du Fort Sainte Agathe - partie inférieure - (zoom)

 


10 - Embarcadère de Porquerolles - (zoom)

 


11 - Casernements au pied du fort - (zoom)

 

12 - Ruines de l'usine de soude - (zoom)

 

Schémas de formation du biseau salé
13a - (zoom)

 

 




13b - Plan des courbes du niveau statique
de la nappe en août 1990 - (zoom)



14 - Coupe schématique d'un puits
à drains rayonnants - (zoom)



15 - Plan schématique réseau d'adduction eau potable
sur fond de plan APG - (zoom)

 


16 - Avant projet sommaire d'alimentation en eau
en chapelet des 3 îles - (zoom)

 


17 - Coupe schématique du tuyau en PEHD armé - zoom)

 


18 - Forage et local technique dans la plaine de Notre Dame

année 2000 - (zoom)



19 - Plan schématique réseau de distribution d'eau potable
sur fond de plan APG - (zoom)

- 2004
** Déroulement des évènements
Début juin 2004, la situation est déjà critique alors que l'été n'est pas encore commencé.
Un article sur le sujet est paru le samedi 12 juin 04 dans le journal VAR-MATIN.
Courant juillet 2004, la ville d'Hyères et la Générale des Eaux décident d'apporter de l'eau potable par bateau citerne à partir du continent afin de ménager les ressources de l'île.
Début août une conduite est posée entre l'extrémité du quai et le réseau d'eau potable existant. Un bateau citerne équipé d'une pompe à débit variable livre 400 m3 à chaque voyage en refoulant directement dans le réseau. Il faudra environ 8 heures pour vider la précieuse cargaison (article de presse du 10/08/2004 ci-contre n°20).

En octobre 2004, les rotations de bateaux citerne continuent et il n'y a aucune amélioration car le manque continu de précipitations contribue à amplifier les carences. Les réserves naturelles d'eau sont toujours au plus bas.

** Rapport de modélisation du réseau d'eau potable réalisée par la "Générale des eaux" pour l'alimentation de l'île par un "sea-line" (conduite sous-marine)
Le but de cette étude a été de vérifier par le calcul, s’il était techniquement possible de raccorder l’île de Porquerolles au réseau du continent de la ville de Hyères sans que cela ne perturbe le fonctionnement de celui-ci, notamment au niveau du hameau de Giens.
Travaux à réaliser (plan 21) :
-- La canalisation existante en diamètre 300 mm devrait être prolonger sur 230 m. afin d'arriver jusqu'à La Tour Fondue.
-- La conduite sous-marine (sea-line) serait posée sur le fond de la mer sur une distance de 3 300 m avec un diamètre intérieur de 200 mm. Elle partirait de La Tour Fondue et arriverait à la Pointe du Bon Renaud. Cette conduite serait de type PEHD armé du même type que celle prévu en 1997.
-- Elle serait ensuite relié sur l'île à une nouvelle canalisation continentale en diamètre 200 mm sur une distance de 2 600 m pour rejoindre le réservoir de Sainte Agathe. Celui-ci serait d’alimenté par le haut (et non gravitairement comme c’est actuellement le cas) afin de ne pas augmenter la pression dans le réseau de l’île. Il était bien évidemment envisagé de maintenir une partie des forages en exploitation sur l’île pour des raisons de sécurité.
Modélisation du réseau avec le logiciel "Synergee"
En juin et juillet 2004, il a été entrepris le modèliser tout le réseau d'eau potable en introduisant dans le logiciel toutes les caractéristiques techniques de celui-ci. (diamètres et longueurs de canalisations, puissances et débits des pompes etc.... ).
Des enregistreurs de pression ont ensuite été posés à des endroits stratégiques du réseau. Il a ensuite fallu comparer les valeurs et graphiques fournis par le modèle à ceux relevés sur le terrain sur des journées complètes, puis ajuster le modèle afin que l'ensemble soit cohérent.
A partir de là, des simulations ont pu être lancé sur le modèle afin de constater, par exemple, si avec le sea-line en fonctionnement, le réseau continental était suffisamment dimensionné et si le village de Giens ne manquerait pas d'eau.
Conclusion
Le modèle mathématique a permis de savoir comment le réseau allait réagir si le réseau d’eau potable de Porquerolles était relié au réseau de la ville de Hyères-les-Palmiers par un aqueduc sous-marin.
-- En reliant directement le sea-line au réservoir de Saint Agathe par une nouvelle conduite qui remplirait le réservoir par le haut, la pression du réseau de l’île de Porquerolles ne serait pas modifiée.
-- Une vanne de régulation motorisée et asservie sur horloge située en amont du réservoir de Sainte Agathe se fermerait aux heures où la pression à Giens serait la plus faible, et s’ouvrirait lorsque celle-ci serait suffisante afin de permettre un transfert d’eau par l’aqueduc sous-marin du réseau de Hyères au réservoir de Sainte Agathe.
--
Dans le cas où la consommation journalière estivale serait moyenne (soit environ 22 600 m3), le réseau avec le raccordement de Porquerolles se comporterait de façon tout à fait satisfaisante. La pression resterait supérieure à 2 bars à Giens.

Dans ce rapport, il est conclu que le raccordement du réseau de l’île de Porquerolles au réseau de Hyères-les-Palmiers est tout à fait envisageable, car la simulation sur le modèle montre que le réseau se comporte de manière tout à fait satisfaisante et les surpresseurs de Giens n’ont pas besoin de fonctionner.
Le raccordement de l’île de Porquerolles à Hyères permettrait de donner une eau de bien meilleure qualité sur l’île de Porquerolles que ce qu’elle n'est actuellement.

- 2005
Aucun changement de la situation. Les bateaux citernes arrêtent les livraisons seulement en hiver.


20 - Article de presse de Var-Matin du 10/08/2004
(zoom)

 

 

 


21 - Plan schématique pour l'alimentation en eau
de Porquerolles à partir du continent
sur fond de plan APG - (zoom)

- 2006
** Projet de station de dessalement
Description technique
Le projet de "sea-line" de 2004 n'ayant pas vu le jour, un projet de station de dessalement d'eau de mer de 500 m3/jour est finalisé au mois de janvier (voir schéma 22 ci-contre préparé par VEOLIA Eau).

Celui-ci prévoit :
--- Un bâtiment technique dans la zone artisale du port,
--- Une prise d'eau en diamètre 300 mm, à l'ouest de la pointe Beaulieu, à environ 50 mètres du rivage.
--- Une conduite de 150 mm qui injecte l'eau traitée dans le réseau existant,
--- Une conduite de 250 mm pour le rejet des eaux de saumure en sortie de station qui ont été préalablement diluées. Cette conduite de 500 m. de longueur est posée à 100 m. en parallèle de la plage de la Courtade.
Etude d'impact
Un appel d'offre est lancé en mars 2006 par le service "Eau - Littoral - Propreté" relative à "une étude d'impact en vue de la sécurisation de l'alimentation en eau potable sur l'île de Porquerolles" (document 23).
Nous retrouvons trace de la référence de cette étude sur le site de CREOCEAN (document 24).
Information
Un article sur le journal VAR-MATIN du 3 février 2007 fait le point sur ce sujet (article 25).

Ce projet ne passera pas l'obstacle des autorisations administratives.
** Mesures de restriction
-- A partir du 4 avril, des mesures de restrictions sont mise en place et l'ensemble des pompages dans la nappe phréatique de l'île ne doit pas dépasser 200 m3/jour. Un planning prévisionnel pour le transport d'eau sur l'île est transmis à la Cie Générale des Eaux. Une première rotation est prévu la semaine 14 (début avril), puis la cadence augmente progressivement pour atteindre 7 livraisons de 370 m3 la semaine 27 (début juillet). Les 7 livraisons hebdomadaires se poursuivront ainsi jusqu'à la semaine 35 (fin août), puis diminueront progressivement pour s'arrêter vers la fin octobre.

- 2008
De temps en temps des études relatives à la pose d'une conduite sous-marine à partir de La Tour Fondue sont actualisées. Ce sujet sensible soulève alors des polémiques entre les "pour" : la Ville d'Hyères et le Parc National et les "contre" : certains services de l'Etat.
Les élus de la Ville d'Hyères rappelle que depuis 4 ans le dossier est prêt. Toutes les études ont été lancées. Ils ne comprennent pas pourquoi la préfecture bloque le projet.
Les services de la Préfecture indique de leur côté qu'il n'y a pas d'objection à priori, mais que dans le secteur du projet de pose de la canalisation il y a de vastes champs de posidomies qui nécessitent études, enquête publique etc. D'autre part le dossier qui est déposé doit faire la démonstration qu'il n'y a pas d'autres solutions ou techniques ou économiques viables, notamment des forages à grande profondeur pour aller pomper de l'eau ....fossile ! (rappel du texte d'un article sur le sujet paru le samedi 12 juin 04 dans le journal VAR-MATIN).
Conclusion ; la porte n'est pas close, mais il n'y a rien de nouveau !

Un article du 12/03/2008 sur le site du Parc National de Port-Cros fait le point sur le sujet à cette date (document 26).


22 - Schéma du projet de l'usine de dessalement
de l'eau de mer - (zoom)


23 - Appel d'offre de mars 2006 - (zoom)


24 - Référence de CREOCEAN relative à l'étude d'impact
(zoom)


25 - Article VAR-MATIN du 03/02/2007


26 - Article du 12/03/2008 - (zoom)

- 2011
La situation n'a pas changé depuis ces dernières années. Le bateau citerne transporte toujours l'eau potable sur l'île depuis le continent. Sur l’île, la consommation est multipliée par sept en été. Le port de Porquerolles a une capacité totale de 560 places qui conduit à un "certain besoin".
Afin de satisfaire la demande, malgré les restrictions d'eau, 34 198 m3 ont été acheminés par bateau citerne cette année là, afin de limiter les pompages dans la nappe de l’île.
Les besoins globaux de l'année ont été de 106 630 m3.

Depuis le 1er octobre 2011, c'est la société SEERC qui est maintenant le nouveau délégataire du service public des eaux.
Dans le cadre de son projet "Aqua Renova", celle-ci a proposé la construction d'une unité de dessalement d'eau de mer à petit débit.
Lorsque cette usine pompera 56 m3/h d'eau de mer, elle produira 15 m3/h d'eau douce (360 m3/jour) et rejettera 41 m3/h de saumure à la mer. L'eau douce produite réalimentera par gravité, toute l'année, la nappe phréatique dans laquelle sera puisée l'eau potable. (schéma 27)
Cette reconstitution d'une réserve naturelle devrait permettre, suivant les auteurs du projet, de répondre aux besoins estivaux en ne faisant plus appel à l'approvisionnement par bateaux.
Une série de réunions d'information seront mises en place dès 2013 sur Porquerolles. Les travaux devraient être réalisés en 2015 pour une mise en service dans le courant du premier semestre 2016.

A ce jour, en dehors du schéma ci-contre, nous n'avons aucune information complémentaire sur ce projet (localisation de la plaine choisie, lieu d'implantation de l'unité de dessalement et du site de réalimentation, lieu de la prise d'eau et de rejet des saumûres).

 


27 - Schéma de réalimentation de la nappe phréatique
dans le cadre du projet "Aqua Renova"


Ces dernières années

Le graphique 28, nous permet de constater une stabilité des volumes annuels distribués depuis 2005 autour de 100 000 m3 après un maximum à plus de 140 000 m3 en 2002.
- 2012

Les pompages publics dans les nappes alluviales ont été de 60 922 m3 (graphique 29),
Les volumes transportés par bateaux ont représenté 41 421 m3,
Les besoins globaux de l'île ont été de 102 343 m3.
Les données pluviométriques qui sont incomplètes ne peuvent pas être prises en compte.

- 2013
Le projet Aqua Renova
Dans "la synthèse du rapport annuel du délégataire" pour 2013, nous pouvons lire :
"Aqua Renova Porquerolles a fait l’objet de réunions de travail avec le comité scientifique du Parc National, du Contrat de Baie de Toulon et Îles d’Or, avec les services techniques communaux. Les études environnementales du milieu marin et les études terrestres se sont poursuivies. ....... Un avant-projet détaillé sera réalisé et l’instruction réglementaire sera lancée. La concertation avec les parties prenantes devrait être élargie au cours de l’année selon les souhaits de la collectivité."

Les chiffres de l'année

Les pompages publics dans les nappes alluviales ont été de 74 303
m3 (graphique 29),
Les volumes transportés par bateaux ont représenté 29 804 m3
Les besoins globaux de l'île ont été de 104 107 m3.
Les données pluviométriques qui sont incomplètes ne peuvent pas être prises en compte.

- 2014
Dans l'attente de la réalisation du projet "Aqua Rénova", comme les autres années, des rationnements sur l'île doivent être appliqués notamment sur le port ou la distribution est restreinte à 60 m3/jour par des électrovannes qui ferment l'alimentation générale. Au delà de ce volume, une dérivation laisse passer l'eau avec un très faible débit.

Un arrêté préfectoral interdit le lavage des véhicules, bateaux etc... et l'arrosage. Mais là, dans la pratique, il est probablement bien difficile d'appliquer cet arrêté avec toute sa rigueur sur l'ensemble de l'île.

Le graphique 30 nous montre l'évolution de la consommation moyenne journalière relative à la période 1991-1994. Nous pouvons constater que seul les mois de janvier, février, mars, octobre, novembre et décembre se situent en dessous les 200 m3/jour. Ce seuil est en principe la valeur à ne pas dépasser pour les pompages dans les puits "communaux".

La capacité de stockage totale des ouvrages est de 1 000 m3 soit environ 2 jours de consommation en période de pointe.

- Remarque importante
Durant de nombreux mois de l'année et surtout en période estivale, l'alimentation en eau potable de Porquerolles "est tributaire" du bon fonctionnement du bateau citerne "le Saint Christophe", car à notre connaissance, il n'a pas d'équivalent !
Il faut donc souhaiter, que malgré ses 64 ans, il pourra encore tenir suffisamment de temps "en continu" avant qu'une solution pérenne soit opérationnelle.


28 - Volumes annuels distribués de 2000 à 2013 - (zoom)


29 - Répartition des ressources distribuées
de 2011 à 2013 - (zoom)


30 - Consommation moyenne journalière par mois
de 1991 à 1994 - (zoom)



31 - Village vers 1900 - (zoom)


32 - Place d'Armes vers 1900 - (zoom)

33 - Eglise de Porquerolles vers 1900 - (zoom)


34 - La lessive à Porquerolles - (zoom)

 

Le réseau d'eaux usées

Le réseau d'eaux usées
*** Avant 1975
L'ensemble des collecteurs de la zone urbaine convergent vers le port.
Après un dégrillage dans la station de refoulement du port, les effluents broyés sont directement refoulés en mer à quelques dizaines de mètres de la digue du port.

*** En 1975
La station d'épuration (photo 37)
Elle est mise en service en juin 1975 et met fin au rejet "direct à la mer".
La station de refoulement située en bordure du port refoule les effluents jusqu'à la station d'épuration située au sud de l'île, à l'ouest de la route du Phare.
Celle-ci fonctionne sur le principe des boues activées à moyenne charge avec stabilisation aérobie.
Caractéristiques principales de la station :
- capacité nominale 4 000 Equivalent-Habitant (en 1985 estimation estivale de 3 000 Eq Hab)
- charge hydraulique nominale 1 000 m3/j (en 1985 estimation estivale de 450 m3/j soit 450/3000=0,150 --> 150 litres/jour/eq)
- débit de pointe (temps sec) 93 m3/h
- 2 bassins d'aération (volume total de 280 m3)
- bassin de stabilisation de 140 m3
Les effluents sont dirigés vers les " Gorges du Loup ".

*** En 1981
Le traitement tertiaire par lagunage naturel
(photo 38 et 39)
- En septembre 1981, le traitement tertiaire par lagunage est mis en service. La caractéristique de cette chaîne est qu'elle est fermée. Il n'y a pas de rejet d'eaux usées dans le milieu naturel. Dans ce cas, l'eau n'est pas "consommée", c'est à dire "distribuée" puis "rejetée", elle est "usée" puis "remise en état" pour une nouvelle utilisation. Il est ainsi prévu de recycler environ 110 000 m3/an par l'arrosage en goutte à goutte et à la raie. Ce recyclage est malgré tout conditionné par la teneur en chlorure à la sortie des lagunes, notamment en période estivale ou l'évapo-transpiration peut atteindre 30% des volumes admis.
Caractéristiques principales de l'installation :

Après les terrassements, les fonds de fouilles ont été imperméabilisés à l'aide de matériaux argileux exploités à proximité.
La station d'épuration rejette dans le lagunage naturel.
Il se compose de 3 bassins en série dont le transfert des eaux entre les bassins se fait par gravité.
- La première lagune à "microphites" a une surface utile de 4 000 m2 pour une profondeur de 1m env.
- La deuxième lagune composite comprend une zone à microphites de 1 300 m2 (P=1m) et une zone à macrophytes de 700 m2 d'une profondeur de 0,30m env.
- La troisième lagune à "macrophytes" a une surface utile de 4 000 m2 pour une profondeur de 0,30 m env.
- Le temps de séjour dans les bassins est de 30 jours environ.
Ces lagunes
jouent alors le rôle de traitement tertiaire.
Les eaux en sortie de lagunes sont pompées et mises à disposition du Conservatoire du Littoral afin de les utiliser pour l'irrigation des vergers. Cette solution permet de fortement diminuer les volumes pompés dans la nappe.
Les eaux complémentaires sont toujours dirigées vers la Garonne. Des batardeaux sont également aménagés sur son parcours afin de freiner l'écoulement des eaux vers le port et pour favoriser l'infiltration des eaux dans le sol.
Les lagunes doivent être nettoyées tous les 3 à 4 ans. Durant cette période celles-ci sont vidées et les effluents sont à nouveau dirigés vers les " Gorges du Loup ".
En 2004, la station d'épuration a traité en période de pointe environ 200 m3/jour.

Rendements de l'installation :
Les rendements suivants ont été observé : DCO = 92% - DBO5 = 96% - M.E.S. = 86% - N.Total = 96% - P.Total = 91% - Détergents anioniques = 99%

*** En 2014
-- Le réseau de collecte des eaux usées se limite au village de Porquerolles et à la zone artisanale du port, ainsi qu'au chemin du Langoustier jusqu'au restaurant de La Plage d'Argent,
-- la station de refoulement du Port renvoie tous les effluents à la station d'épuration par l'intermédiaire d'une conduite de 90 mm et de 225 mm en parallèle. Une ou l'autre sont utilisées en fonction des variations saisonnières de débits.
-- La station d'épuration traite les effluents et l'épuration des eaux se termine dans les lagunes en direction du réseau d'arrosage de Conservatoire Botanique du Littoral.
Au mois d'août, il est constaté qu'un "certain" volume est recyclé en sortie de lagune. Le surplus s'écoule dans la Garonne en direction du Port (photo 40 et 41).



35 - Schéma du cycle de l'eau - projet 1975-1980 - (zoom)




36 - Schéma du réseau des eaux usées
sur fond de plan APG - (zoom)

 


37 - Station d'épuration des eaux usées - (zoom)

 


38 - Les trois lagunes d'épuration - (zoom)


39 - Les trois lagunes en 1985 - (zoom)

40 - Lagune n°3 vue du chemin du Phare en 2014 - (zoom)

41 - Surverse de la lagune n°3 dans le ruisseau "la Garonne"
pour le volume non utilisé en irrigation en 2014 - (zoom)
Ile de PORT-CROS (Port Creux)

Géologie de l'île
* La nature du sous-sol - (plan 42)
La réalisation du forage F5 en 1991 nous donne des indications précieuses sur la nature des différentes roches rencontrées au centre de l'île à partir de l'altitude 123 m NGI (Niveau Général de l'Ile).
-- profondeur de 00 à -20 m : micaschistes
-- de -20 m à -70 m : phyllades
-- de -70 m à -72 m : micro fissures
-- de -72 m à -15 m : gneiss
-- de -150 m à -172 m : quartzites
-- de -172 m à -178 m : fissures micro diaclases
-- de -178 m à -185 m : quartzites
-- à partir de -185 m : substratum houiller

* Il y a trois petites plaines alluviales dans les principaux bassins versants (plan 43) :
--- Le vallon de La Solitude (aboutissant au Manoir),
--- Le vallon de Notre Dame (aboutissant à La Palud),
--- Le vallon de Port-Man.

* L’île ne possède aucun cours d’eau permanent.

Un peu d'histoire ancienne

L'île de Port-Cros connaîtra globalement, les mêmes péripéties historiques que sa voisine Porquerolles.
- Les forts
Quatre forts seront construit sur l'île à différentes périodes avec les citernes nécessaire.
* fort du Moulin --> vers 1530 (François 1er)
* fort de l'Estissac --> 1635 (Richelieu)
* fort de Port-Man --> 1635
* fort de l'Eminence --> 1635
Pour ce fort les détails de la citerne sont les suivants (vue 3D n° 48) :
-- position : au centre de la cour intérieure du fort (photo 47)
-- longueur : 25,10 m.
-- largeur : 5,50 m.
-- hauteur sous voûte : 3,30 m.
-- épaisseur des parois en schiste : 1,00 m.
-- capacité totale : 420 000 litres
-- capacité utile : 350 000 litres
-- fonctionnement de la citerne :
--- l'eau pluviale récupérée sur toutes les terrasses et toitures du fort est acheminée dans la citerne par deux conduites (une à l'Est et l'autre à l'Ouest) après un dégrillage sommaire qui permet de retenir les feuilles et brindilles.
--- pour chacune des conduites, l'eau brûte arrive dans un bassin de 5,50 m. x 3,00 m. qui sert à réguler le débit qui pénètre dans le réservoir (lors de forts orages). Cette régulation se fait par 6 orifices de 30 cm x 45 cm qui se situent à la base du mur de séparation dont la hauteur est de 3,50 m. Des grilles métalliques à mailles de 10cm de côté sont scellées dans ces orifices. L'eau arrive ainsi dans le compartiment de décantation
de 5,50 m. x 1,50 m. et 1,50 m. de haut. L'eau décantée passe en surverse sur ce mur et arrive dans la partie centrale de la citerne ou elle est stockée. Le puisage de l'eau se fait au centre de l'ouvrage du côté nord.
--- une surverse en 200 mm se situe à 3,30 m. du radier.

- Les activités
Les faibles surfaces cultivables suffisent à la subsistance des métayers et des gardiens du Manoir (photo 44), mais elle ne peuvent pas nourrir une population nombreuse. Il y a de l’eau douce et des ruisseaux qui coulent une grande partie de l’année, mais il faut importer les vivres pour les habitants du port.

En 1810, une loi fait obligation d’installer les activités les plus polluantes à l’écart des villes. Un industriel marseillais Mr Jean Francois Gazzino installe ainsi une usine de soude sur Port-Cros dans la anse de Port-Man (lithographie 46). Il trouve sur place la matière première (sel), le combustible (bois) et des facilités d’acheminement direct par bateaux vers les savonneries de Marseille.
L’usine a laissé des traces visible dans le paysage à Port Man. Cet établissement a fonctionné de 1817 aux environ de 1830. (http://www.port-cros.net/?page_id=6)

Vers 1870, le comte de Noblet, propriétaire de l’île et agronome, décide la création de fermes. Compte tenu des difficultés d’approvisionnement en eau nécessitant des aménagements (aqueducs, retenues, canalisations), cette mise en valeur ne connaît pas grands succès. Seules les plaines côtières du Manoir et de la Palu (photo 45) sont durablement cultivées.

Un curé, un forgeron, un instituteur, des charretiers, des charbonniers… les premiers bateaux à vapeur facilitent le peuplement à partir de 1873.

Extrait du bulletin « le patriote savoisien » du mercredi 28 avril 1886 :
" ... Des dispositions ont été prises pour le rapatriement des troupes du Tonkin. Elles débarqueront aux îles de Port-Cros et de Bagneau situées dans la rade de Hyères. Des tentes ont été dressées dans ces îles, où l’on a construit également deux hôpitaux qui pourront recevoir 260 malades. Les soldats débarqueront à Port-Cros ; ceux d’entre eux dont l’état sanitaire offrira quelques inquiétudes iront à Bagaud. Une fois la quarantaine terminée, les troupes rejoindront leurs garnisons, sans traverser ni Marseille, ni Toulon; elles seront embarquées aux salins d’Hyères. (http://www.port-cros.net/?page_id=6)

En 1889, il y a encore 5 fermes en activité à Port-Cros ; au Manoir, à la Palud, à Notre Dame, à la Sardinière et à Port-Man.

Le réseau d'eau potable

Un petit pont rappelle un temps où une minuscule rivière coulait pratiquement en permanence sur Port-Cros, n'interrompant son cours que pendant les deux mois les plus secs.
Sauf les lendemains d'orage, on ne l'entend plus guère qu'au vallon de La Solitude à la sortie du barrage collinaire.

Avant 1972
Le réseau d'eau potable de l'île est alimentée par le puits Communal et le puits des Galères situés respectivement à 25 m et à 60 m de la mer (plan schématique 46). Leurs profondeurs sont seulement de 4 m, car en dessous gisent vraisemblablement des alluvions imperméables. La roche dure est à une douzaine de mètres de profondeur. Le puits des Galères a un drain horizontal de 22 m de long.
L'eau pompée est stockée dans le réservoir communal de 300 m3, puis refoulée vers la citerne du fort de l'Eminence pour être ensuite distribuée après traitement.
L'augmentation des besoins conduit progressivement à pomper une eau de plus en plus saumâtre pour en arriver à près de 1g/litre (mer méditerranée = 36g/litre).

En 1972
L'île compte une trentaine d'abonnés (une quarantaine d'habitants permanents). En été, la consommation mensuelle est globalement multipliée par 6 à 7 avec l'arrivée d'une majorité de consommateurs estivaux.
Afin de traiter cette eau saumâtre, la Collectivité installe un complexe d'osmose inverse en 1972 au Fort de l'Eminence (photo 51).
Il se compose de :
-- l'installation décrite au chapitre ci-dessus dont l'eau saumâtre est stockée dans une citerne n°1 de 10 m3 après passage dans la citerne du Fort de l'Eminence qui sert de réserve.
-- une pompe (de gavage) pousse l'eau saumâtre pour une filtration globale dans un filtre à sable et charbon, puis une micro filtration au travers de filtres à cartouches, (schéma 50)
-- 3 pompes à haute-pression montés en série augmente ensuite la pression à 35 bars dans le complexe d'osmose inverse à ultra-filtration composé de 4 tubes dans lesquels sont installées 8 cartouches dont les membranes sont en diacetate de cellulose de 0,25 microns. Sous cette haute pression, l'eau douce traverse les membranes puis est collectée pour aller dans la citerne n°2 de 10m3. La teneur en sel descend de 1g/litre à 0,3g/litre. Après traitement au chlore cette eau peut être stockée dans la citerne de l'Estissac puis distribuée vers le village.
La saumure se concentre en sortie des tubes de l'osmoseur pour être dirigée vers la citerne n°3. Un tuyau spécifique redescend jusqu'à l'extrémité du ponton du port pour vidanger cette citerne.
Au fil des années les besoins en eau augmentent rapidement, notamment à partir de 1975 avec l'installation d'une structure d'accueil par le Parc National de Port-Cros au fort de l'Eminence.
En 1975 pour une consommation totale annuelle de 2 800 m3 env. le Parc National en consomme 500 m3 (soit 18%).
En 1985 pour une consommation totale annuelle de 5 300 m3 env. le Parc National en consomme 2 500 m3 (soit 47%).
En 1990, la consommation totale annuelle passe à 6 600 m3.
Durant cette période plusieurs facteurs vont concourir pour rendre l'alimentation en eau potable de qualité de plus en plus difficile :
-- doublement de la consommation en 10 ans,
-- ressource alluviale gravement menacée par les remontées salines littorales.
-- avec une eau pompée qui est de plus en plus salée, le rendement de l'installation diminue jusqu'à 50% (maxi. 80%). Cela veut dire que lorsque 100 litres sont pompés dans les puits il y a 50 litres qui sont mis en distribution et 50 litres de saumure qui repartent à la mer. Cela revient d'autant plus à solliciter les puits qui fournissant une eau de plus en plus salée, diminuent encore le rendement de l'installation.
Afin d'augmenter ce rendement, il est donc nécessaire de mélanger l'eau brûte avec l'eau dessalée, mais au détriment de la qualité de l'eau distribuée qui redevient partiellement saumâtre.

En 1988
Face à cette difficile situation, la collectivité étudie la possibilité d'un réaménagement total de la retenue du Vallon de La Solitude afin de stopper les pompages dans la nappe. L'eau de ruissellement stockée sera transformée en eau potable (plan 52).
- La retenue
-- Un peu d'histoire
Elle a été construite vers 1830, puis rehaussé en 1860. A partir de celle-ci partaient des canaux d'irrigation dont il reste quelques traces.
Elle a également été utilisée autrefois pour la défense contre l'incendie. Au fil du temps, elle a subi un fort apport d'alluvions qui a diminué sa capacité de stockage.
-- Caractéristiques de la retenue existante en 1989
: (plan 53)
* aire de la retenue : env. 1 600 m2
* longueur maximale du plan d'eau : env. 75 m,
* profondeur maximale du plan d'eau contre la digue : env. 5m,
* capacité de la retenue : env. 3 600 m3,
* digue
d'une longueur en crête de 30 m d'une largeur à la base de 2,50 m. et d'une largeur en crête de 1,50 m,
* une surverse est aménagé au sud de la digue.

Suite à une dégradation de son étanchéité et de la survenue de périodes sans pluie, la retenue s’asséchait en été. Des interventions légères de colmatage réalisées en 2005 ont conduit au maintien d’une lame d’eau conséquente, y compris au plus fort de l’été 2006.
-- Caractéristiques du projet :
* aire de la retenue : env. 3 000 m2
* longueur maximale du plan d'eau : env. 115 m
* profondeur maximale du plan d'eau contre la digue : env. 8 m
* capacité totale de la retenue : env. 11 000 m3
* capacité utile de la retenue : env. 9 000 m3
* digue d'une longueur en crête de 44 m d'une largeur à la base de 8 m. et d'une largeur en crête de 4,50 m (coupe 54)
-- Mise en oeuvre :
* création d'une digue de type massif en terre renforcé par géotextile. Celle-ci sera réalisée contre la maçonnerie de la digue existante qui ne sera pas sollicité en poussée mais servira simplement de coffrage (coupe 54).
* Utilisation des matériaux constitués de ceux provenant sur place, à savoir ; déblais réalisés par l'approfondissement de 2m sur toute la surface de la retenue et ceux stockés en aval de la retenue existante.
* Le volume du corps de la digue sera d'environ 1700m3

-- Scénario de remplissage de la retenue
Une étude détaillée, calculée à partir des archives de 1951 de la pluviométrie sur l'île, permet d'établir un scénario pour une année moyenne et un autre pour une année sèche. Dans les 2 cas le bilan est excédentaire.

- Station de traitement (plan 55)
L'eau de ruissellement stockée dans la retenue nécessite la construction d'une station de traitement complète pour rendre l'eau potable.
Celle-ci comprendra trois ouvrages de génie civil :
1 - Le décanteur et les filtres qui transforme l'eau brûte en eau claire,
2 - Le filtre qui va recevoir les eaux boueuses en provenance de la purge du décanteur ainsi que du nettoyage des filtres,
3 - Le local d'exploitation dans lequel se fera la stérilisation de l'eau. Celle-ci sera stocké en dessous du local dans une bâche de 100 m3.

- Maîtrise foncière du terrain
*** La retenue existante se situe sur une propriété privé.
*** Pour réaliser ce projet, indépendamment de l'aspect financier des points décrits ci-dessus, la Collectivité doit se rendre propriétaire du terrain relatif à l'ensemble du projet.

En 1989
*** Les forages F1 et F2 sont exécutés durant l'été (plan 56).
*** 2 484 m3 sont pompés dans la nappe phréathique.

En 1990
*** Le puits des Galères, qui est inexploité, a une teneur en chlorures de 8 g/l. (mer à 36g/l.)

En 1991

- La retenue
Les études se poursuivent en parallèle à la solution des forages.
Une note de novembre 1991, de la Direction Départementale de l'Agriculture et de la forêt du Var précise que :
----- le coût du barrage et aménagements est estimé à 1,8 MF H.T. (275 000 €),
----- pour potabiliser l'eau , il faudra réaliser un traitement complet, mais relativement peu coûteux,
----- compte-tenu des volumes consommés (60 m3/j en pointe), un débit de 3 m3/h sera suffisant,
----- l'ensemble du dispositif mécanique peut être estimé à 300 000 F. H.T. + 450 000 F. H.T. pour le génie civil.
----- la solution réservoir collinaire + traitement demande un investissement total de l'ordre de 2 250 000 F. H.T. (345 000 € H.T.).
----- le total des frais de fonctionnement (produits de traitement, renouvellement et main d'oeuvre) est estimé à 4,70 F./m3
(0,70 €).

Ce projet n'aura pas de suite, probablement à cause des problèmes de la maîtrise foncière du terrain.
Ce point d’eau artificiel n’a aujourd’hui plus aucune utilité pour l’adduction en eau potable, l’irrigation ou les objectifs de DFCI. Il joue par contre un rôle important pour le maintien d’espèces d’importance communautaire.

- Les forages
*** Les forages F1 et F2 ne couvrant pas l'ensemble des besoins, la collectivité continue à rechercher de nouvelles ressources en eau potable sur l'île. Les forages F3, F4 et F5 sont réalisés avec des essais de débits et analyse de l'eau.
*** F4 dont la profondeur est de 220 m n'a qu'un débit de 11 m3/j.
*** F5 est implanté à proximité de F1 vers le Col des Chemins à partir de l'altitude 123 m (plan 56).
Ses caractéristiques sont : (coupe 57)
----- profondeur = 184 m, dont 61 m sous le niveau de la mer,
----- diamètre 165 mm
----- tubage en PVC de 125 mm avec crépine en fond et à -70 m au niveau des arrivées d'eau dans les micro fissures.
----- niveau statique de l'eau stabilisé à -35 m
----- lors des essais de pompage durant 36 heures à un débit constant de 4,4 m3/h (env. 100 m3/j), le niveau dynamique s'est stabilisé à -100 m.
----- l'eau prélevée a une teneur en chlorures de 150 mg/l ainsi qu'une teneur élevée en fer (0,380 mg/l) et en manganèse (0,640 mg/l).
*** Après ces essais, la pose de 2,2 km de canalisations est réalisée en reliant les 4 forages à la citerne de l'Eminence (plan 56). Cette jonction est faite en août 1991. Après décantation dans cette citerne et filtration sur sable sous pression, les valeurs en fer et manganèse satisfont aux normes.
*** La répartition des volumes fournis cette année par les différents forages ont été les suivants :

F1 = 1 195 m3
soit 23 %
F2 = 551 m3
soit 11%
F4 = 110 m3
soit 2%
F5 = 3 297 m3
soit 64%
TOTAL = 5 153 m3

Il est à noter que pour cette année, F5 a fourni globalement les 2/3 des volumes de pompages.
*** L'île devient alors auto suffisante en période hivernale. Les eaux brûtes (non saumâtre) sont stockées dans la citerne de 350 m3 du Fort de l'Eminence (qui ne recueille plus les eaux de pluie). Après traitement, elles sont dirigées vers le réservoir de L'Estissac de 130 m3 (altitude 90,00 NGI), puis distribuées jusqu'au village (plan 49).
*** La qualité de l'eau distribué sera conforme aux normes européennes pour les chlorures et le fer, mais supérieures pour le manganèse.
*** le complexe d'osmose inverse continuera à fonctionner par intermittence en solution de dépannage (photo 51).

- Les transports par bateau citerne
*** A partir du 12 mars, les volumes fournis par les forages étant insuffisants, les livraisons d'eau par bateau citerne de 300 à 400 m3 se sont poursuivies jusqu'à la fin août pour un volume total de 5 650 m3. Cette eau est pompée dans le bateau puis refoulée dans le réservoir communal de 300 m3 (altitude 17,00 NGI). Une station de pompage renvoie cette eau brûte jusqu'au Fort de l'Eminence (altitude 130,00 NGI).
*** Dans les années 1990, dix à seize voyages sont nécessaires suivant les années ; soit environ 3 000 à 5 500 m3. Tous les apports d'eau sur l'île de Port-Cros sont à la charge de la Cie Générale des Eaux.
A ce moment là, les besoins globaux d'environ 9 000 à 9 500m3 par an. (rapport situation au 31/12/1991)

De 1992 à 2003
Les forages et le bateau citerne assurent l'alimentation en eau de l'île et les besoins augmentent progressivement avec la fréquentation de l'île.

En 2004
Le puits de La Palud commence à avoir les premières traces de chlorures.

En 2005
*** La remontée du biseau salé pollue complètement le puits de La Palud et le rend impropre à toute utilisation. Depuis plus de 40 ans les propriétaires n'ont jamais connu une telle situation.
*** Un branchement au réseau public doit être réalisé dans l'urgence et une longueur importante de tuyau doit être mise en place afin d'alimenter la propriété de "La Palud".

Ces dernières années

Le graphique 58, nous permet de constater une stabilité des volumes annuels distribués depuis 2004 autour de 13 à 14 000 m3.

En 2011
*** La distribution de l'eau pour les bateaux se fait le soir de 18 à 20 heures au robinet (20 litres/bateau). Sur le quai, il y a seulement des toilettes publiques (pas de douche, ni lavabo).
*** La pluviométrie annuelle sur l'île a été d'environ 780 mm (chiffres Ile du Levant sur site Météociel)
*** Les pompages publics dans les nappes alluviales ont été de 4 972 m3
*** Les volumes transportés par bateaux ont représenté 9 240 m3 (graphique 59)
*** Les besoins globaux de l'île ont été d'environ 14 000 m3.

En 2012
*** La pluviométrie annuelle sur l'île a été d'environ 630 mm (chiffres Ile du Levant sur site Météociel)
*** Les pompages publics dans les nappes alluviales ont été de 4 193 m3
*** Les volumes transportés par bateaux ont représenté 9 100 m3 (graphique 59)
*** Les besoins globaux de l'île ont été d'environ 13 000 m3
.

En 2013
*** La pluviométrie annuelle sur l'île a été d'environ 730 mm (chiffres Ile du Levant sur site Météociel)
*** Les pompages publics dans les nappes alluviales ont été de 5 084 m3
*** Les volumes transportés par bateaux ont représenté 8 230 m3 (graphique 59)
*** Les besoins globaux de l'île ont été d'environ 13 000 m3.

En 2014
Le graphique 60 nous montre l'évolution de la consommation moyenne journalière relative à la période 1991-1994. Nous pouvons constater que seul les mois de janvier, février, novembre et décembre se situent en dessous les 14 m3/jour. Ce seuil est le volume moyen journalier que peuvent produire l'ensemble des forages.
*** En période hivernale, les forages F2, F4 et F5 fournissent les besoins nécessaire. (le forage F1 n'est actuellement pas en état de fonctionner).
*** En période estivale les forages sont à l'arrêt et seul les transports par bateaux assurent l'alimentation de l'île.

*** La capacité de stockage totale des ouvrages est de 810 m3 soit environ 9 jours de consommation en période de pointe.


42 - Détail de la géologie de Port-Cros

 




43 - Les bassins versants - (zoom)

 

 


44 - Le vallon de la Solitude - (zoom)

 

 

 


45 - La ferme de la Pallu dans le vallon Notre dame - (zoom)

 

 

 


46 - Lithographie de l'usine de soude de Port-Man
(zoom)

 



47 - Fort de l'Eminence avec position
de la citerne - (zoom)



48 - Vue 3D de la citerne du Fort de l'Eminence

 

 


49 - En 1972, schéma de la distribution de l'eau au village à partir du réservoir de l'Eminence puis de l'Estissac - (zoom)

 

 


50 - Schéma de fonctionnement de
l'installation d'osmose inverse - (zoom)

 

 


51 - Osmoseur qui a alimenté l'île durant une vingtaine d'années à partir de l'eau saumâtre du puits communal et de celui des galères - (zoom) - Photo Noël Laurent

 



52 - Plaine alluviale du Vallon de la Solitude avec sa retenue
objet du projet et ses 2 puits exploités jusqu'en 1991 - (zoom)

 

 

 

53 - Plan de la retenue en 1989 - (zoom)

 

 

 


54 - Projet de digue en 1988 à réaliser
contre la digue existante - (zoom)

 

 

 


55 - Plan du projet de la station de traitement - (zoom)

 

 

 


56 - Plan des ressources en eau de l'île avec ses 4 forages et
son ravitaillement par bateau citerne à partir de 1991 - (zoom)

 

 

 

57 - Coupe sur le forage F5 - (zoom)

 

 



58 - Volumes annuels distribués de 2000 à 2013 - (zoom)

 

 


59 - Répartition des ressources distribués - (zoom)




60 - Consommation moyenne journalière
par mois de 1991 à 1994 - (zoom)

Le réseau d'eaux usées
Seul le village a un réseau de collecte des eaux usées. Celles-ci sont dirigées jusqu'au port ou une station de relèvement renvoi les eaux usées vers le Fort du Moulin ou une unité de traitement par des disques biologiques a été mis en place. Cette solution présente les coûts d’exploitation les plus faibles du marché et offre une grande adaptabilité aux variations de charges polluantes et hydrauliques. Sur l'île, les débits varient ainsi de 5 m3/j en hiver à 100 m3/j en été. A la sortie de l'unité de traitement, les eaux épurées peuvent être directement rejetées à la mer (schéma 61).



61 - Plan schématique du réseau des eaux usées - (zoom)
Ile du LEVANT

Géologie de l'île
-- L’île du Levant est constituée de terrains métamorphiques. Le tiers occidental de l’île est composé de gneiss de Bormes, la partie plus orientale comporte des micaschistes à minéraux dominants. Les terrains de l’extrémité est de l’île (le Titan) sont constitués d’amphibolites et de gneiss.
La roche striée de filons de quartz rouillé montre l’orientation des strates du socle constituant l’île, en gros nord-sud, le pendage étant presque vertical. (source infos)
-- Elle n'a pas de plaine alluviale et les trois bassins versants significatifs collectent les eaux vers les barrages militaires.
-- L’île ne possède aucun cours d’eau permanent.

Un peu d'histoire ancienne
Elle connaîtra globalement, les mêmes péripéties historiques que ses voisines Porquerolles et Port-Cros.
Napoléon 1er en 1812 fait restaurer les forts et batteries de l’archipel. Parmi les nouveaux ouvrages édifiés à cette époque il faut citer le fort de l’Arbousier dominant Héliopolis. Composé d'une batterie et d'un corps de garde doté d'une citerne. (http://varmarine.wifeo.com)

Le réseau d'eau potable
Cette île ne bénéficie pas encore d'une distribution publique d'eau potable.

** Domaine civil
Dans les années 1930, lors de la création du village d'Héliopolis, les besoins initiaux ont été satisfait par des puits et des citernes pour le domaine privé (photo 64). Avec la modernisation des installations domestiques et l'augmentation de la consommation correspondante, il a fallu creuser des forages privés à partir de 1970. Dans la majorité des cas, les pompes sont positionnées sous le niveau de la mer.
L'île du Levant héberge, principalement dans le village, environ 110 résidents permanents qui vivent essentiellement des activités liées au tourisme (locations, restaurants, etc.) lors de la saison estivale.
L’île du Levant étant située hors du périmètre affermé. La commune a construit un réservoir de 1 000 m3 ( alimenté par un forage) au sommet d’Héliopolis afin d’assurer la constitution d’une réserve incendie.
Un projet d’usine de désalinisation est à l’étude en lien avec l’aménagement du port.

** Domaine militaire
Le CEM possède pour sa part deux réservoirs d’une capacité de 280 m3 environ. La capacité de stockage totale des ouvrages est de 1 280 m3 soit environ 2 jours de consommation en période de pointe.
*** Trois barrages sont situés sur la partie militaire de l'île et constituent une réserve d'eau douce importante pour les besoins de la base DGA Essais de Missiles.
*** Les Etangs du Haut (8 000 m3) (photo 67) et du Jas Vieux (62 000 m3) (photo 68) alimentent le barrage du Bas (12 000 m3) (photo 66). Une usine traite cette eau et la délivre aux installations. Lorsque la pluviométrie est insuffisante et que barrages sont vides, des bateaux citernes apportent de l'eau afin de remplir le barrage du haut qui alimentera ensuite la station de traitement.
*** 11 puits anciennement creusés par les moines sont par ailleurs recensés (et cartographiés) sur cette partie de l’île.
*** Le réseau incendie du Levant est constitué de poteaux d'incendie qui sont complétés par un maillage de citernes et de réservoirs de forte capacité. Des camions équipés complètent ce dispositif.

*** Lorsque la pluviométrie est insuffisante, il est nécessaire de faire appel au bateau-citerne afin d'apporter l'eau complémentaire pour satisfaire les besoins du domaine militaire.

Le réseau d'eaux usées


** Domaine civil
Sur la partie civile, l’assainissement est de type individuel, chaque habitation est théoriquement équipée d’une fosse septique. La population varie fortement sur l’île selon les saisons, avec un minimum d’environ 110 habitants permanents en hiver et jusqu’à 1 600 en pointe au mois d’août. Les éléments objectifs permettant de juger de la qualité de l’assainissement et de quantifier son impact sur les habitats et espèces d’intérêt communautaire ne sont pas disponibles.
Les effluents en provenance des deux parties de l’île sont de type urbain, excluant de ce fait des polluants de type chimique.

 

** Domaine militaire
Les eaux usées générées par les principales installations du CELM sont rejetées directement en mer après broyage. L’exutoire est situé sur la côte Nord, mais à seulement 1,5 km de la côte, à environ 45 mètres de profondeur. L’impact du panache de pollution sur le site n’a pas été étudié. De fortes fluctuations d’activités font varier les effectifs présents durant la semaine au Centre et au cours de l’année. Le flux polluant généré est donc variable, ce qui rend plus complexes les méthodes de traitement envisageables. Les sites éloignés sont équipés de fosses septiques.



62 - Détail de la géologie de l'île du Levant - (zoom)



63 - Délimitation de la zone civile et militaire
avec position des étangs et réservoirs - (zoom)

 


64 - Puits Levantin - (zoom)
site original

 

65 - Article de presse de 1980

 


66 - Barrage du Bas
site original


67 - Barrage du Haut
site original

68 - Barrage du Jas Vieux
site original


Le texte ci-dessus a été rédigé à partir des sources ci-après :

http://www.portcrosparcnational.fr/documentation/pdf/N2000_DOCOB%20Levant.pdf
http://www.iledulevanthodie.fr/article-les-barrages-de-l-ile-du-levant-119321421.html
http://varmarine.wifeo.com
www.port-cros.net
Rapport sur "La gestion des ressources en eau sur l'île de Porquerolles" de décembre 1985


mis à jour le 21/10/2014